Saintes et Joyeuses Fêtes de Pâques ! https://soundcloud.com/thierry-mechler/allegro-3 Le lumineux Allegro 3ème mouvement de la 5ème Sonate en Trio de J.S. BACH enregistré sur le grand orgue Kern de Masevaux. #orgue #bach #masevaux #musiqueclassique #culture #art #thierrymechler #photooftheday https://www.instagram.com/p/B-3vHzfg3sk/?igshid=1b8zzxq4c2lah
Lorsque de nouvelles cloches arrivèrent devant la cathédrale Notre-Dame de Paris en janvier 2013, les Strasbourgeois pouvaient se souvenir de l’arrivée des sept nouvelles cloches devant leur cathédrale, le 18 mai 1978. Cet ensemble campanaire unique en Europe est l’œuvre du chanoine Jean
Ringue.
Jean Ringue1 est né le 20 janvier 1922 à Sainte-Croix-aux-Mines. Pendant ses études secondaires à Sélestat, il rencontre l'abbé Louis Ritter qui lui fait découvrir le latin, l'art et la liturgie grégorienne. Il rencontre également le chanoine Joseph Walter qui lui montre la Bibliothèque humaniste de Sélestat
dont il est le bibliothécaire. Cela provoque de suite chez Jean Ringue un intérêt pour l'art médiéval.
En 1947, il est ordonné prêtre pour notre diocèse, puis nommé à la Commission Diocésaine d'Art Sacré en 1954. Il doit alors collaborer à la reconstruction des églises sinistrées lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pendant cette période, il fait la connaissance du jeune Alfred Kern qui lui fait découvrir la facture d'orgue. Jean Ringue participera avec lui aux chantiers de l'orgue de Masevaux et de la cathédrale dans les années 1970.
En 1959, il est nommé animateur de la Commission d'art sacré et secrétaire de la Commission des orgues. Mgr Elchinger le fait chanoine honoraire en 1979, puis chanoine-custode en 1980.
Musicien et mélomane, il s’intéresse particulièrement à l’art campanaire et devient peu à peu un expert reconnu. Il est à l’origine de nombreuses sonneries de cloches en Alsace et dans toute l’Europe. Peu après la réception de la sonnerie de Vézelay en 2004, sa dernière œuvre, il est hospitalisé avant d'être accueilli à la maison de retraite des sœurs de la Toussaint à Strasbourg.
Il décède le 7 avril 2009 ; ses obsèques, présidées par Mgr Christian Kratz, ont lieu le 14 avril à Sainte-Croix-aux-Mines.
Œuvre majeure
En 1782, un abbé fait l’inventaire des treize cloches de la cathédrale. La plus grande étant un bourdon qui sonne en la bémol 2, d’environ neuf tonnes, et coulée par Hans Gremp en 1427.
Quatre ans après l’inventaire, Matthieu Edel coule l’actuelle cloche du couvre-feu puis deux cloches d’horloge un an plus tard. Après la Révolution, seules subsistent les cloches d’horloge placées dans la tour de l’octogone, le grand bourdon et la cloche du couvre-feu, auxquels s’ajouteront deux nouvelles cloches en 1806 et 1814.
En 1966, l'église de Masevaux est ravagée par un incendie. Après quatre ans de reconstruction, quatre nouvelles cloches fondues à Heidelberg par F.W. Schilling sonnent avec la cloche plus ancienne.
Masevaux possède ainsi une prestigieuse sonnerie alors que celle de Strasbourg ne convient pas au gigantisme de son architecture. Il aura donc fallu ce nouveau carillon à Masevaux pour que le projet d’un nouvel ensemble campanaire pour la cathédrale soit lancé ! Les experts et le chanoine Ringue, devenu campanologue du diocèse, imaginent une sonnerie neuve en harmonie avec le bourdon.
En juin 1973, la « Zehnerglocke » se fêle, elle sera soudée un an plus tard. En septembre 1975, Strasbourg fête le sept centième anniversaire de la consécration de la nef de sa cathédrale. À cette occasion, l'archevêque de Fribourg-en-Brisgau offre à la cathédrale une cloche de 2307 kg, coulée le 5 décembre 1975 à Heidelberg.
Six autres cloches dont le second bourdon de 3896 kg sont alors commandées et coulées à Heidelberg en 1976. Les sept cloches de profil ultra lourd et progressif arrivent à Strasbourg et sont bénies par Mgr Elchinger, le 18 mai 1978.
Le plenum des sept nouvelles cloches ainsi que le bourdon de Hans Gremp sonnent pour la première fois le 20 juillet 1978. Les experts campanologues sont unanimes pour dire la perfection de ce nouvel ensemble campanaire.
Parfaitement accordées avec le grand bourdon ainsi qu’entre elles, les nouvelles cloches sonnent en si bémol 2, ré bémol 3, mi bémol 36, fa 3, la bémol 3, si bémol 3 et do 4. En 1987, une dixième cloche arrive dans le beffroi.
Les cloches sont les voix de notre prestigieuse cathédrale et de la foi des chrétiens. Ces instruments terrestres sont peut-être bien un avant-goût des mélodies célestes !