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〜OBi WiNE〜
Lettre à François Mauss
Témoignage d'un amateur qui fait son chemin au 'Davos du Vin' : Cher François, Je viens de vivre mon premier 'World Wine Symposium' Pour ne pas reprendre les excellents rapports de Jérôme Perez chez LPV et du Bon Vivant (qui, à peine le dernier verre de chaque dégustation siffloté et savouré, retranscrivaient leurs impressions sur leur forum ou blog) je vous adresse cette lettre, en cascade d'émotions, que les trop rares clichés de mon iPhone dégainé aussi vite que possible, m'ont permis de capturer :
Le Davos Terre de Contrastes (forts):
Un bus parisien et une aile Easy Jet en peu plus loin, je me retrouve au bord d'une Mase(tte)rati Quattroporte à l'entrée de la Villa d'Este, au Lac de Côme...Notez la nuance 'au bord' et non 'à bord', le nombre de personnalités ayant comme moi (servum pecus) choisi discrètement un vol Easy Jet, n'ayant pas permis que nous montions tous A BORD d'une Maserati. Zut, je n'aurais pas fait mon baptême de Maserati Pas grave, on boira plus de Masseto pour oublier. Axel Heinz a prévu 8 millésimes...
Le temps de la convivialité n'est pas encore annoncé, place à la solennité d'une salle de dégustation professionnelle . A la sortie, je croise Bernard Burtschy à la mine réjouie, qui vous devance.
Vous posez fièrement devant les premiers prestigieux trophées du WWS, avant de me proposer à bras ouverts de goûter, à mon tour!
Le ton est donné, me faisant constater que l'un des traits de caractère de l'aristocratie dans le vin est de rester simple et convivial, naturellement. J'ai donc pu mettre mon nez pour la première fois dans un verre de Masseto avant de me laisser flatter par le glissement suave de ce 100% Merlot Toscan qui me laissera une impression de richesse et de profondeur Quel voyage !
On n'oublie jamais une première fois .
A quoi ressemble un 'coffee break' au Davos du Vin :
Le lendemain matin, à l'occasion d'une pause entre la conférence du professeur Khayat sur 'le principe de précaution' et celle d'Antonio Galloni, successeur désigné de Robert Parker - que j'aurai la chance d'interviewer tous les deux- je croise une jolie table d' amateurs :
Stéphane Derenoncourt, Marco Pelletier (Chef Sommelier du Bristol), Jean-Robert Pitte, Laurent Vialette (grand amateur de millésimes anciens), Fredi Torres, (Bodega Saó del Coster, Priorat) et Jérémie Le Duc (Directeur des Ventes de Seguin Moreau), dégustant de manière détendue un 'Bienvenues Bâtard Montrachet' du Domaine Leflaive . Ça sert à ça aussi le Davos du vin. Résoudre le problème de savoir avec qui partager une grande bouteille. En conférence, on apprend des choses rassurantes : une consommation excessive, c'est à dire au delà de 3 verres de vin par jour, augmente le risque de cancer de...1% "Ne ferait on pas mieux de se taire?" souligne le Professeur Khayat (si j'ai mal interprété son message je suis sûr qu'un lecteur avisé ET ayant participé au WWS saura me reprendre. En attendant de savoir -et par 'précaution'- je ne boirai pas plus, mais mieux. Antonio Galloni, à la droiture néanmoins sympathique, partage avec nous sa philosophie, statuant que "le vin n'est pas une compétition" . En prenant ma casquette de néophyte, je lui demanderai plus tard en l'interviewant comment il compte nous garantir que les notes qu'il attribue ne sont pas dictées par son propre goût (après le goût Parker, le goût Galloni ? Préparez vous dans les chais!) La réponse dans l'interview à venir
A table, je me retrouve aux côtés de Cécile Bonnefond présidente de Piper et Charles Heidsieck qui sort d'un sac à vin que j'imagine similaire à celui-ci une bouteille du grand 'Charles' Cuvée des Millénaires 1995, fraîchement et joliment rhabillée par la nouvelle équipe en place.
