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S'observer du futur, nostalgie ou mélancholie ?
La muse observatrice- Fattoum Abidi
La muse observatrice
Ses poumons rêveurs vibrant,
Se remplissant de l’amour pur
L’espace embrasse la quiétude divine,
Depuis le ventre de la mer splendide
Apparaissent des vagues candides.
L’âme romantique est emportée,
Les douleurs sont saccagées.
Le milieu regroupant un ciel magique,
Ses nuages se forment en dessins fantastiques,
Avec sa couleur orange
Le soleil peint son lit nocturne.
L…
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Observatrice - 1
Nuit. Il est tard, Eloize dort, et pour ne pas la réveiller le son de la télévision est au minimum. On entend plus les grésillements de l'appareil que la musique du jeu vidéo.
Maat est par terre, assis sur le tapis, fraichement lavé. Maat, pas le tapis.
Tout les soirs, je le vois rentrer des cours, se déchausser, se mettre à son bureau, étudier ses planches d'architecture, le visage mêlé d'agacement et d'épuisement; puis, quand il semble sur le point de craquer, il met d'autres chaussures et disparait de nouveau pendant deux ou trois heures. Enfin, il rentre de nouveau, fatigué mais heureux. Mais aussi tout transpirant. Il se téléporte alors à la douche, et quand il en ressort, il est enfin à moi. Enfin, quand il n'allume pas sa console.
Fraichement douché, donc, et assis par terre parce que le fil de la console ne lui permet pas d'aller sur le canapé.
Maat est baigné de la lumière bleue de l'écran de télévision, lumière qui sursaute parfois au rythme des images saccadées; en arrière plan, la lampe de bureau contraste de son aura orangée sur les contours bleus de la mâchoire de Maat. Allumer les plafonniers, c'est trop mainstream. Je me repais de ces teintes jetées sur sa peau.
Sa manette cliquette doucement. Ses mouvements sont rapides et précis, malgré son attitude complètement désinvolte. Il vient d'enchainer quatre perfect d'affilés? No big of a deal.
Je l'observe depuis un moment maintenant. Comme tout les soirs je n'ose pas venir le déranger. Il y a quelque chose d'étrange dans ces habitudes que nous avons prises. Ce n'est pas vraiment chez moi, mais Eloize dit que ce n'est plus vraiment chez eux si je n'y suis pas.
Le four sonne depuis la cuisine; il m'appelle, tend la manette vers moi; je saute de la banquette, la prend, tente de prendre la partie en cours pendant lui s'enfuit vers la terre promise. Je ne pense pas être mauvaise à ce jeu-là, mais après une telle maitrise, je fais pâle figure.
Je suis concentrée. Tellement que je n'entends pas ses légers pas sur le parquet. Je le sens m'effleurer le dos, et l'odeur de chocolat m'entourer, me submerger. L'assiette en porcelaine tape doucement quand il la pose à ses cotés. Il s'assied derrière moi, pose son menton sur mon épaule.
— T'en veux un? me demande-t-il. — Je voudrais bien, mais j'ai les mains légèrement occupées vois-tu.
Il prend un cookie qu'il me colle dans la bouche.
— Fa fest fraiment malin mmhh. — Mange.
Il passe ses mains autour de ma taille, et reprends le contrôle de la partie. Je suis prise au piège dans ce demi-câlin avec Maat avachit derrière moi et sur moi. Je n'ose pas bouger alors je mange mon cookie comme une souris. Putain, qu'est-ce qu'il joue bien, s'en est agaçant. Je sens ses cheveux qui gouttent dans mon cou, et je frissonne. Il l'a senti, et pose ses lèvres dans l’entrebâillement de mon col.
Vu les contrôles de son personnages, je pense qu'il ne regarde plus trop l'écran. Je reprend la manette, histoire de sauver les apparences. Enfin d'essayer, parce que c'est pas facile de garder les yeux ouverts maintenant. Il profite de ne plus avoir de manette à tenir pour laisser ses mains trainer n'importe ou.
— Et la partie, je dis en protestant. — On s'en fouuuuut, j'ai déjà terminé ce jeu trois foiiiis. — Pourquoi on y joue alors? — Ca c'est une bonne question.
Sur cette phrase, il se lève d'un coup, se baisse et me chope, puis me porte les quelques pas qui nous séparent du canapé, sur lequel il me pose et me rejoint.
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