LE GARÇON ET LA BÊTE (2015) Un des gros succès d’animation de l’année 2015, si l’on en croit les critiques et le box-office: réalisé par Mamoru Hosoda, papa de l’excellent LA TRAVERSÉE DU TEMPS (2006) et de SUMMER WARS (2009) -pas encore vu-, le réalisateur nous avait proposé également le joli mai inégal LES ENFANTS-LOUPS, AME ET YUKI en 2012. Un palmarès assez balèze auquel on peut quand même rattacher ses trois premiers films “de commande”, les deux premiers étant issus de la licence DIGIMON (1999-20??), sobrement intitulés DIGIMON FILM 1 (1999) et DIGIMON FILM 2 (2000), ainsi que le sixième film ONE PIECE (1998-20??), LE BARON OMATSURI ET L’ÎLE SECRÈTE (2005). Hosoda, ancien de la TOEI, la quitte pour le studio MADHOUSE juste après son ONE PIECE, pour LA TRAVERSÉE DU TEMPS et SUMMER WARS, qui accroissent fortement sa notoriété, et qui sont des succès internationaux: il fait partie de ces conversations qui théorisent sur “qui sera le prochain Hayao Miyazaki?”, à raison. Fondant sa propre boîte, le STUDIO CHIZU, il livre en 2015 LE GARÇON ET LA BÊTE, joie estivale de l’été japonais -première place au box-office lors de sa sortie sur l’archipel, et seconde place sur l’année- qui débarque en France en janvier 2016, où la presse spécialisée lui réserve un chaleureux accueil. Loin de AME ET YUKI, le long-métrage développe cette ambiance fantastique où l’humain et l’animal interagissent, ici pour desservir une storyline calée entre le slice-of-life, et le conte, avec sa part de drame et de message fort. LE GARÇON ET LA BÊTE nous résume avec son introduction une histoire d’un monde peuplé par des bêtes, d’une douce prophétie, très joliment mise en scène par des jeux d’ombres et de flammes pour garder intacte la découverte de celui-ci lord du visionage. Ren, neuf ans, est un jeune garçon qui, à la suite de la mort de sa mère, finit par errer dans les quartiers de Shibuya, son père demeurant absent: refusant la perspective d’être adopté par ses tuteurs légaux, il va croiser deux personnages, Talara et Kumatetsu, ce dernier se révélant être un guerrier du Jutengai -dont les deux individus sont issus-, à la recherche d’un disciple. Sans fils, l’Ours arpente les rues de Tokyo pour remédier à son problème, lié à ce destin qui met en jeu l’avenir de ce royaume caché, auquel on accède par de nombreux détours secrets dans les ruelles de la ville: une version urbaine du VOYAGE DE CHIHIRO (2001), -y’a pire comme référence-, avec son accès au “monde parallèle” dans lequel va se dérouler le gros du récit. Une plongée enchanteresse qui marche forcément, de par les codes de ce Royaume inconnu, régi par ses propres règles et propice à l’aventure: Ren va suivre Kumatetsu, à la fois s’imposant dans sa vie, mais aussi grandissant à ses côtés: LE GARÇON ET LA BÊTE n’est pas l’aventure d’une journée, non, mais bel et bien de plusieurs années. Kumatetsu va élever le gamin, le garçon apportant à la bête une relation aussi forte qu’émotionnelle, et vice-versa: ces caractères vont forger une solide amitié, complexe, belle, qui donnera à l’un le disciple -et le fils- qu’il a tant recherché, et à l’autre un père de substitution -l’Ours le deviendra peu à peu- canalisant sa condition d’orphelin. Et si c’était seulement ça... ce serait trop simple! Hosoda a le talent, avec sa mise en scène immersive -montrer le même endroits à des périodes temporelles ou météorologiques différentes-, ses personnages attachants -le mysticisme comique du Seigneur Lapin de Jutengai, les engueulades entre Ren et Kumatetsu-, ses thématiques d’un réalisme indiscutable -harcèlement scolaire, décès parental-, et ses choix de direction artistique -ce n’est pas pour rien qu’il est ancien animateur-clé et storyboarder- : ajoutez à l’ensemble une animation sans faille, fluide, où la rare 3D se fond parfaitement avec le reste, et on y est. Intelligent et magnifique, je vous dis... LE GARÇON ET LA BÊTE est un chef-d’oeuvre -encore!- qui met la larme à l’œil, nous fait voyager, et malaxe notre petit cœur de spectateur/trice de façon si savante qu’on ne voit pas les 1h55 du film passer. Spoiler plus tiendrait de l’hérésie, pardon, de la trahison cinéphile pure, alors je vous encourage à visionner ce beau et grand film qu’est LE GARÇON ET LA BÊTE, surtout si vous êtes hermétique à la japanimation. Nous connaisseurs/euses détenons là une sacrée gemme valant son achat en blu-ray, véritable investissement sur la durée de par son potentiel évident de revisionnage, à hauteur des meilleurs GHIBLI. Allez le mater! TOUCHE PAS A MON NOUNOURS /20











