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#009 #MaLoute #MistérioNaCostaChanel ⭐⭐⭐ Nunca é demais lembrar que o diretor Bruno Dumont é reconhecido pelo "exotismo" de seus personagens. Dito isso, é importante que marinheiros de primeira viagem não estranhem a diversidade contida na tela. Assim como em seu filme anterior, O Pequeno Quinquin, o diretor brinca com o politicamente incorreto e flerta o tempo todo com o absurdo. Sem fazer concessões, Dumont não poupa ninguém com suas piadas ácidas e passeia por temas polêmicos, como incesto, transgeneridade e canibalismo com uma naturalidade singular. Com atuações exageradamente deliciosas, incluindo Juliette Binoche, como nunca antes se viu. De fato, Mistério Na Costa Chanel não agradará a muitos, é um nicho delicado de humor e pode ofender os mais "sensíveis". De qualquer forma, é muito bom saber que ainda existe comédias fora da caixinha. Me diverti bem! #movie #Filmes2017 (em Cine Drive-In Belas Artes)
"We know what to do, but we do not do." Ma Loute 🌊 #maloute #brunodumont
Cinéma - Ma Loute, de Bruno Dumont
“Oh, comme c’est pittoresque !”
J’ai voulu aller voir ce film pour Valeria Bruni-Tedeschi, que j’aime beaucoup. Je me suis donc rendu au cinéma Gaumont-Parnasse où il m’a fallu payer 14 euros la place (place que j’ai dû réserver sur un écran au préalable, la E16) et où j’ai pu établir un parallèle entre l’accueil de l’équipe et celui des buralistes de Saint Étienne. Ayant choisi, une fois dans la salle, de m’asseoir en E12 plutôt qu’en E16, fauteuil devant lequel on ne voyait que le dos du crâne d’un homme de deux mètres, j’ai eu peur pendant un bon quart d’heure que l’on me déloge. Exaspéré par la vingtaine de minutes de pubs, identiques à celles qui m’ont fait bailler avant Dalton Trumbo et Café Society la même semaine, j’espère simplement que le film qui va suivre ne me laissera pas aussi impassible que les deux précédents. Je reste néanmoins amusé par la propagande grotesque pour une compagnie d’assurance qui commence par “Nous sommes pour ceux qui grimpent aux arbres...”, mais c’est loin de suffire à me faire apprécier ce début de soirée. Ma Loute s’est avéré beaucoup plus grotesque et drôle que la campagne GMF, ouf.
DES PERSONNAGES
D’un côté il y a les riches, terrifiants, de l’autre les pauvres, qui ne sont pas mieux. On a cent fois vu le portrait d’une telle opposition sociale, mais elle a une saveur toute particulière chez Dumont. Le réalisateur, avec beaucoup de finesse, travaille la caricature et la pousse à l’extrême jusqu’à convoquer le grotesque et frôler l’absurde. Deux familles du nord désopilantes: des gueux à la limite de la sauvagerie, des nantis fin de race dégénérés et incestueux. Elles se tournent longtemps autour avant de s’entrechoquer comme des groupes de monstres ayant perdus toute raison.
Mal à l’aise entre eux, les Van Peteghem le sont aussi avec le monde dans lequel ils évoluent. Leurs chaussures couinent, ils ne cessent de chuter; ils sont à l’étroit dans leur être et Dumont ne se prive pas de le faire comprendre en accentuant les bruitages, omniprésents.
La clef de ce comique du grotesque c’est le regard croisé sur lequel semble reposer la construction des personnages. On peut deviner que les pêcheurs de moules existent à travers la vision que les nantis ont d’eux, et inversement. Le réalisateur a figé ces visions biaisées et conditionnées pour donner vie aux personnages et nous les exposer ainsi. Les riches sont ridicules par leurs manières, les pauvres sont des gueux barbares.
DES ACTEURS
Il existe un second degré de comique, délicieux, qui repose sur les acteurs eux-mêmes et plus particulièrement sur le choix de casting de Bruno Dumont pour les Van Peteghem : on a demandé à des comédiens, qui la plupart du temps ne jouent que leur propre rôle, d’interpréter autre chose. On les voit tenter tant bien que mal tenter de se dépatouiller avec leurs personnages quand les acteurs incarnant les pauvres sont, eux, nettement plus à l’aise alors que ce ne sont pas des professionnels. Valeria Bruni-Tedeschi, par exemple, s’est souvent représentée dans ses films (que je conseille soit dit en passant) comme une névrosée outrancière; chez Dumont la voilà bien vite cantonnée au mutisme et à l’immobilité totale. Juliette Binoche, qu’on dit avoir pour habitude de beaucoup intellectualiser ses personnages, doit interpréter une femme ridicule au possible et si vide qu’il serait impossible de lui trouver une quelconque profondeur. Quant à Fabrice Luchini... et bien il lui incombe tout bonnement de ne pas faire du Fabrice Luchini. Bravo! Ma Loute est une pépite qui demande, pour être appréciée, à ce que l’on se détache du schéma préconçu des navets omniprésents dans les salles. C’est une très belle surprise, sûrement le meilleur film qu’il m’a été donné de voir cette année!
