Les princes au Parc... Rétrospective et analyse
Il y a des choses qui ne s’oublient pas…
Il y a des visions qui restent à jamais ancré dans la case « souvenirs » de notre cerveau… Il y a des bruits qui hantent ces souvenirs… La vie a ses époques. Chaque époque possède ses grandes dates, ses moments de gloire et de tragédie, sa façon d’être dirigée, ses leaders, ses intérêts… Aujourd’hui, il n’a jamais aussi bien porté son nom ! Les princes au parc...
« 100% fait main, l’authenticité ultra ne s’achète pas » (Auteuil 2003), le Kop de Boulogne, déployant ses 3 immenses tifo carré dans chaque partie haute de leur tribune, représentant les symboles de leur passion accompagné du message « 3 raisons de vivres », le fameux magicien du virage Auteuil déployé sur toute la tribune, les chars ou l’avion annonçant une zone de turbulence à l’OM ou encore un des plus beaux, et récent, de l’anniversaire des 15 ans des Supras Auteuil en 2006. Toutes ces images me donnent des frissons. Elles font frémir quiconque a assisté à une de ces rencontres animés. Quiconque se souvient du bruit. De l’incommensurable brouhaha accompagnant les joueurs pendant 90 minutes. Paris était vraiment magique, et peu de stades européens pouvaient offrir cette caisse de résonance. Chaque rencontre était incroyable et nous transportait dans un monde magique. Comme un nouveau Walt Disney offert au enfants, nous étions tous à l’affut des tifos du jour, plus beau les uns que les autres, des chants toujours plus intense et plus repris, et l’électricité qui créait, il faut le dire, une excitation hebdomadaire. Je n’ai jamais été un partisan de la violence, de la haine et des insultes. Je dirais même préférer le fair-play plutôt que les chants insultant à l’encontre de l’adversaire. Malgré tout, je trouvais que cela faisait partie du spectacle de voir apparaitre une bâche légèrement provocatrice, taquine, à l’encontre de l’adversaire du jour. Je ne suis pas la pour me pencher sur les réformes du Parc des Princes, sur le plan Leproux, ou pour prendre partie pour les anciens abonnés ou le club. Je suis d’ailleurs très partagé sur le sujet et n’ai donc pas d’avis spécifiquement intéressant. La nostalgie n'est pas liée à la critique. Cette article ne critique ni n’anoblit pas le "nouveau Parc". Il fait seulement parler la nostalgie qui constate ce qu'est devenu le fruit de ses souvenirs... C’est pour cela que je vous traduit les sentiments d’un supporter lambda, complètement indépendant dans sa démarche de soutien a son club, et qui venait au Parc des Princes assez souvent, sans jamais avoir été abonné. Je ne vais pas refaire l’histoire mais pour les personnes ignorant « les raisons de la colère », un antagonisme existait depuis des années entre les deux tribunes de supporters de ce stade, opposés principalement sur un plan sociologique et politique. Des affrontements fréquents marquèrent les époques avec des périodes en dents de scies d’apaisement et/ou d'agitation. Les tensions reprennent de plus en plus de service, les pouvoirs publics s’en mêlent, des interdictions de stade à répétition, la dissolution d’un groupe de supporters, puis le tragique 28 Février 2010 et la mort d’un membre de la tribune Boulogne lors d’un affrontement entre les 2 tribunes aux abord du stade. Trop pour le président du PSG de l’époque qui annonce une série de mesures radicales pour lutter contre la violence polluant ce lieu de fête et de sport. Le « Plan Leproux » est né. Suppression des abonnements en tribunes Auteuil, Boulogne, et quart de virage, dissolution des groupes de supporters et instauration d’un placement aléatoire lors des achats de places dans ces tribunes. C’est le début de la fin pour le mouvement Ultra de ce stade… Nous a-t-on volé une partie de nous et de nos vies ? C’est évident, du moins on nous a volé une passion. Les supporters historiques méritaient-ils une telle punition ? Bien sur que non car il serait insensé de croire que toute une tribune est violente. Généraliser est certes plus simple, mais dangereux. Qu’est devenu le parc aujourd’hui, 3-4 ans après l’épuration et la recherche d’un stade changé ? Il est 20h, hier soir quand, je passe le 1er contrôle des billets aux alentours du stade. Je me rend au Parc des Princes pour la 5eme fois de cette saison 2013-2014. J’ai prévu large par rapport à l’horaire, en raison des nouvelles dispositions drastiques qui entourent nos matchs depuis l’arrivée des Qatariens à la tête