Pourquoi l’Auto-édition dérange
Il faut rester serein et trouver des plaisirs simples de lecture et d'écriture, quelle qu’en soit la source. Et c’est ce que nous propose les nouveaux mode d’écriture et les nouveaux mode de lecture.
Ce qui est vraiment nouveau avec l'auto-edition, c'est l'exposition possible de tous les écrits. Gage de qualité ? Bien sûr que non, mais pas gage de "non qualité" non plus. Cet accès soudain à de nombreux écrits, personne ne peut lutter contre : ni les maisons d'édition institutionnelles ni les journalistes référents. Alors bien évidemment une partie du contrôle leur échappe. Et ça agace. Le monopole de la”distribution des prix et du label qualité” tombe. Pis, il tombe dans les mains de tous et n’importe qui, et chacun, en tant que lecteur ou auteur est virtuellement plus puissant qu’un journaliste (S’il manipule bien les réseaux sociaux et s’il tient de main ferme un bon blog).
Rappelons nous de Caron à l'émission '"on n'est pas couché" sur Martin Lugand : "ce livre n'a pas été édité parce qu'il est mauvais !!!" Peut être mais le problème c'est qu'il plait ! Et les bons éditeurs, l'expérience le prouve, sont prêts à éditer de mauvais livres s'ils se vendent !!! Donc l'édition traditionnelle n'a pas fait son boulot.
Et Caron l'a t'il vraiment lu ce bouquin (On parle, on parle mais lit-on?) .Loin d'être si mauvais... (mais cela devient personnel).
Ce sont les préjugés sur l'auto-édition qui sont la source de tous les maux et qui, au lieu de marier harmonieusement l'édition traditionnelle et les nouveaux modes d'édition, les dressent l'une contre l'autre en castes intolérantes. Quoiqu'il en soit les 200 000 exemplaires de Martin Lugand, sa traduction dans 6 langues et son adaptation cinématographique comparées à la vente de "No steak" (Caron), sont une victoire qui ne nécessite aucun commentaire. Un vrai camouflet.
Mon propos en saluant l’énergie créative (et désordonnée) de l’auto-édition n’est pas de tirer des salves sur la structure traditionnelle de l’édition qui a de grands mérites, ni sur des journalistes référents qui en ont aussi, mais plutôt d'alerter sur le clivage d'un secteur d'activité qui est en train de se redéployer, et cela qu'on le veuille ou non, qu'on l'appelle ou pas... La foi et l'énergie, des auteurs qui s'auto-éditent doivent être plus fortes que les idées toutes faîtes, et surtout plus fortes qu'une forme de journalisme, de vision de la profession, qui ne correspondent plus ou de moins en moins à ce que les gens vivent. Car une grande partie de la création en littérature réside là. Et l’avenir du même coup.
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