Emballé par cette proximité et porté par cette cuvée que j'aime par dessus tous les BdB, je me lance dans une présentation quasi commerciale pour que mon autre voisin Subhash Arora éminent 'académicien du vin' en Inde ait envie d'en rapporter chez lui, en lieu et place du vin Indien déroutant qu'il nous fait découvrir. De manière évidente, voire imposante, dans la théorie du NPS (Net Promoter Score) exposée par Olivier Duha, je suis plus 'Charles promoter' et 'Indian Wine détracteur'. C'est aussi ça le Davos on partage tout...Même si beaucoup ont plutôt envie de partager avec Antonio Galloni.(Allez voir l'interview que j'ai faite avec lui, ICI) Plus tard, dans l'après-midi, je cours vers une nouvelle conférence donnée par Olivier Duha et Hubert de Boüard... Mes pas sont stoppés net par le tableau de famille des trois premiers classés de la rive droite, que le hasard rassemble devant moi :
Gérard Perse, Hubert de Boüard (ça va, je ne suis pas en retard) et Pierre Lurton se resserrent pour rentrer dans le cadre de mon chicPhone (modèle au dessus du smartPhone)...A moins qu'ils ne fassent la queue pour demander au Professeur Khayat (à droite) un bon conseil pour appliquer dans leur métier le principe de précaution. C'est comme ça au Davos, on croise les hommes d'état de la planète vin. Et ce ne sera pas la première fois que mes pas s'arrêteront net au WWS : ...En face de Jean-Nicolas Méo portant une caisse de Corton...
...Avant de retrouver Louis-Michel Liger Belair et Sylvain Pitiot:
...En face de Moritz Rogosky qui m'a fait découvrir son terrible 'Il Caberlot' un monocépage hybride entre le Cabernet Franc et le Merlot. Ça doit être ça, un super Toscan...
...En face de Stéphane Derenoncourt qui ressuscite des cépages oubliés en Turquie et produit un vin qui pourrait illustrer une définition bachique de la finesse et de la délicatesse (florale). Je vous laisse lire le nom du cépage sur la photo ce qui m'évite de bricoler mon clavier.
...En face du Château du Moulin à Vent dont le grandiose et résistant 1979 ferrait pâlir les derniers bourguignons encore drapés dans la certitude que seul le pinot noir 'pinote' ...En face de Jean-Robert Pitte et d'Aubert de Villaine que cette photo pourrait montrer 'touché' par l'aveu que je lui faisais de n'avoir goûté qu'une fois dans ma vie une bouteille du DRC, un Echézeaux...Sur une fondue savoyarde !!! La main sur le cœur, j'ai pensé qu'il en sortirait une fillette de Romanée Conti, pour m'éduquer ...
On n'oublie pas une première rencontre avec Aubert de Villaine (Une expérience que vous retrouverez dans l'interview filmée que j'ai faite). Et enfin devant la collection de Richebourgs et d'Echézeaux DRC que j'ai eue suffisamment à portée de main pour me demander si, malgré votre royale approbation, c'était oui ou non le bon moment pour les goûter .... Décidant finalement que la dégustation de tels vins accompagnerait un autre grand jour de ma vie, encore plus mémorable que la dégustation en solitaire, au coin de la cheminée, de quelques goûtes dérobées au palais des experts, qui attendaient cette verticale dans un recueil qui précède un moment sacré.
J'imagine bien quelques lecteurs s'exclamant dans leur fort intérieur que je suis dingue! Mais voilà, c'est comme la Tour Eiffel! J'habite à Paris et je n'y suis jamais monté, attendant l'arrivée d'un grand moment de ma vie pour le faire (une Romanée Conti au 'Jules Vernes' avec vous François, serait une motivation sérieuse, pour y monter...A pied :-) On n'oublie pas une première Romanée Conti, alors il faut que ce soit grand! Enfin je n'avais pas assez de mémoire (dans mon FullPhone pour vous montrer les surprenants effervescents 'so british' Nyetimber présentés par notre ami Christian Holthausen, dont la longue carrière chez Piper et Charles Heidsieck lui impose de garder en mémoire qu'"Il n'est de Champagne qu'en Champagne"...Même si, à l'aveugle, on pourrait s'y tromper. Arrêt net devant ma première dégustation de Clos Saint Hune dont la bouteille 'oubliée' par un sommelier bienveillant à qui je demandais de la poser pour prendre une photo a finalement accompagné plus longuement notre dîner.
