#nattybo #getstoked #imhere #baltimore https://www.instagram.com/p/ByJL0tdApVu/?igshid=1viinfh6vrgt1
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Yeah yeah I'm on a diet but I'm celebrating... Great reason for this Natty Bo... Out with the bestie @bodhisattvajedi74 #nattybo #rvafoodwhore #bestfriendshit (at Dot's Back Inn)
National Bohemian
Mes recherches pour comprendre la situation socio-économique de Baltimore sont dans un premier temps assez infructueuses. La page Wikipédia me paraît mal renseignée. Je crois comprendre qu’il y a une importante fracture, dû à la fermeture des industries dans les années 50-60, et à un exode blanc vers des banlieues plus agréables à vivre… Mais ces informations éparses n’expliquent pas assez, quel est le mécanisme à l’œuvre ? ...Je regarde cela de loin. Il faudra chercher davantage. Internet est plus loquace quant aux surnoms de la ville : Monument City, Mobtown, Harm City, The Greatest City in America, Charm City, Bodymore, Murdaland, The City that Reads, Crab Cake Capital of the World, etc. Je m’interroge particulièrement sur “Charm City”, on le retrouve sur les bus gratuits qui arpentent la ville, et dans de nombreuses vitrines. Quelle déception quand j’apprends que cela vient d’une campagne de pub des années 70, comme la plupart des nicknames d’ailleurs. Du Marketing, tout simplement... Tout le monde a oublié la campagne, le surnom est resté...
On n’a rien à se dire avec J.Z, mais le bar est cool. Le genre de bar américain que j’adore : la playlist impeccable, la lumière rouge, l’absence de foule, quelques groupes ou binômes stylés, un couple qui se roule des grosses pelles au fond de la salle... La barmaid est une déesse, tout en elle est d’une beauté étourdissante : ses cheveux noir de jais, son corps, son anneau dans le nez, ses bras tatoués, sa bouche, ses yeux violets (je refuse de croire qu’elle est née avec), je pourrais passer des heures à la regarder. C’est lundi soir. Il me donne une liste d’endroits où aller écouter des concerts. On n’a rien à se dire mais il est cool. Et il est beau. Dommage qu’on n’ait rien à se dire.
C’est sur ses conseils que je vais écouter Parquet Courts, un groupe de rock indé. C’est au 2640 Space, une ancienne cathédrale. Très belle. Dans une bien moindre mesure, ce lieu me rappelle le Sacré-Coeur de Casablanca, anciennement cathédrale, vide, parfait pour un concert. J.Z me demande si je suis là, je lui réponds que oui. A ma grande honte je réalise que je n’ai aucune idée de comment lui indiquer ma position en anglais. Mon cerveau est fatigué. En français, j’aurai dit “Devant, côté jardin”, mais je réponds bêtement In the front rows … Quelques chansons plus tard, je reconnais sa veste en daim et ses cheveux mi-longs in the front rows. Il danse et me cherche de la tête. Je n’ai pas envie d’aller au milieu. Le groupe est mieux en live que ce que j’ai pu écouter avant sur internet. Quatre garçons, dans le vent, trois guitares électriques aux couleurs pastels, des cheveux qui s’agitent et un chanteur qui chante très fort. Si la conversation des américains n’est pas encore parvenue à aggraver ma surdité, ce concert l’aura sûrement fait, au demeurant la sensation de flottement qui suit est agréable. Entre chaque chanson, les musiciens papotent, font des blagues. Je ne les trouve pas très drôles. Ou peut-être que je ne comprends pas leur humour… Un des chanteurs en vient naturellement à critiquer le “Muslim Ban”(Note : nous sommes le mercredi 1er février), comme l’aurait fait tout individu raisonnable ayant la chance de s’exprimer devant 200 personnes. Il est acclamé et chante un morceau en lien avec le sujet pour la peine. De toutes les interventions entre les chansons, je retiendrai une phrase : We are a secular band, but very spiritual individuals (le concert a lieu dans une cathédrale, suivez un peu). Cette phrase résonne en moi, fille séculaire mais incroyablement spirituelle, qui ne l’est pas ?
A la fin du concert, J.Z me trouve, il a l’air content de me voir, même si nous n’avions rien à nous dire la dernière fois. Je suis contente qu’il soit content, c’est aussi bête que ça. Il me présente à ses amis, j’ai oublié la moitié des prénoms. Il s’agite comme un fou parce qu’il fait un concert demain. Les filles du groupe ne m’adresse pas la parole, je suis un peu contrariée. Nous quittons le 2640 pour l’Ottobar. Il y a un concert en bas et un karaoké en haut. Je voulais chanter mais l’attente est longue et je ne compte pas rester très tard. Je finis par parler aux deux filles, nous buvons des NattyBo, la bière de Baltimore, médiocre mais toujours mieux qu’une Kro ou une 16. Rebecca et moi parlons surtout de Trump. Évidemment. Elle me raconte qu’en novembre 2008, elle était en Inde, à Puna, quand Obama a été élu. Elle passait le semestre d’hiver à l’étranger. La première fois qu’elle quittait les États-Unis... Le jour de l'investiture d’Obama, elle avait compris qu’elle était en train de manquer un événement historique, et que le monde entier regardait les États-Unis, tout le temps. Elle avait ressenti à l’autre bout du monde la force de ce qui était en train de se passer… Et maintenant, elle se demandait comment on avait pu en arriver là… Huit ans, c’est long, et en même temps… assez pour un tel grand écart ? Le sujet est vaste, mais la conversation finit par dévier sur Puna (j’y suis allée en 2014, et me rappelle une promenade dans les jardins de l'université où Rebecca a étudier la philosophie du droit). On dirait que je me suis fait une copine...
Je la retrouve le lendemain au concert de J.Z, c’est pas mal, surtout le reprise de Jefferson Airplanes, Somebody To Love, chanson que j’adore depuis A Serious Man des frères Coen. Les autres groupes me plaisent. Surtout cette fille du groupe Lenore Lenoire, avec son grand t-shirt jaune, ses chaussures holographiques et ses nattes. Les premières chansons sont assez banales et plus ca avance, plus c’est bien. A magic show follows one simple rule… The show must get better as it goes alone. Je parle longuement avec Mark, et avec Chris aussi, je ne sais plus de quoi. Ma sociabilité s'accroît de jour en jour. Ou peut-être est-ce juste parce que j’ai recommencé à boire ...