#juliettebinoche en compétition avec #maloute est sur les #marches ce soir pour célébrer un directeur de la photographie #cannes2016 http://bit.ly/1XozPBs (à Palais des Festivals, Cannes)
Billie, le contrat de confiance
En cette période d’effervescence cinématographique qu’aucun Cannois ne saurait ignorer (pas plus que le reste du monde en outre) un film vint ferrer mon intérêt de par son casting. Ma Loute de Bruno Dumont, farce grinçante (et de mon avis, délicieuse) sur fond de lutte des classes, que le journal Le Monde résume très bien avec ce titre “Ma Loute : Roméo et Juliette chez les cannibales et consanguin”. Staring Fabrice Luchini en bourgeois incestueux fin de race, mais aussi Lavieville père et fils en anthropophages marqué par le poids de la récursivité génétique
Et Raph dit Billie.
Billie, est un jeune garçon aimant s’habiller en fille… ou une jeune fille aimant se déguiser en garçon. La force du personnage réside l’absence absolue de certitude quant à son genre. Le spectateur est perdu, avec un prénom épicène et la suppression visuelle et sonore de chaque particularité qui pourrait laisser deviner son sexe, il est strictement impossible de savoir si Billie est un homme ou une femme. D’ailleurs, n’espérez pas non plus vous rattacher à l’identité de Raph, le jeune acteur/actrice est soumis au même mystère que son personnage.
Mais pourquoi je vous parle de tout ça ? Je ne compte pas ouvrir une tribune sur la théorie des genres, mais profiter de ce personnage particulièrement bien construit pour aborder le sujet de ce que j’appelle « L’arnaque visuelle ».
En fait toute personne regardant une œuvre photographique, cinématographique ou autre, passe tacitement un contrat avec son auteur concernant la façon dont il va aborder l’œuvre. Tenez-vous devant un Magritte, vous savez clairement que vous avez affaire à du surréalisme, le contrat est donc que vous êtes dans l’imaginaire. A l’inverse, avec une photo de Cartier-Bresson, vous êtes dans le réel et l’honnête. L’arnaque visuelle n’aurait pour moi de meilleure définition que Billie. La manipulation de l’image dans le but de vous faire voir ce que l’auteur veut, et de vous abandonner à lui. Cela peut être conscient ou inconscient. Ici, le lecteur de l’œuvre sait que l’auteur se joue de sa réalité, de sa perception des choses, en lui servant un contrat ni irréel ni réel. Et en le manipulant pour que ces yeux ne soient plus une source fiable, l’auteur oblige le lecteur à se laisser guider à l’aveugle dans son œuvre.
D’ailleurs, cette façon consciente d’escroquer le lecteur est sûrement l’une des plus durs à mettre en œuvre. Car il faut soit l’amener à accepter cet état de fait, soit le forcer. Le plus souvent, comme pour Billie, c’est un savant mélange des deux. Reste la façon inconsciente, peut-être plus pernicieuse, parfois plus drôle, qui regroupe les procédés de modifications et détournements d’images visant à arnaquer le lecteur, pas le plus souvent pour son bien. Que ce soit pour de la propagande, ou pour gagner un concours photo Nikon (un petit tour sur Google et vous découvrirez l’avion du délit), se jouer des sens du lecteur à son insu se rapproche de la manipulation pure et simple. Même si parfois cela peut simplement être une recherche ludique de l’auteur qui révélera le plus souvent le poteau rose à l’issue du voyage.
Je pourrai disserter longtemps encore des meilleurs façons d’arnaquer un lecteur, mais cela fera surement l’objet d’un projet hybride photo/texte à part, avec une ou plusieurs collaborations. Je vous recommande chaudement d’aller voir “Ma Loute”, formidable film, déjanté et inattendu. J’ajouterai aussi un autre film, relevant moins de la manipulation du lecteur que du rapport à l’image et à l’inconstance de nos goûts et sens, « Mort à Venise » de L. Visconti, un chef d’œuvre du genre, sortie en 1971, inspiré d’un bouquin de 1912, traitant déjà des questions de sexualités et androgynies, et avec un Tadzio éphèbe passionnant jusqu’à la folie un compositeur de musique.
Cela finira par être une signature, je vais conclure avec une citation
"Le reportage et la propagande utilisent les mêmes images" Yvan Audouard
#DialaMakki was gorgeous in #GEORGESHOBEIKA for the premiere of “#MaLoute” at the 69th Cannes Film Festival. Makki wore a pink, long sleeved, lace gown featuring exquisite embroidery on the neck and shoulders and accessorized with a waist belt from GEORGES HOBIEKA’s Fall-Winter 2015-16 #hauteCouture collection. #cannesfilmfestival