Ce qui est bien au Davos du vin, c'est que l'on peut accompagner une première fois avec un Clos Sainte Hune, d'une 'dédicace porte bonheur' avec Hubert Trimbach qui dîne à la table d'à côté... Ha oui...En revanche, c'est Pierre Lurton dont l'élan s'est stoppé net quand je lui ai demandé - d'une manière florale à mes yeux et visiblement botrytisée selon lui, (cqfd: pourrie ET pas noble) - s'il pouvait "exprimer ses émotions de manière plus synthétique", pour les besoins de son interview filmée...
Gloups ! les émotions d'une verticale d'Yquem ne peuvent pas se contraindre à la capacité d'une carte mémoire de Canon 5D.
Ça ne sera donc pas ma première interview avec Pierre Lurton. Enfin, l'arrêt sur image le plus marquant avec un vol assumé d'une place au premier rang de la remise du premier 'prix Lalique Villa d'Este' pour saisir l'émotion du grand 'Lord of Wine' Helmut Dönnhoff. Pour comprendre le vin de ce producteur de la Nahe qui concourt dans la catégorie des meilleurs Rieslings du monde, il faut faire un détour par votre discours.
Le Davos cela sert aussi à cela : pourvoir rencontrer et goûter les vins de vignerons qui figurent dans le livre de Neil Beckett : "1001 wines you MUST taste before you die". Pour vous faire croire que vous êtes au paradis, Dionysos et Bacchus ont envoyé dans les cuisine de la Villa d'Este les enfants spirituels de François Vatel qui n'aurait peut être pas aimé que l'on reproduise à son égal les traditions de réceptions fastueuses préparées pour 250 personnes. (pas sûr qu'il aurait réussi le risotto à 18 minutes de cuisson, ni les soufflés au marron glacé arrivés gonflés à bloc!)
_ Alors non, on oublie pas une première fois au Davos du vin, comme on oublie pas la très grande émotion du dîner de gala.
Pourtant et contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, le World Wine Symposium reste une histoire de famille, pour les petits et pour les grands, illustrée par cette photo publiée par Anne Scieur (avec Fredi Torres) et résumée par une phrase d'Aubert de Villaine:
"C'est compliqué d'être simple" Un climat au World Wine Symposium qui est aussi le reflet d'une vraie famille, rassemblée en comité d'organisation exécutif de charme.
_ Alors, version italienne oblige Ciao François !
et surtout
GRAZIE MILLE
BANDE ANNONCE Un Verre de Terroir en Champagne.
Créer une grande maison de Champagne aujourd'hui c'est (encore) possible ! Pour ce nouvel épisode de notre série, nous vous emmenons à la rencontre d'une famille champenoise entreprenante qui a réussi à hisser son nom avec sérieux dans le cercle restreint des grandes maisons de Champagne. Courtier en Champagne et entrepreneur, Alain Thiénot a crée la maison de Champagne éponyme en 1985. En quelques années, il met en place les conditions indispensables à la création d’une grande maison de Champagne, démontrant ainsi qu’une maison contemporaine peut trouver une place parmi les maisons traditionnelles de Champagne, établies depuis plus de 200 ans. Au cours de notre discussion, Alain Thiénot nous fait découvrir différentes facettes du métier de courtier et de négociant en Champagne, avant de nous inviter à une réunion familiale -et généralement confidentielle- au laboratoire : la décision de mettre sur le marché un millésime, cela se passe avec ses enfants, Garance et Stanislas. Stanislas Thiénot est un peu pressé aujourd’hui ; à peine sorti du laboratoire , il doit s'envoler au bout du monde pour présenter ses vins. L'export ! Un savoir-faire qui a largement contribué au succès de la Champagne depuis deux siècles Œnologue et vigneronne, Garance nous emmène dans les vignes en compagnie du chef de culture de la maison pour nous expliquer les différents cépages qui rentrent dans la composition d’une bouteille de Champagne… Mais il lui faut vite changer de casquette pour revêtir les habits plus élégants d’ambassadrice de sa maison et filer dans un grand restaurant, à la rencontre de jeunes amateurs pour qui, rien ne ressemble plus à un Champagne, qu’un autre Champagne…
Par chance, je me suis fait inviter.
