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“J’ai des pulsions, tu pourrais comprendre !”
Arles — Chef étoilé de la Camargue, 2 mètre de haut. Il a insisté pendant des mois pour coucher avec moi, j'ai toujours refusé ses avances clairement mais il avait des pulsions, m'appelait 78 fois à 3 heures du matin, cherchant tous les prétextes pour rester seul avec moi. Il m'a même plaquée contre un mur entre deux portes de bureaux, usant de son statut de chef étoilé sur moi, 18 ans à l'époque. J'avais la trouille de me faire virer. J'ai fini par craquer et claquer la porte sans rien dire à personne. J'ai été détruite par cette histoire.
“Qui ne dit mot consent. Moi je pourrais vous toucher les seins là, si vous ne dites rien, c'est pas une agression.”
Yvelines (78) — J'ai voulu porter plainte contre agression sexuelle. Le policier qui m'a reçue ne m'a pas emmenée dans un box privé, je suis restée debout à l'accueil pendant plus d'une heure à lui raconter ce qui m'était arrivé, sans aucune intimité.
Il me regardait avec dédain et suspicion, je lui ai expliqué que j'étais paralysée et n'avait pas pu repousser mon agresseur. Il a fini par conclure avec ces propos. Il a donc refusé de prendre ma plainte et m'a seulement indiqué d'aller voir une psy.
Quand des camarades requalifient une agression sexuelle en "comportement sexuel inapproprié"
"Alors dis moi, il t'a touché le zizi c'est ça ? Montre moi où exactement."
Vannes — J'avais 8 ans, c'était ma 1ère expérience avec la police. Je venais déposer plainte avec ma mère pour attouchements sexuels et je me suis retrouvée seule avec un policier d'une 50aine d'années. J'étais déjà choquée à ce jeune âge, que ce vieil homme utilise le terme “zizi” (en le répétant bien plusieurs fois) alors que ça se voyait clairement que j'étais une fille. Tellement choquée, intimidée, limite honteuse que je n'ai rien dit du tout. Je me suis longtemps demandé si on avait le droit de dire autre chose pour le sexe féminin, comme si c'était tabou.
J'ai toujours pensé après cela que les policiers étaient incompétents dans l'accueil des victimes. Et les autres expériences que j'ai vécu avec la police l'on prouvé encore plus tard dans ma vie.
“Une jolie fille comme vous, c'est normal. Vous êtes célibataire? Vous faites quoi ce soir?”
Paris. En rentrant chez moi un samedi soir vers minuit, trois hommes s'engouffrent derrière moi au moment où je passe ma porte cochère et me plaquent au sol. Je suis sur le dos, deux me tiennent les bras de chaque côté, le troisième est accroupit face à moi. Je me débat, je hurle, ils prennent peur et partent en volant mon sac.
J'appelle la police, la bac me prend en charge. Je leur décris les évènements. Non, j'ai pas bien vu leurs visages, ils avaient des capuches. Oui on est samedi soir, j'avais un peu bu. Oui je suis en short, on est en plein mois de juillet.
Regards condescendants.
J'ai pas vu leurs visages car j'étais trop choquée sur le moment et je vous rappelle qu'ils avaient des CAPUCHES. On fait le tour des quartiers “mal famés” en voiture à 20 minutes de chez moi sans que je puisse les reconnaître (on était trop loin en même temps), ils finissent par me lâcher seule devant ma porte cochère (ils me restait que mes clés par chance ;dans ma main au moment de l'agression).
Je porte plainte au commissariat le lendemain, et le policier qui prend ma déposition me confirme ce que j'avais tant redouté: “Ils avaient certainement l'intention de vous violer mais comme vous avez hurlé, vous leur avez fait peur, vous avez eu de la chance. Une jolie fille comme vous, c'est normal. Vous êtes célibataire? Vous faites quoi ce soir?”
Et pour la petite histoire, on a retrouvé les lambeaux de mon sac à 2 rues de chez moi.
Pourquoi tu n’as pas crié ? Pourquoi ne t’es tu pas enfuie ? J’ai du mal à te croire. Tu sais, ça arrive très souvent que des jeunes filles de ton age inventent ce genre d’histoires.
Toutes ces phrases viennent du policier qui a pris ma plainte alors que je dénonçais l'agression sexuelle dont j'avais été victime dans les transports en commun. J'avais eu beaucoup de mal à me décider à venir porter plainte. Ça m'a détruite. J'avais 12 ans.
“Oh vous savez, les psychologues, ils feraient mieux de retourner à la fac pour apprendre leur métier !”
Je suis psychologue dans une association d'aide aux victimes et reçois un jeune pré-ado qui a été victime d'agression sexuelle et physique par un camarade de classe. Il est très difficile pour lui d'en parler et encore plus d'imaginer aller porter plainte. En plus d'avoir honte, c'est un jeune très introverti. Un jour il prend son courage à deux mains et se présente au commissariat avec sa mère. Ils sont reçus par un policier qui va utiliser un langage très cru pour obtenir un récit des faits de la part de mon patient, à tel point qu'il va le braquer et que mon patient va devenir mutique. Le policier questionne alors le bien fondé de cette plainte (puisque mon patient semble réticent, au final). La mère intervient en disant qu'ils ont rencontré une psychologue qui les a assurés qu'il y avait bien lieu de porter plainte. Et le policier de rétorquer : “Oh vous savez, les psychologues, ils feraient mieux de retourner à la fac pour apprendre leur métier !”. A ce jour mon patient n'a toujours pas porté plainte et ne souhaite plus remettre les pieds dans un commissariat. Merci la police.