La Chartreuse
En 1903, le gouvernement français expulsa les moines chartreux de leur monastère dans les Alpes et saisit tous leurs biens : le monastère, la distillerie, et l'équipement.
Seuls deux moines de l’ordre connaissaient la recette de la Chartreuse et l’avaient entièrement mémorisée. Rien n’était consigné par écrit que le gouvernement aurait pu saisir.
Le gouvernement français fit appel à des chimistes pour tenter de reproduire la recette. Ils analysèrent chaque bouteille disponible, effectuèrent tous les tests possibles avec la science de l’époque. Mais ils échouèrent. Le liqueur produite sous le nom de Chartreuse était tellement inférieure qu’elle détruisit la marque presque immédiatement. Les ventes s’effondrèrent et la société créée par le gouvernement pour la produire fit faillite en 1929.
Pendant ce temps, les moines s’étaient installés à Tarragona, en Espagne, où ils continuaient à produire la véritable Chartreuse.
En 1929, la même année que l’échec de l’opération gouvernementale, les moines rachetèrent discrètement les droits sur leur propre nom et retournèrent dans leur monastère.
La recette est toujours connue par exactement deux moines à tout moment. Lorsqu’un d’entre eux meurt ou devient trop malade, il transmet sa portion à son successeur. La recette complète n’a jamais été écrite sous une forme accessible à l’extérieur de l’ordre.
La Chartreuse est fabriquée à partir de 130 plantes et herbes alpines. Les moines gèrent eux-mêmes la distillerie et n’embauchent aucun employé extérieur. Le manuscrit de 1605, qui a lancé toute cette histoire, est toujours conservé dans les archives du monastère.
La Troisième République française dura de 1870 à 1940. Les moines sont toujours là, toujours en train de fabriquer la Chartreuse.
Sources :
Institut des Traditions Monastiques ("Histoire des moines chartreux et de la recette de Chartreuse")
Le Monastère de la Grande Chartreuse ("L'histoire de la Chartreuse et ses secrets")
