Thiénot : Une maison de Champagne contemporaine de bon goût Cet épisode de la série Un Verre de Terroir, nous apporte quelques connaissances sur la Champagne: - Le métier de courtier et de négociant : pas de (bons) raisins? pas de (bon) Champagne! - L’assemblage : des décisions prises en famille. - La commercialisation : Parcourir le monde pour se faire connaître - La composition d'une cuvée type de Champagne: Pinot Noir, Chardonnay ou Pinot Meunier ? - La montagne de Reims = Pinot Noir CQFD - Champagne : apéritif ou gastronomie?
Pour le voir en entier, c'est ICI
De l'art ou du cochon ? Qui est farce et qui est dindon? VdV #45
L'art et le vin : association calculée ou simple cohérence d'univers ? L'industrie du luxe est championne de la création d'univers parallèles auxquels elle VEUT s'identifier et auxquels elle VEUT associer fripes et bijoux. Autrement dit, le potentiel acheteur d'un T Shirt Dolce & Gabbana serait prêt à le payer plus cher parce qu'il s'identifie à l'univers légèrement trash branchouillé crée par la marque.
Bon, avec le vin c'est pareil et c'est du déjà vu: J'associe mon vin avec le monde de l'art parce-que : 1/ Cela me permet de survaloriser ma bouteille, 2/ Cela laisse à penser que mon vin est une œuvre d'art, 3/ Cela fait bien.
...Raccourcis faciles qui aboutissent à une conclusion simpliste : celle d'une association calculée. Le dindon c'est vous et moi qui achetons cette bouteille 'artistée' avec l'idée de faire partie du même monde, bref avec le sentiment 'd'en être' :)
A vous donc de décider de ne pas vous faire farcir... Moi, je n'ai jamais aimé les associations forcées et dictées par la volonté de 'faire bien' (on appelle cela du snobisme!) Si j'étais vigneron, je chercherais un autre univers : l'architecture (celle qui dure), le cinéma, la musique (pas classique : déjà vu!) et enfin -et surtout- la gastronomie : back to basis! A ce titre la cuisine relève davantage à mes yeux de la création artistique car elle couvre une autre dimension : celle de l’œil ! En composant son assiette le chef cuisinier se rapproche de l'artiste et de sa palette de couleurs, sans oublier le travail des matières ... il est donc plus artiste que le vigneron qui, à en croire certains, ne font rien puisque le terroir fait tout (ça va, je rigole!) (Ceux qui ne sont pas convaincus de la dimension esthétique de la cuisine pourront lire les Chroniques Gourmandes d''Ici Maintenant' et surtout voir les photos des artistes culinaires qui me font saliver à chacune de ses publications Facebook)
Le vin une œuvre d'art ? Une œuvre d'art est pour moi la traduction d'une émotion à l’œil...Ou au goût. Alors oui, dans ce cas, le vin est une création artistique (notamment quand il y a de la profondeur, de la race, une expression pure d'un cépage, un soupçon de goût du sol) mais il faut dans ce cas reconnaître qu'il existe de très nombreux artistes méritants, sur chaque appellation. Le prix d'une œuvre remarquable ne devrait donc pas dépasser les 20 /25€!
Hélas! En vous écrivant je pense aux superbes cuvées de Coteaux du Languedoc du Domaine Peyre Rose au velouté et au soyeux délicieux
avec lesquelles je m'amuserais à reproduire l'ambiance de ce tableau de Joseph Danhauser: Vin, femmes et chant (1839)
...si le prix de vente de ce vin d'artiste ne s'était envolé pour atteindre aujourd'hui 70 €la bouteille...
A ce sujet, je trouve l'interview (disponible en bas de cet article) d'Alain-Dominique Perrin, étonnante: Président de la fondation Cartier pour l'art contemporain et vigneron propriétaire à Cahors, l'association art et vin serait pour lui...Facile et naturelle...Et bien pas du tout : "Certains vins sur des grands terroirs deviennent ...Chers...De là à dire que ce sont des produits de luxe moi je ne suis pas d'accord". (On notera au passage l'association art et luxe...) "Philippe de Rothschild avait fait appel à des artistes pour renouveler ses étiquettes. C'est bien la preuve qu'il ne considérait pas son vin comme une œuvre d'art"
Bref, comme le dit Vincent Pousson : "Ce n'est pas de l'art c'est juste du vin"
Pour d'autres, "Faire du vin, c'est tout un art"! Lors du tournage de l'épisode sur les Crus classés de Côtes de Provence, j'ai posé la question à Bernard Teillaud, propriétaire du Château Sainte Roseline: "Pourquoi cette association art et vin ?" "Et bien par goût", avant de conclure "Faire du vin, c'est tout un art"!
