En mai mon mec me viole. Le lendemain, je vais dĂ©poser plainte. Le bridagier n'est pas empathique. Il s'exĂ©cute et transforme ma dĂ©position Ă sa sauce mais je peux Ă peine la corriger puisque je dois partir Ă l'UMJ. Le lundi, le flic m'appelle pour la confrontation. Je refuse, il s'Ă©nerve et me dit âmais monsieur va passer la nuit en garde en vueâ. Je lui rĂ©ponds que ce n'est pas mon problĂšme. Il me dit que si je ne viens pas le lendemain il fait classer l'affaire. Le lendemain, le violeur reconnait tout du bout de lĂšvres et minimise en Ă©voquant un jeu. SidĂ©rĂ©e, j'Ă©touffe presque de rage mais il en a dit assez pour que je sois rassurĂ©e pour la suite. Pourtant, le flic Ă©teint la camĂ©ra et ses abus orduriers commencent, il me crie dessus en m'expliquant que je mens et qu'il ne me croit pas. Il vocifĂšre et appuie ses arguments sur ses âressentisâ grotesques en me dĂ©clarant, irascible âici on n'est pas au Maghrebâ. LĂ , je comprends que le mec est raciste et que je suis considĂ©rĂ©e comme une mythomane. Par contre, il est trĂšs respectueux avec cet enfoirĂ© d'agresseur pervers. AlliĂ© du violeur, il lui dit gentiment que ce n'est rien et qu'il sera libĂ©rĂ© dans l'heure. J'Ă©clate en sanglots et lĂ , le fonctionnaire sadique me lance, âet en plus, vous n'allez pas jouer les victimesâ. LĂ , c'est la 4Ăšme dimension. Je rentre chez moi doublement sidĂ©rĂ©e et reste en boule dans mon lit. Le lendemain le flic m'appelle pour me donner le rendez-vous avec l'expert psychologue puisqu'il faut vĂ©rifier si je suis la menteuse. Durant cet appel, je lui demande si la partie oĂč il m'agresse a Ă©tĂ© enregistrĂ©e. Il s'Ă©nerve et me demande pourquoi je lui pose cette question perverse et me menace. J'en tombe de ma chaise. Le psy me dit qu'il me croit. Cela fait plus de deux mois que j'attends que le procureur qualifie et depuis, je passe ma vie en thĂ©rapie et mon avocat s'est bien foutu de moi. J'ai fait un signalement Ă l'IGPN qui a logiquement couvert ce fonctionnaire bien notĂ© ayant âla confiance des magistratsâ ce qui n'augure rien de bon et depuis, je m'attends Ă une classement sans suite. Alors, tous les beaux discours sur la libĂ©ration de la parole, et les blabla sur le fait d'avoir le courage de porter plainte pour protĂ©ger les Ă©ventuelles victimes c'est de la dĂ©magogie. Je ne regrette pas ma plainte sinon, cela aurait Ă©tĂ© bien pire mais j'ignorais que de vouloir faire reconnaitre un acte aussi abominable Ă©tait un calvaire. Je suis dans une petite ville, dans le 66 et j'ai honte d'ĂȘtre dans un pays oĂč les femmes sont vilipendĂ©es parce qu'elles ont osĂ© dĂ©noncer des agresseurs qui bĂ©nĂ©ficieront d'une impunitĂ© automatique vu comment les policiers traitent les victimes. J'ai la nausĂ©e parce que j'ai subi une triple peine : le viol, l'agression du flic et enfin le silence de la justice. En attendant le violeur vit sa vie et n'est pas inquiĂ©tĂ©. C'est injuste mais les stĂ©rĂ©otypes restent prĂ©sents surtout en matiĂšre de viols conjugaux. Depuis, j'ai la nausĂ©e mais je ne lĂącherai pas et j'irai jusqu'au bout, n'en dĂ©plaise Ă ces deux machos qui ont cru m'abattre.Â