Auto-révisionnisme
Ce qui se passe à « gauche » actuellement est un retournement de situation historique, d’une hypocrisie inouïe. Car sachez, vous autres jeunes d’aujourd’hui, nés autour de 1990-2010, que cette montée du frérisme islamiste à tendance antisioniste-antisémite, justification tous azimuts des mouvements type Hamas et Hezbollah au nom du peuple palestinien à échelle mondiale, qu’on vous présente essentiellement comme une faute de nature extrême/ultra-gauchiste (donc relevant en principe du communisme !), à l’appui effectif, finalement, des traîtres du même nom, c’est le PS/gauche plurielle qui l’a installée progressivement à l’époque (le PCF ne représentant déjà plus grand chose) au nom de la « tolérance » et de l’ « antiracisme » (pas encore de l’ « islamophobie », chaque chose en son temps…). Nous autres, les quelques contestataires de toutes origines, « anars » inclus (qui les appelions « gauche poubelle », ou criions en manifs « P comme pourri S comme salauds » etc. à la suite de leurs renoncements interminables), étions loin de la connivence politicarde d’aujourd’hui, ou de vouloir faire quelque chose comme un NFP avec eux ! Et puis l’ « extrême gauche » organisationnelle (*), par laquelle je suis un peu passé pour voir (et ça été instructif !), prétendant nous représenter, s’est installée peu à peu pour nous voler nos idées et gravement en dévier le contenu, alors que nous restions encore à l’époque dans l’ensemble assez anticléricaux et antistaliniens (ce qui est logique puisque la religion, qui menace à nouveau de briser la laïcité, n’a d’égal que son interdiction même, en matière de totalitarisme), en même temps qu’on dénonçait les renoncements successifs de la GP (PS, « écolos » etc.) qui a installé petit à petit cette “ouverture” dans les esprits, essentiellement via les « ex »-Mao (rien d’autre qu’un stalinisme à la chinoise) de Libé, et ouvrez bien vos oreilles, au nom de la tolérance et contre le totalitarisme historique du « communisme » (stalinisme). Une « réhabilitation » donc hypocrite autant qu’inutile de la religion, alors qu’elle se portait toujours très bien et que les régimes purement stalinistes (et leurs virages absurdes en tous genres) s’étaient déjà effondrés depuis de nombreuses années. Un article de Libération, autour des années 2000, m’a particulièrement intrigué, qui associait mécaniquement la critique de la religion au totalitarisme, au mépris même de l’esprit de la laïcité dont ce journal persistait pourtant à se faire l’apôtre… mais dont certains se mettaient de plus en plus à trafiquer subtilement le sens en même temps.
Jeunesse d’aujourd’hui, ne vous laissez pas manipuler ni par les uns ni par les autres et instruisez-vous, car sachez que ce qu’on vous (et se) présente comme « gauche modérée / extrême-ultra gauche » aujourd’hui est un faux historique (même s’il y a toujours eu des exceptions, comme des vieux débris de l’extrême gauche post 60´s à la Plenel, Bande à Baader en Allemagne etc., qui au fond se sont toujours foutus d’un mouvement ouvrier qui ne leur a jamais servi que de paravent). Le combat idéologique de la gauche en général est resté pendant longtemps relativement fidèle à deux axes, comparativement à la droite : contre le racisme et la religion. Ce que vise la « gauche » d’aujourd’hui ? Elle-même, sa propre destruction idéologique au service des bourgeoisies du monde entier, que ça prenne une forme ou une autre, que ça passe par la religion de la soumission (à « Dieu » seulement bien sûr !), ou par celle de l’amour (de « Dieu » et du prochain en général), mais dont qui bénéficie ? Non qu’il faille faire l’apologie de la haine bien sûr, même de classe ! Jamais l’exacerbation des passions n’a été à même de servir une quelconque autre cause qu’elle-même (et démagogues associés), à long terme du moins, ni de remplacer le mouvement effectif des peuples pour leur émancipation, que ce soit à travers les luttes des exploités, la création de coopératives de consommation, de production, les choix particuliers de participation, refus et critiques, de toutes sortes.
(*) Essentiellement la LCR (ancêtre du NPA) damant alors le pion à LO en matière de représentation du « trotskisme » (pour mieux en détruire les principes fondamentaux) en France, LO qui du même coup s’allie électoralement avec la dite LCR, les deux connaissant une poussée électorale, avec Besancenot en tête, dans la foulée du mouvement social de 1995, l’extrême gauche s’est installée peu à peu en notre nom pour devenir de plus en plus les idiots utiles des dits « soc’dems » de l’époque…