(voir l'extrait en bas de cet article)
Sculptures monumentales de Jime Dine au Château Sainte Roseline
Les vrais amateurs ouvrent donc parfois leur propriété au monde de l'art pour en faire profiter leurs visiteurs sans pour autant appliquer à leur tarif une 'prime à la culture'.
De fait, à l'association 'art et vin' correspondent différents adjectifs valorisants : cultivé, fin, intellectuel, délicat, esthète, érudit, bref...Celui qui sait ! Mais, à la réflexion, il ne sert à rien de vouloir défaire une association plusieurs fois séculaire...Peine perdue : « L’Art et le Vin servent au rapprochement des hommes » Goethe ...Et puis de toutes les façons:
"Jamais homme noble ne hait le bon vin", dixit François Rabelais Haaaa on comprend mieux !
CQFD
Understanding Sauternes
Enjoy this entertaining video from the people at Obiwine, where they explain the process of making sweet wines over at the Chateau Guiraud estate. The above video covers the topics regarding:
The mastery of Botrytis fungus, or Noble Rot
Difference between Ice Wine and Sauternes
Food pairings for Sauternes wine
Warning: The video is all in French, with subtitles Check out more videos over at Obiwine.com.
Les 7 péchés bachiques, selon Oenos (Déesse Grecque de la Loire!)
Les bonnes résolutions de la rentrée ce n’est pas pour Eva d’Oenos qui nous invite à confesser nos 7 péchés capitaux bachiques à travers ce petit jeu interactif :
Taguer (ou dénoncer ?!) 5 personnes ou blogueurs qui devront ensuite se plier à l’exercice à leur tour et révéler sur leur blog leurs confessions…les plus inavouables !
Je reprends donc les 7 questions d’Eva, puis, je te tague, tu me tagues il se tague nous nous taguons : bref, on se retrouve tous à la rentrée ?
1. L’avarice : Quelle bouteille avez-vous trouvé outrageusement bonne malgré un prix honteusement bas?
Sans hésiter une seconde je reconnais avoir triché à maintes reprises avec le Bordeaux Supérieur d’Olivier Cazenave Château de Bel en le faisant déguster à l’aveugle en carafe et en laissant mes bons Zamis s’exclamer devant « la race inimitable d’un grand cru classé du Médoc » sic !….
…Une expérience officiellement réalisée par ailleurs et par différents comités de dégustation …avec les mêmes résultats. Le tout à 8€ …Miam !
D’ailleurs j’ai tourné le thème 'Vins de garage' avec ce vigneron dans ma série Un Verre de Terroir, que je vous mets en ligne ici ...Et Hop
Comprendre les vins de garage avec Olivier Cazenave
2. La paresse : Quel vin n’avez-vous jamais goûté par flemme de vadrouiller dans X cavistes pour le trouver?
Une réponse détournée pour constater que chez certains, la paresse ou la flemme consiste à préférer rester là où l’on ‘déguste’ plutôt que de rentrer chez soi …
A gauche sur la photo: David d'Oenothèque, initiateur des soirées "Tasting" ...Le paresseux lui, souhaite rester anonyme
PS : selon Jean Pierre Gauffre dans son Petit Dictionnaire absurde & impertinent : « ‘Déguster’ est un excellent moyen de se regarder dans la glace le lendemain matin quand on aime le vin plus que de raison »
3. La luxure : Dans quel vin aimeriez-vous prendre un bain ?
Dans une belle cuve avec un début de fermentation pour faire monter le CO2 à la tête et connaître un paradis artificiel à la Baudelaire. …Si possible dans une cuve bois de Mazis Chambertin de chez Faiveley
…Mais de préférence avec Karine Valentin, ou Aurélia Fillon (quitte à rester enfermés dans un foudre autant avoir une conversation du tonnerre )
4. L’envie : Quel vin dégusté sans vous par l’un de vos amis ou connaissances vous a fait le plus envie (et enragé)?
Souvenir enragé de l’un de mes Zamis statisticien de son état, (non il ne s’agit pas de Bernard Burtschy) qui, en mon absence, me pique une bouteille dans MA cave constatant que l’échantillon en main n’était visiblement pas représentatif de l’ensemble de la population…Et pensant que ‘Tokai’ c’était encore un p’tit vin d’Alsace…
J’ai donc traversé une longue période de deuil pour oublier ce Tokaji Aszu Essencia Disznókö 1989 achetée à un maître d’hôtel croisé dans un ascenseur d’une société du CAC 40 (Oui, le haut patronat a du goût) qui en charriait 3 ou 4 caisses.