de notre club, et ce, dans la prolongation du plan Leproux. Nous nous sommes toujours rendu à notre tribune en contournant le cercle que représente le stade, en y faisant le tour. La logique est tellement implacable que ma phrase précédente est pratiquement un non-sens. Bref, C’est désormais fini. Pour aller à une tribune situé à l’opposé de là ou vous êtes, vous devez désormais emprunter un chemin à travers les rues environnantes du stade, à travers diverses rues du quartier pour finir par arriver juste devant votre secteur de tribune. C'est confus? Pour imaginer mon explication, cela reviendrait pour une personne située devant la tour Eiffel dos au Trocadéro, et souhaitant se rendre sur la pelouse du champ de mars, à tourner à droite direction le métro, et faire le tour par les petites rues adjacentes du quartier pour contourner la tour Eiffel et arriver directement au champ de mars, plutôt que de passer en dessous et d'y être en 300 mètres. Bref, ce parcours de marathonien est ponctué par 2 contrôles de billets, se terminant donc par l’entrée dans l’enceinte. Fini le bon vieux steward en veste orange qui te regarde ton billet puis te laisse entrer. Il est désormais toujours présent, mais scrute maintenant votre billet accompagné de votre carte d’identité, non pas pour accéder à votre tribune, mais pour accéder à une borne. C’est maintenant un appareil électronique qui scanne votre billet et vous émet une contremarque. Puis vient la palpation, une fouille dépassant les règles de l’art « ouvrez votre veste », « ouvrez votre paquet de cigarette », « enlevez votre bonnet ». Tout est méticuleusement fouillé. J’ai toujours ce même réflexe craintif que l’ont me recale ou que l’ont me stipule que quelque chose sur moi ne va pas. Crainte acquise depuis ce fameux France-Australie d’Octobre dernier où l’ont ma refusé l’accès au Parc des Princes en raison de mon écharpe au couleur du PSG (écharpe consignée pour être autorisé à entrer)… Une fois en tribune, chacun est placé à son siège. Pas de possibilité de vagabonder dans les places vacantes environnantes. Chacun doit respecter son numéro de siège. Le stade sera finalement plein. Les stewards passent régulièrement épier chacun de nos gestes durant le match. Ils repèrent même les fumeurs (excepté dans les virages où cette mesure n'est pas respectée). Il faut désormais faire attention à tout. Ne pas crier trop fort. D’ailleurs presque plus personne ne crient. On entend l’adversaire hurler « A Paris on est chez nous »… Seul l’échange mythique entre Auteuil et Boulogne a encore du coffre. Les périodes silencieuses sont pesantes… L’équipe sur le terrain régale. Heureusement. Ils ont réussi a aseptisé le mouvement ultra, le supporterisme, les chants… Le show est à l’américaine. L’annonce de la composition d’équipe est ponctuée de jeunes filles entrant sur la pelouse en tenant des 2 mats sur lesquels sont inscrits le numéro du joueurs et son nom. Le nom du joueur en question défile sur tout les panneaux électroniques du stade. Là ou avant était installé les bâches des clubs de supporters… Tout un symbole. Tout est calculé, analysé, débattu dans des bureaux où le marketing et les plans de communication prédominent. Le Dj qui possède sa propre table de mixage avant le coup d’envoi, la présentation des équipes, les publicités PSG sur les écrans…Le PSG joue en NBA. Nous assistons à un match sans ambiance, dans un stade aseptisé où tout est show, marketing et régalade sportive. Où es passé mon stade et son ambiance électriquement intense ? Elle s’est envolée en même temps que le manque d’ambition et les joueurs médiocre. L’artifice à pris le dessus sur l’artificielle. Comment être insatisfait quand le but ultime d’un club est en train d’être atteint ? Le niveau sportif et la beauté du projet anéanti toute forme de critique sur le long terme, sur un sujet annexe comme l’est celui de mon article. Nous aurons toujours cette éternel crise de conscience se résumant à la satisfaction d’un apaisement devenu trop calme… Le Parc des Princes était magique. Aujourd’hui c’est un souvenir de jeunesse que l’ont aime à se rappeler. Des anecdotes s’échangent sur cette ambiance qui fait rêver et qui planera a jamais au dessus de la porte d’Auteuil. Aujourd’hui, c’est l’équipe sur le terrain qui scintille. J’espérais ne jamais avoir a le dire mais je me lance : Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre… le Parc en ses temps là…















