“J’étais gendarme avant, je te mettrais bien un coup de matraque. (Devant mon air ahuri) Calme toi, je t ai pas dit si c’était sexuel ou pas...”
Strasbourg — il est mon formateur, je suis avec lui seule pour trois jours.
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“J’étais gendarme avant, je te mettrais bien un coup de matraque. (Devant mon air ahuri) Calme toi, je t ai pas dit si c’était sexuel ou pas...”
Strasbourg — il est mon formateur, je suis avec lui seule pour trois jours.
"Tu veux nous montrer comment ça s’est passé ?”
Il y a presque 15 ans, après un viol aux abords d'une petite ville du sud. Je me planquais avec mon sac à dos dans un fossé après m'être échappée. Miracle, je vois passer une estafette de police. Je surgis de mon refuge et fais signe pour les arrêter. Ils me prennent en “stop”. Je craque et pleure de soulagement. Je leur dis que je viens de me faire violer. “Ah, oui ? Et tu faisais quoi dans un endroit pareil ?”. Rire de toute l'estafette. “Tu veux nous montrer comment ça s'est passé?”. Gestes obscènes du bassin et des mains de plusieurs d'entre eux. Un, plus bienveillant que les autres dans le ton de voix : “Tu es sûre que tu veux venir avec nous pour porter plainte ? Parce qu'on sera bien obligés de faire une reconstitution, tu sais ?”. Rire général.
Moi : “laissez-moi là, ça ira” ... Il était 3 heures du matin au milieu de nulle part, genre zone commerciale, ils m'ont débarquée… Vous savez quoi ? J'ai été soulagée dans l'instant ….
J'avais 16 ans à l'époque des faits, j'avais reçu sur les réseaux sociaux des menaces de viol trés sales par messages privés. Au début je n'y ai pas prêté attention, j'ai juste bloqué la personne. Cette dernière était ensuite revenue a la charge quelques mois plus tard avec un nouveau compte. Il donnait des informations personnelles sur moi dans ses messages, comme le nom de mon lycée, de mes amis, ce genre de choses. J'ai décidé d'en imprimer un extrait et d'en parler a l'infirmiére scolaire de mon lycée (qui a été adorable). On a appelé mes parents et dit d'aller déposer plainte au poste de police. Chose que j'ai faite.
J'ai du patienter deux heures avant de me faire interroger par une femme policière (je précise bien que c'est une femme car je m'attendais à plus de compassion de sa part) rien à part un visage froid. Cet interrogatoire est pour moi une épreuve. J'ai honte des messages que j'ai reçus, j'ai peur que l'auteur décide de passer à l'action et je me heurte à la totale indifférence de ceux qui sont censés me protéger. Après ce premier interrogatoire, j'en passe un deuxiéme dans la foulée, où cette fois-ci je suis face a un homme qui enregistre ma plainte. Au beau milieu de mon dépot, son téléphone sonne, il décroche et organise son barbecue. Suite à cela, il me dit que vu qu'ils n'ont pas l'identité de la personne ils ne peuvent rien faire et que surtout tant qu'il n’y a pas d'agression PHYSIQUE ça ne servait a rien de s'inquiéter. Donc je devais attendre de me faire violer pour qu'ils daignent bouger leur petit doigt ? J'avais passé 4h au commissariat pour rien ? Ne pouvait-il pas retracer l'adresse IP des comptes de mon harceleur ?
“Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?”
En sortant de soirée, un homme m'a agressée et violée contre un grillage. Il m'avais menacée d'un couteau si je me débattais. J'étais terrorisée. J'ai mis une semaine pour m'en remettre et porter plainte.
Au commissariat, dans le bureau j’étais seule avec le policier. Il m’a regardée d'un air sinistre, et m’a dit “Une fois ça t'a pas suffi, tu en veux encore sale pute ? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c'est ça?” En me mettant sa main entre mes jambes et en me touchant. C'était lui qui m'avait violée… j'étais pétrifiée. Il m'avait traitée de sauvage car je suis maghrébine.
J'ai essayé de mettre fin à ma vie car j'avais peur de sortir de chez moi… J'ai déménagé et sors peu… je ne fais plus confiance à personne…
“Bon on va vérifier ce que t’as dans le calbar mon grand.”
Toulouse — Lors d'une manifestation à caractère féministe, des camarades et moi-même nous retrouvons nacé.e.s par des CRS et policiers. Après environ 20 minutes d'attente dans le calme, un policier s'approche de moi. Il m'amène sur le côté, fouille mon sac et arrive le fameux “vos papiers jeune homme”. Je les lui tends. Étant un mec trans, mes papiers sont sous mon ancienne identité. Le policier se met à rire et montre fièrement mes papiers à ses collègues qui le suivent. Sous leurs yeux à tous, il décide de me fouiller. Il met allègrement ses mains sur mon torse en souriant, sous mon t-shirt. Et ensuite il me dit “Bon on vas vérifier ce que t'as dans le calbar mon grand” en riant et insérant sa main sous mes sous-vêtements. Ses collègues rient de plus belle. Il me laisse finalement partir tout en me disant à l'oreille “si je te revois encore une fois en manif, je t'embarque et je te fais bien pire.”
“Te baisse pas comme ça toi, fais attention. Ma mère comme ça, on lui en a fait trois.”
Aix-En- Provence — Je travaille en restauration. Aujourd'hui, alors que je me baissais pour attraper du sel dans une commode, un collègue en passant derrière moi me dit ceci. Charmant.
“Toi, je vais te violer.”
Un collègue de travail. Mon premier job, j'avais 18 ans. Sourire gêné des autres collègues, personne n'a réagi.
“Elle, il va falloir qu’on fasse une tournante pour qu’elle arrête de venir.”
Grenoble — un bénévole d'une antenne locale des Restos du Cœur, lors du déjeuner avec les autres bénévoles. À propos d'une bénéficiaire qui revenait un peu trop souvent. Une des femmes présentes a dit “t'es lourd franchement”, les hommes (dont le responsable adjoint) ont ri. Après avoir applaudi ironiquement et confié que j'avais rarement entendu une blague aussi dégueulasse, je n'y suis jamais retourné.