Bon, il faudra que je prenne contact avec Christian Seely chez Axa Millésimes pour en retrouver. (Ps : il est également blogueur !)
5. La gourmandise : Quelle bouteille pourriez-vous siffler tout seul d’une seule traite ou presque?
Siffler une bouteille tout seul n'est pas un péché mais une hérésie non pratiquée.
…En revanche déguster avec gourmandise façon Alexis Goujard de nombreuses bouteilles afin de mettre à l’épreuve notre capacité à identifier les strates du sous sol des terroirs correspondant aux six magnums de champagne et cinq bouteilles de vin ouvertes ce soir là …. Est un péché mignon que notre joyeuse bande d’amateurs tend à répéter à la réception du même sms sur nos téléphones mobiles affichant: « Tasting ce soir ». Et là, on sait que l’on va déguster !!!
6. La colère : Quel vin vous a tellement déçu que vous l’avez jeté de colère après l’avoir dégusté?
Magnum de Corton Vergennes 1998 de chez Chanson avec un goût de bouchon de la taille d’un pot de moutarde à l’ancienne…Toujours agréable quand vous avez douze personnes à table qui lèvent les bras au ciel en s’exclamant de joie en vous voyant débarquer avec une bouteille pareille en main(s)...
A souligner : le représentant de la maison Chanson a qui je rapportais LE fait m’a immédiatement changé la bouteille lors de mon dernier passage à Beaune. Donc, si cela vous arrive : un gentil message au vigneron sur un papier taché de vos larmes fait généralement oublier la déception.
7. L’orgueil : Quelle bouteille pensez-vous être le seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur?
Une telle bouteille correspond à un moment d’histoire personnelle, à un souvenir, à une attention : une bouteille volontairement oubliée dans un coin de cave en pensant au prochain passage d’un ami qui vous l’a offerte, une autre qui est un cadeau d’une femme qui vous a quittée …et que vous retrouvez !...Ou encore, quelques bouteilles placées sous scellés pour la naissance d’un enfant, destinées à être ouvertes le jour de son mariage.
Dans mon cas :
- Pommard Clos des Epenots 1997 Comte Armand offerte en 2000 par une femme qui m’a quitté …Et que j’ai retrouvée. (Bon, en fait, on ne sait pas bien qui a retrouvé qui, mais ça n’est pas grave, tant qu’on la boit ensemble…)
- Egly Ouriet 1999 pour le mariage de mon fils. (Bon, je n’ai que deux Egly: il serait donc préférable que mon fils organise une fête en petit comité… Et que je me ‘Francisse’ l’Egly tout seul!)
En conclusion le pire des péchés bachiques ?: Conserver précieusement ses plus beaux flacons et ne servir à ses amis que le 'vin des copains' en pensant qu'ils ne pourront pas apprécier vos trésors.
La valeur d' un cadeau est proportionnelle à celle qu'il a à vos yeux alors...Pas de radinerie !
Le vin de mon enfance
J’ai vécu 4 ans de mon adolescence dans un petit village limitrophe de l’appellation Bandol et d’où, perché sur ma mobylette, je partais battre mon record de distance tenue en roue arrière, le long de cette ligne droite d’1Km menant au village de la Cadière d’Azur.
