Ballpoint pen sketches of Theo from The Goldfinch.
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Ballpoint pen sketches of Theo from The Goldfinch.
this is.... too much.... to handle
→ requested by @andysambergstan
Boussole
Au début, c’était infime. L’aiguille indiquait toujours le nord, mais avec un vacillement, une hésitation. J’ai haussé les épaules et je n’ai pas touché au gouvernail.
Puis, l’aiguille a dévié, juste un peu, d’un ou deux degrés. Comme pour m’entrainer. J’ai maintenu le cap. Mais je me suis demandé si, au fond, j’en avais envie. Je ne m’étais jamais posé la question. Je l’ai chassée. C’était ma route, immuable, sûre, tranquille. Tellement tranquille. C’était la seule que je connaissais, et je n’osais pas m’en éloigner – pour aller où ?
Et nos trajets se sont croisés. Tu m’as pris à l’abordage, un peu par accident. Comme sous l’effet d’un puissant champ magnétique, ma boussole s’est affolée. Toi, marin insouciant, tu n’en avais pas besoin. Tu suivais les baleines. Alors, je t’ai suivi, toi.
J’ai jeté par-dessus bord la carte méticuleuse et l’itinéraire soigneusement planifié. Tu m’as appris à naviguer à vue, à suivre ma bonne étoile, à rire dans les embruns.
J’ai conservé la boussole, pour me souvenir que j’ai osé. Parfois, je la regarde. L’aiguille pointe vers toi, invariablement.
Retour aux sources
Encore un lacet et la route serpentine lui dévoilera l’essaim de petites maisons aux murs clairs qui chapeaute la colline. Il a coupé la climatisation de la voiture de location. Il faut arriver en transpirant dans le véhicule de tôle surchauffée, comme quand il était gamin. Ca fait partie du rituel. Il savoure par avance la douche froide dans l’incommode cagibi auquel on accède par le balcon - ersatz de salle de bain qui constituait, pour le môme qu’il était, le charme majeur de la maison de ses grands-parents.
Il se gare sur la petite place. Plus haut, les ruelles escarpées sont trop étroites pour les voitures. Par l’entrebâillement de la porte massive, la fraîche et sereine pénombre de l’église lui murmure une invitation. Il ajuste son sac à dos à son épaule. Plus tard. Il passe devant la trattoria, au rideau de fer baissé. Ce soir, il y retrouvera les quelques amis qui vivent encore ici ou qui, partis chercher du travail à la ville ou sur le continent, reviennent voir leur famille pour les vacances.
La sueur dégouline le long de sa colonne tandis qu’il grimpe les derniers mètres de pavés inégaux, dans le silence moite de l’heure de la sieste. « Bon retour », lui dit, d’un soulèvement paresseux de paupière, un chat efflanqué alangui à l’ombre d’un muret.
Il tire de sa poche une vieille clé digne d’un château-fort. Avant de l’introduire dans la serrure, il pose la main sur le mur beige gorgé de soleil, sa paume absorbant la chaleur de la pierre. C’est de cette chaleur et de cette pierre qu’il est né, bien qu’il ait vu le jour loin d’ici. Il n’a même jamais vraiment vécu dans ce village, si ce n’est le temps des étés de son enfance. Mais c’est ici que son sang prend sa source, ce sang dont il a hérité ses boucles noires, sa peau mate et ses yeux sombres.
L’intérieur de la maisonnette est délicieusement frais. Les volets clos laissent filtrer de minces rais de lumières qui dessinent les silhouettes du modeste mobilier. Il respire avec avidité l’odeur de renfermé masquant à peine le souvenir vivace du parfum des buccellatini tout juste sortis du four et des cigarettes que roulait son Nonnu.
Il pose son sac et monte l’escalier en anticipant chaque grincement des marches étroites. En trois pas, il a traversé la chambre où, au début de juillet, on casait pour lui un matelas à même le sol, à côté du lit de ses grands-parents. Il ouvre la porte-fenêtre donnant sur le balcon et pousse le volet, inondant la pièce d’une touffeur aveuglante. Plissant les yeux, il s’approche de la balustrade en fer forgé. Le regard doit franchir les vagues désordonnées de tuiles rouges avant d’atteindre la vallée, mosaïque de champs cuits et de vergers emplis de citronniers. Il prend le temps de reconnaître chaque trait du visage de cette vieille compagne de jeu, un sourire aux lèvres à l’écho de ses rires d’enfant.
Bien sûr, il ne restera pas. Il est fils d’une île. Il répondra à l’appel de la mer, une fois encore. Mais, le temps d’un autre été, il est chez lui.
Source
Le dernier chapitre de "La migration des baleines" est maintenant posté.
C'est une fanfic de "De bons présages" mais je pense que ça peut se lire comme une histoire originale si le genre romance vous tente (rating: M).
Résumé :
Début 2018. Cette année, les Eux vont avoir trente-neuf ans. Que sont-ils devenus, et plus particulièrement Wensleydale ? Que devient-on quand on naît avec quarante-sept ans d'âge mental et qu'on a le vague souvenir d'avoir vécu un événement capital l'été de ses onze ans ?
Basically, I'm watching "The edge of war" only because one of the main protagonists looks a lot like how I imagine grown-up Wensleydale.