My first steps as an artist. Traditional and digital art. Original art and occasional fanart.
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@sous-le-saule
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as a woman you're always too young or too old for things because the perfect age is when you're a man
The flood and all the dead fish and rotten stench that came with it to my hometown sparked some Innsmouth-like mood, and this dark snakestone with a light patch reminded me of Malevolent's lighthouse, so. Something in the dark👀
Available as a pendant
Balcony - Hillary Mishcon , 2007 .
American , b. 1980s
Oil on stretched canvas , 14 x 18 in.
Jacob's Ladder, Peak District, England
peaklass
Mstislav Dobuzhinsky (1875 - 1957)
30 jours pour écrire - Facettes et fragments
Solata, le 3 août 1909,
Douce Amélie,
Je voudrais aujourd’hui vous entretenir d’une amertume qui est mienne depuis longtemps mais plus encore depuis que je suis ici, à laisser mon esprit divaguer.
Si j’en appelle à votre douceur, c’est que je suis frustrée des nouvelles questions qui s’imposent à moi. J’aurais souhaité qu’elles s’installent délicatement, s’ouvrent les unes après les autres, frémissent çà et là au gré d’un souffle frais mais au lieu de ça, c’est un tourment d’interrogations qui s’empare de moi, remue mon ciel et ma raison. Et alors que je sens poindre un dénouement, alors que mes réflexions trouvent enfin le salut, c’est dix nouvelles questions qui colorent de doute d’anciennes certitudes. Vous devez me trouver dramatique mais je vous promets que je n’exagère point. Si je vous écris, c’est également pour m’imprégner de votre sagesse et trouver l’apaisement.
Il me semble que la nature humaine est ainsi faite, avide de totalité et de lignes continues et nous sommes néanmoins confinés dans un à peu près, dans un presque rien, dans un poste d’observation étriqué par lequel la vie nous parvient par fragments. Où trouver de l’intérêt à lire des strophes éparpillées? Comment se satisfaire de ne percevoir que les détails d’une œuvre?
Dites-moi, Amélie très chère, car j’en viens à douter : cette frustration viscérale vous concerne-t-elle autant que moi ou suis-je seule, là également, comme dans cet exil que je m’impose ? Je ne puis me résoudre à vous laisser vous contenter de quelques pauvres facettes de la Vie. Et maintenant il me vient une image de vous. Je vous vois comme dans les débris d’un miroir cassé et il me faut me rendre à l’évidence : je ne connais de vous que ces facettes. Je ne peux qu’imaginer vos réactions, fantasmer vos réponses, songer à vos mots. Et même en vous connaissant parfaitement comme je me plais parfois à l’imaginer, des jardins entiers de votre âme me resteront inconnus comme une terre que je ne foulerai jamais. Et même, même si votre âme m’était toute entière dévoilée, je ne saurais rien du fonctionnement de vos organes, du sang qui inonde votre cœur, de comment palpite votre cerveau lorsque vous assistez à un spectacle qui vous enchante ou vous émeut.
Amélie, il nous faut accepter cette évidence, et cela est si douloureux. Les personnes qui nous sont les plus chères ne nous parviennent non seulement que par ces bribes, mais également par le filtre de notre perception. La Vie elle-même n’offre-t-elle que des instants fugaces, le présent s’efface et se mue constamment en fragments de souvenirs. Rien n’est certitude, rien n’est fiable, rien.
Dans votre douceur, Amélie, vous me direz probablement de ne pas chercher à soulever le décor ni à faire tomber le rideau, vous me soutiendrez que la beauté se cache dans le mystère, que la Vie perdrait en profondeur et en texture si tout nous était immédiatement transparent, si les fragments s’emboîtaient sans résistance. Peut-être même trouveriez-vous une image pour m’aider à chérir l’opacité, comparant la clarté totale à un désert stérile. Enfin vous ferez appel à mon imagination et à ma soif d’apprendre, qui seraient l’une et l’autre vaines devant un monde trop limpide.
Et si au lieu de pleurer ce qui me manque, je m’extasiais de la grâce singulière de chaque fragment ? Mon esprit pourrait dès lors s’emparer de chaque facette, une par une, et les prolonger pour les parer d’une beauté que la réalité elle-même aurait eu du mal à maintenir. N’est ce pas là la puissance créative à laquelle j’aspire? Vous avez raison, Amélie, chaque éclat est un monde en soi, d’autant plus brillant qu’il est cerné d’ombre.
Je dois vous quitter, apaisée que je suis par les mots que vous auriez pu déposer. Prenez soin de vous, douce Amélie.