Le goût du vin me vient donc de cette terre du sud où le Mourvèdre roi des cépages Méditerranéen se plait tant, caressé par les effluves parfumées de thym, de romarin de garrigue et de pierre sèche parfois si intenses que l’on imagine pouvoir les saisir dans l’air traversé. C’est une terre qui me parle ; ce sont des collines parcourues, à perte de vue, livrant les secrets de mes premières aventures : les sources et les glacières de la Sainte Baume, les vestiges de restanques romaines, les fours à cade, les avens mystérieux, les grottes et les abris abandonnés de bergers…
Le goût du vin me vient probablement de mes premières vendanges effectuées en 1987 au Château de Pibarnon, alors jeune propriété émergente d’une appellation méconnue : BANDOL. Depuis cette date j’ai vu, acquis et découvert chaque millésime avec une émotion associée à mes souvenirs d’enfance et rythmée par la personnalité propre à chaque vendange.
L’amitié qui me lie depuis cette date à Eric de Saint-Victor, ce vigneron entrepreneur, possède donc le même âge que certaines restanques que j’ai vu construire et qui un jour, abriteront les vieilles vignes que j’aurai vu grandir.
Tout apprendre, tout entreprendre ? C’est possible !
Quand on arrive au bout de cette route grimpante qui serpente à flanc de colline on imagine le Château de Pibarnon perché au sommet depuis 2 siècles.
S’il se trouve parmi vous un lecteur qui se pose un jour la question de savoir s’il est possible d’entreprendre dans le vin, faites le voyage, installez-vous face à la vue, sur ce promontoire dominant les vignes, tournez vous pour admirer la façade de la propriété et sachez que tout ce que vous verrez a été construit année après année par cette famille d’entrepreneurs de Père en Fils.
Pour passer de 6 à 50 ha en 20 ans, il a fallu travailler d’arrache-pied, défricher, restaurer, bâtir des restanques, et planter…Avant de pouvoir contempler aujourd’hui un cirque de vigne qui rappelle l’amphithéâtre Grec d’Epidaure, dont les sous-sols renferment des marnes bleues du Santonien… les mêmes que sur les terroirs d’Yquem et Petrus ! Rien que ça…
Au sommet de l’appellation Bandol : le château de Pibarnon
Le terroir expliquerait-il à lui seul l’expérience de dégustation qui balaye un à priori tenace selon lequel un Bandol est d’abord puissant massif et viril ?
Puisque « le travail du vigneron est de ne rien faire, mais de le faire intelligemment » pour reprendre l’expression d’Eric, nous ne connaîtrons pas le secret de ce Mourvèdre qui, à Pibarnon et selon Pierre Casamayor, est un « macho latin qui s’habille de soie et cultive le baisemain »…
En langage clair, l’expérience de dégustation c’est la surprise de découvrir un vin rouge à base de Mourvèdre attendu un peu "macho" ...Et capable de marier :
densité et finesse,
puissance et élégance,
soyeux et matière.
Quand beaucoup d’années ont passées, une seconde expérience mémorable est vécue à l’ouverture d’un vieux millésime qui dévoilera des arômes de cuir et de truffes, rares et recherchés.
Rosé de soif ou rosé de Gastronomie ?
Choisissez votre moment ! Si vous voulez épater vos amis au bord de la piscine vous le ferrez assurément en affirmant qu’il s’agit là de la 'Rolls Royce' des rosés.
En revanche, vous serez plus avisé de sortir un Pibarnon rosé au bord d’une jolie rivière ou sur votre table d’été en affirmant que celui ci tiendra la route de votre dîner. Car Pibarnon n’a pas cédé aux sirènes ‘bombonnées’ des rosés faciles d’été et habille cette couleur de matière vineuse et suave qui gagne en complexité après 2 ou 3 ans de cave.
Bref, si vous avez soif, passez votre chemin et surtout oubliez les glaçons !
Rosé d'assemblage, rosé de saignée ou rosé de presse...? Pour y voir plus clair, je vous emmène 13 minutes voir l'épisode Découvrir Bandol avec le Château de Pibarnon.
En écrivant sur Pibarnon, l’envie me prend de partager avec vous une dernière expérience : celle de la relation entre un vigneron et un amateur de vin.
Tout au long de mon parcours d’initiation, je réalise que le choix d’un vin dépend fréquemment de la relation que l’on a avec un vigneron. En créant avec eux des instants de rencontres répétés, des moments de partage autour de leurs vins, nous créons une vinothèque émotionnelle qui nous amènera toujours à affirmer que, décidemment, parmi tous les vins d’une région, c’est celui-ci que l’on préfère !
