Méconnus du XXe, prophètes au XXIe ? Le Colloque inconnu – épisode 3
Les interventions se poursuivent, Eliane Masselin nous fait plonger dans l’univers de Tuer sans gages d’Ionesco et des visions prophétiques de sa dramaturgie. Christian Pelletier s’intéresse au prix Goncourt de 1946 et évoque le roman de Jean-Jacques Gautier ; Histoire d’un fait divers. Son intervention porte sur les questions de chômage et d’érotisme, d’addictions et de violence. Retour à la poésie avec les œuvres d’Henri Pourrat présentées par Didier Dantal tissant un lien avec l’écologie. Jacques Penet de la Boussiere rend ensuite hommage à Audiberti par le prisme de la passion de l’amour et du handicap. L’événement se termine par l’intervention de Bernard Baritaud parlant de l’Education européenne de Romain Gary.
Cette journée d’études un peu exceptionnelle a suscité quelques réflexions.
J’ai été chaleureusement accueille au sein de cet événement qu’on pourrait croire fermé. Les organisateurs m’ont proposé de présenter mon sujet de recherche. J’ai été rapidement orientée vers ceux qui peuvent me donner des idées ou des références. J’ai eu l’occasion de vivre et d’observer l’esprit de la communauté scientifique. Les interventions ont été conçues afin de nourrir l’intérêt général et feront partie de la prochaine publication de la revue. Celle-ci n’a pas uniquement pour but l’archivage d’un contenu mais a la volonté de partager des connaissances.
Malgré le statut associatif et la passion partagée, les communications sont effectuées d’une manière très sérieuse en respectant toujours des cadres académiques. Un des participants du colloque me parle de ses motivations et de l’organisation de son travail ; « Il est important pour nous de continuer la recherche. Il y en a certains qui collectionnent des voitures miniatures, d’autres qui jouent au golf. Pour nous c’est la recherche qui nous permet de nous voir, d’être actif, de continuer et de partager. » La recherche semble être une sorte de besoin vital.
La maîtrise du métier est surprenante. Les interventions durent 30 minutes. Les discours sont préparés, on ne s’ennuie pas une seconde, il n’y a pas de retard. Il faut souligner que les participants se connaissent déjà entre eux ce qui provoque des interactions naturelles, concrètes, il y a toujours des retours, des questions. Ce cadre permet d’ailleurs un peu plus de liberté dans la forme. Une intervention commence par une chanson, et se termine par une anecdote. Cela n’empêche pas pour autant d’être analytique et structuré.
Ayant déjà assisté à de nombreux événements scientifiques, j’ai rarement était si captivée, pas seulement par le contenu et la forme mais aussi par la participation du public.
Comment rendre l’intervention vivante, agréable à écouter ? Comment donner envie aux auditeurs d’aller plus loin dans la réflexion et être actif ? Penser à la communauté scientifique, ne consisterait-il pas à trouver la parole savante mais aussi vivante ?
Natalia Zalucka