Votre,
Ernestine.
"Je vais voir ce que je peux faire", parfum poussière & héritage
[FAQ
Ca va être long, ce machin ? Probablement. Ca en prend le chemin, en tout cas. Enfin, rassurez-vous, je ne vise pas le roman, quand même.
Mais tu sais où tu vas, au moins ? Pas le moins du monde. Mais c’est ça qui est drôle, non ?
C’est bien écrit ? C’est tout à fait sans prétention littéraire, soyons francs.
Et tu espères des lecteurs avec un tel avant-propos ? Vous faites bien ce que vous voulez, maintenant que vous êtes prévenus. Mais ce serait sympa, évidemment.]
***
Incroyable. Le catalogue n’est toujours pas numérisé. P… pa-ph… ah… pi-pr. Je tire à moi le long tiroir étroit et passe en revue les fiches impeccablement calligraphiées. L’invention de la machine à écrire a dû être jugée diabolique par l’antique bibliothécaire à double rangée de perles qui tricote derrière son tout aussi antique comptoir en chêne. Voilà la fiche. Le grimoire est donc bien ici, quoiqu’introuvable dans les rayons. Tiens, et le relevé botanique aussi. Bon. Il va falloir passer par le dragon.
I stood in the library, shelves of books all around, and I wept.
Every book, written by a person or people.
Good.
Bad.
Original.
Shamefully plagiarized.
There was effort there, within hardcovers and softcovers, an essential humanity. Someone, somewhere put in the work.
Generative AI means we can no longer trust the work.
So I stood in the library, shelves of books all around, and I wept.
“One of the strongest feelings I remember from my childhood is, precisely, of being humiliated; of being knocked about by words, acts, or situations. Isn’t it a fact that children are always feeling deeply humiliated in their relations with grown-ups and each other? I have a feeling children spend a good deal of their time humiliating one another. Our whole education is just one long humiliation, and it was even more so when I was a child. One of the wounds I’ve found hardest to bear in my adult life has been the fear of humiliation, and the sense of being humiliated. Every time I read a review, for instance — whether laudatory or not — this feeling awakes. To humiliate and be humiliated, I think, is a crucial element in our whole social structure.”
— Ingmar Bergman; Interviews with Ingmar Bergman by Stig Bjorkman
Tom Killion(American, b.1953)
Big Sur Spring Sunset woodcut print 18.5x13.75 via more
Tom Killion
Mendocino Coast North of Elk
Wait that explains everything so so much
And since we don't face direct punishment for missing positive social cues like we do for negative ones, our coping skills and compensatory hypervigilance don't develop the same way. So we go through a world of never recognising positive signals, sometimes spotting negative signals, and knowing for sure there's more negative signals we're still missing, because those keep blowing up in our face.
Kind of fucked tbh.
Symétrie - 30 jours pour écrire
Solata, le 2 août 1909.
Très chère Amélie,
Je vous écris depuis le creux de la nuit. Le sommeil se refuse à moi et je repense à la promenade qui m’a occupée une partie de l’après-midi.
J’étais toute entière dans la contemplation de collines jumelles au loin, et me demandais où s’arrêtait leur ressemblance. Elles sont deux collines, identiques par leur nom, semblables par leur apparence mais si mes pas venaient à effleurer l’une et puis l’autre, n’y trouverais-je pas une faune un peu différente ? N’y a t’il pas un ruisseau qui serpente sur l’une et par d’autres méandres sur sa jumelle ? Et bien que voisines, l’une ne serait-elle pas plus exposée aux caprices du vent que l’autre ?
Ces pensées restèrent suspendues et c’est lorsque j’arrivai près du lac qu’elles purent se préciser. Les cyprès s’y reflétaient, et avec eux, le ciel, les nuages et le vent. L’univers tout entier s’observait dans ce miroir liquide, le bas devenait le haut et le haut devenait le bas sans rien perdre de sa superbe. Les cimes s’abîmaient dans les profondeurs du lac, sans cesser de frôler le ciel.
Nous vivons une époque révolutionnaire, Amélie, nos poètes aujourd’hui brisent les codes du passé, content leur émois et composent passionnément, ivres de la Nature qu’ils ont contemplée. Nous autres, les créatifs, les fous, les poètes, les peintres, les visionnaires, les penseurs, sommes une génération ardente, mélancolique et fiévreuse !
Et si nous avions raison? Et si le monde n’était qu’un vaste miroir métaphysique, et si chaque élément avait son double dans l’autre monde, celui de l’esprit ? Et si c’était là la plus grande règle qui gouverne l’univers ? Tout ce qui est pareil est aussi rigoureusement opposé, comme dans une mystérieuse symétrie. En cette géométrie résiderait dés lors la réponse à la quête du bonheur. Celle d’un équilibre frémissant, uniquement atteint lorsque le monde physique et le monde de l’esprit se font face et entrent en réflexion.
Amélie, très chère Amélie, les pensées qui naissent en moi lors de mes errances me mènent généralement à vous. En songeant à nous deux, je ne puis me défaire de l’image de ces cyprès se reflétant dans le lac. Sommes-nous autre chose qu’un parfait accord en miroir ? Nos esprits sont proches, chacun pétri d’une curiosité insatiable, vous pour la complexité de l’âme humaine et moi pour la diversité de la nature. Là où vous aimez le mouvement et le tumulte, je choisis le calme et la solitude, mais vous et moi gardons cet amour farouche pour la liberté. Spinoza ne disait-il pas que tout ce qui est semblable est aussi, par quelque endroit, contraire ? Vous êtes mon envers, Amélie et c’est la raison pour laquelle je me retrouve si facilement en vous. Pardonnez ces élucubrations nocturnes, mes mots glissent parfois avec trop d’élan.
Je vous quitte à regret, la nuit semble enfin décidée à s’emparer de moi. Avec toute mon affection,
Ernestine.
Je tente le #30jourspourécrire
Solata, le 1er août 1909,
Très chère Amélie,
Me voici installée, enfin ! Je prends la plume alors que l’air chaud tente de s’engouffrer dans toutes les pièces, mais je sens bien que cette demeure en a vu d’autres et que je trouverai toujours bien l’un ou l’autre recoin propice à quelque fraîcheur. J’ai ouvert les persiennes du nord, refermé les autres et libéré les voiles des fenêtres pour le plaisir de les voir danser. Je m’adosse parfois aux murs et j’y devine l’empreinte de siècles façonnés par le soleil et les intempéries.
La lumière qui vit ici n’est pareille à aucune autre, les ombres jouent comme si elles étaient poussées par la brise, les pierres même semblent vivantes tant leurs teintes vibrent du jaune clair à l’ocre presque sanguin. La Toscane est si belle, c’est si simple d’aimer la vie, ici.
J’aimerais tellement que vous puissiez assister à ce spectacle. Je sais que vous seriez émue aux larmes.
Je sais ce que vous répondrez à cela et je vous accorde que vous avoir ici réduirait à néant l’expérience de solitude que je tente de mener. Encore que cette maison est si vaste que nous peinerions à nous croiser ! Vous écrire n’est-il pas déjà une dérogation à ce règlement?
Je dois vous avouer une chose : je ne sais plus si je souhaite vraiment cette retraite. La solitude m’effraie mais c’est sans doute là le signe qu’elle est nécessaire. Pourriez-vous me rappeler qui prétendait que la solitude et les épreuves ne sont pas des obstacles à fuir, mais le cœur même de notre croissance intérieure et de notre vie créatrice ? Je vais tenter de garder cette motivation à l’esprit.
Et puis, quel lieu s’accorderait mieux à la solitude que celui-ci ? J’aime à songer que dans son nom se cache l’histoire d’une jeune femme en fuite, ayant trouvé cette colline suffisamment à son goût pour y placer les bases de sa nouvelle indépendance. Elle aurait alors appris la faune, la flore, le soleil, la course du vent et le temps qui passe et aurait construit son royaume autour de cet isolement si précieux.
Il me faut désormais habiter ces heures et je vais voir ce que je peux faire. J’aimerais vivre au rythme qui me semble le bon, c’est à dire sans rythme aucun. M’imaginez-vous affranchie de toute mesure ? Me réveiller quand le sommeil ne veut plus de moi, me nourrir lorsque mon corps le réclame et enfin observer jusqu’à ce que mes yeux soient comblés ? Ensuite j’écrirai encore et encore et encore, j’écrirai inlassablement ce que je vois, ce que j’entends, ce que je pense, puis quand je serai lassée, je ferai une pause pour mieux reprendre ensuite.
Je voudrais vivre tout en lenteur, sans anticipation, m’offrir l’espace et le loisir d’accomplir chaque acte avec soin et précision. Oh, très chère Amélie, je pense que c’est exactement l’expérience que je souhaite vivre, l’ennui fertile et la contemplation. Je vous quitte ici, laissant dans ce pli toute l’affection que j’ai pour vous.
Votre,
Ernestine.