Alors vous aussi, rendez visite aux vigneron(ne)s que vous aimez et vous verrez se construire année après année l’assurance de votre goût...Dicté par les émotions de vos rencontres bachiques !
De mon côté, je filerai cet été retrouver mon ami de 1987 pour notre pique nique annuel sur l’île du Rouveau, au milieu de la baie de Bandol, arrosé de Pibarnon rosé que notre amitié me permet de boire avec grand soif !
Ciao Eric !
Voir l'épisode de la série Un Verre de Terroir: Découvrir Bandol avec le Château de Pibarnon
Entre les 3 Léoville, mon coeur balance...
Mercredi 22 Juin au Château Léoville Poyferré.
3ème jour à Vinexpo, 3ème 'Vinexpo Off'… Les yeux pleurent un peu de fatigue et je m'arrête 20 minutes, en contre-bas de Saint Julien pour m'assoupir au bord de la Garonne, à peine le temps de compter les quelques minutes d'avance que j'ai sur l'heure à laquelle je suis convié, en privilégié, au cocktail Vinexpo 'Off' du Château Léoville Poyferré.
Entre les 3 Léoville, Poyferré, Las Cazes et Barton, le coeur de tous les amateurs balance…
A Saint Julien, c'est le grand jeu...Qui est le meilleur cette année??
Pour moi, les jeux sont faits depuis quelques temps; sans doute une histoire d'affect : C'est toujours pareil, on va toujours vers ceux qui vous aiment le plus et, il y'a un an, quand je cherchais à tourner l'épisode Saint Julien de la série Un Verre de Terroir et que Didier Cuvelier m'a répondu :"Venez!" ...Forcément le cœur a commencé un peu à chavirer.
Didier Cuvelier : bâtisseur de vignoble, de chai et d’équipe !
Reprise en 1979 la propriété est qualifiée de ‘bijou en mauvais état’ par son nouveau repreneur, Didier Cuvelier qui, par modestie, voit en ce point le seul mérite dont il puisse être crédité. Année après année il convainc son entourage de planter 2 hectares par an pour reconstituer un vignoble couvrant aujourd’hui 80 hectares où cohabitent 4 cépages (Cabernet Sauvignon 60%, Merlot 30%, Petit Verdot 8% et Cabernet Franc 2%).
Ce travail de conquête de nouvelles parcelles contribue à donner à Poyferré un caractère plus complexe à ses vins qui ne sont pas issus de parcelles d’un seul tenant mais proviennent d’une mosaïque des meilleurs terroirs de l’appellation. La vendange subit trois tries successives et l’encuvage est effectué par cépages et par parcelles. Ici aussi on connaît la signification du mot parcellaire !
En 1991 Didier Cuvelier est l’un des précurseurs de la course effrénée dans les chais Médocains vers un modernisme inspiré par les architectes les plus flamboyants; il refait le chai avec l’aide de l’architecte bordelais Olivier Brochet dans un style moderne intemporel, qui donne l’impression, quand on y pénètre d’être dessiné d’un coup de crayon de la toute dernière génération.
(voir le film)
Enfin, vous ne l’entendrez jamais parler du succès grandissant de la propriété sans mentionner son équipe : Isabelle Davin, œnologue, que vous retrouverez dans le film, Didier Thomann et Brunot Clenet à la cave.
Si vous voulez savoir pourquoi il existe 3 Léoville (Poyferré, Las Cazes et Barton) à Saint Julien, pour comprendre la différence entre Pauillac et Saint Julien, pour savoir la différence entre premier et second vin, pour participer à une dégustation à la barrique organisée pour tester le marquage du bois, avant d’assister à une opération de remontage du vin en cave…
…Regardez l’épisode
Comprendre Saint Julien avec le Château Léoville Poyferré
où Didier Cuvelier nous reçoit pour un cours de dégustation très pédagogique.
Alors forcement, Mercredi dernier, je n’aurais manqué ce rendez-vous de Vinexpo Off sous aucun prétexte !
Ha oui…Comment qualifier la différence entre les trois Léoville? Allez ! :
- Barton : le plus charnu
- Las Cazes : le plus massif, le plus Pauillac !
- Poyferré : le plus fin et le plus complexe
Alors si mon cœur a penché d’un côté, vous ne vous ferrez pas de mal, avec aucun des trois !
...Et visiblement, je ne suis pas le seul à le penser: