Dimanche 19 juin 2022 Le mercure grimpe dehors la clarté blesse les yeux la peau devient fournaise la chambre est restée close volets hermétiques petite chambre froide pour conserver l'envie de nos corps viens exercices de respiration et si nos ébats nous échauffent nous creuserons la terre et nous la croirons comme notre amour éternelle. Et toi Franz, tu me parles de la chambre d’hôtel dont tu aimes la clôture qui t’est aussi rassurante que « le froid tombeau ». Je t’imagine t’y installer, tu te dévêts, tu déposes tes affaires un peu partout et nu, tu t’allonges sur le lit, je t’imagine immobile, (tu me fais penser à Queequeg dans son cercueil sur la mer, as-tu lu Moby Dick ?) et tu me dis « cela me donne toujours et encore le souffle, ou au moins le sentiment d’une existence nouvelle, inédite. » La chambre d’hôtel est lieu de mort et de renaissance. C’est dans la certitude de la mort, au fond, regarde-toi, on dirait un vampire, ta maigreur longiligne, ta beauté lisse, ton sourire, tes cheveux noir de jais, ton nom d’oiseau – tu as dit à Gustav Janouch « Je suis un oiseau tout à fait impossible. Je suis un choucas, un "kavka" » – c’est dans la certitude de la mort seulement que tu te sens vivre, lorsque tu as atteint le fond du désespoir et que tu l’outrepasses. Alors tu peux respirer. Et de là tu peux écrire. A propos de la lettre de Franz Kafka à Felice Bauer du 3 novembre 1912 #kafka #felicebauer #franzkafka #letresafelice #correspondancesouterraine #lepartagedemesnuits https://www.instagram.com/p/Ce-3h-XKMlL/?igshid=NGJjMDIxMWI=













