SHORT STORIES 2 - Histoires au cœur de la nuit (aux environs de minuit) - Chap. 04 : Moblit Berner
Une histoire d’alcool qui coule à flots
« Argh… Je n’arrive pas à croire qu’Hansi… Quand on aime les titans à ce point, pourquoi on n’en devient pas un ?!… »
Un petit groupe d’individus étaient assis à une table dans un bar à l’intérieur des murs.
« Ce n’est pas tous les jours qu’on le voit aussi ivre. J’avais entendu dire que c’était un gros buveur.
- Il devrait tenir l’alcool en principe… J’imagine que sa supérieure lui en a fait voir de toutes les couleurs. »
C’était un groupe de soldats. Moblit Berner, membre du Bataillon d’exploration, venait d’être promu capitaine en second de la quatrième escouade et il fêtait l’événement avec des soldats de différents grades, âges et corps d’armée.
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« En tout cas, je suis surpris que tu aies décidé de continuer à te coltiner cette excentrique en guise de chef. Tu n’as pas demandé à être transféré dans une autre escouade ? » demanda l’un des camarades de Moblit.
Moblit et lui s’étaient connus dans les Brigades d’entraînement, mais son camarade avait choisi la Garnison. L’excentrique dont il parlait était bien évidemment la supérieure de Moblit, Hansi Zoe. Ce nom était connu même dans les autres branches de l’armée.
« Arrête, ne la prends pas de haut comme ça !… Hansi est… un soldat talentueux…
- Mais la rumeur dit qu’Hansi essaie de discuter avec les titans comme si c’étaient ses potes.
- L’exploration et la recherche sont deux choses différentes. » intervint un membre du Bataillon d’exploration coiffé d’une coupe au bol.
Il avait le même grade que Moblit et il essayait de voler au secours de ce dernier.
« Les soldats placés dans l’escouade d’Hansi font partie de ceux qui ont les chances de survie les plus élevées. C’est parce qu’ils sont sous les ordres d’une personne qui connaît bien les modèles comportementaux des titans.
- Et aussi parce que Moblit est là pour tenir Hansi en bride.
- Oui… parce qu’à chaque fois qu’Hansi voit un titan déviant sur lequel elle n’a aucun renseignement, elle serait capable de le pourchasser jusqu’au bout du monde... » ajouta Moblit, l’air épuisé en posant sa tête sur la table et en vidant son verre.
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Les soldats de la Garnison et des Brigades spéciales, qui n’avaient jamais croisé un titan de leur vie, semblaient toujours aussi peu convaincus, en dépit des explications qui leur étaient données.
« Mais vous avez plus de boulot que les autres membres du Bataillon d’exploration, pas vrai ? Car vous devez faire des recherches biologiques sur les titans, même une fois revenus dans l’enceinte des murs...
- On reçoit des compensations pour notre travail. Ces recherches sont approuvées par le Major, après tout.
- Mais l’argent n’est pas une raison suffisante pour accepter de participer à des expériences dangereuses, n’est-ce pas ? Il doit y avoir une autre raison…
- …Elle ressemble à un clou qui dépasse.
- Quoi ? »
Tout se monde se tourna vers Moblit au moment où il marmonna ces mots.
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« Hansi… est tellement plus intelligente que tout le monde. Elle ne pense pas comme les gens normaux ; je suis sûr que ses recherches finiront par porter l’humanité vers de nouveaux sommets. Elle a le potentiel pour nous libérer des titans. Mais elle ressemble à un clou, tout fin et qui est le seul à dépasser. Instable et vacillant, impossible de prédire quand il va tomber. Ainsi, peu importe qui s’en charge, mais il faut que quelqu’un le maintienne à sa base. Même quelqu’un de faible. »
Tout le monde se redressa et écouta les paroles de Moblit, qui était habituellement peu bavard.
« Tu n’es pas faible, Moblit. Tu es un roc solide auquel on peut s’accrocher. » dit le soldat à la coupe au bol avec un grand sourire.
Tous les autres levèrent leur chope en hochant la tête.
« C’est vrai. Maintenant que j’y pense, tu as toujours été doué pour soutenir tes camarades dans l’ombre. C’est un poste idéal pour toi. »
Puis, sans se concerter, ils trinquèrent tous ensemble au même moment.
« Parfait ! Encore une fois : trinquons à Moblit Berner, le capitaine en second de la quatrième escouade ! »
Moblit se joignit à eux pour le toast, mais il ne but pas. Un sourire tranquille, qu’il arborait rarement, se dessina sur son visage au moment où il posa la tête sur la table pour s’endormir.
« Au fait, où est le chef d’escouade Hansi ?
- Ah, Hansi venait de passer cinq nuits blanches d’affilée. On l’a jetée dans la pièce de repos et on l’a enfermée à clé de l’extérieur. Moblit mérite de dormir en paix ce soir. C’est la moindre des choses. »
Les soldats des autres corps d’armée se forcèrent à sourire en voyant le ton désinvolte sur lequel les membres de l’escouade d’Hansi avaient donné cette information. Puis ils burent tous ensemble un autre coup.






