Embrasse- moi : the lesbian rom com we've all been waiting for
Things I learned during the debate with Oceanerosemarie ( lesbian director/writer/actress of the French movie Embrasse Moi) :
- she made the movie because it’s a kind of movie she wished she could have seen when she was younger
- finding financing for a lesbian romcom is tricky (who would have thought…..) and financing from public channels like France 2 and France 3 was refused for this very reason. “They liked the script but it’s gay…”
So it was partially financed by Canal + but they had to cut back on some scenes that they had planned because of budget.
- she wanted to have the other lead actress be an actress who is queer & out in France for a better representation but turns out there are like 2 so she couldn’t.
- the actress they chose (Alice Pol) couldn’t care less about playing a lesbian and she actually remained faithful to the movie despite her having lots of other successful projects during the 4 years it took to make the movie.
- the choice to have a butch lesbian and a feminine one as leads was a conscious one and the movie also portrays lots of different types of lesbians to show that there isn’t just one stereotype.
- She chose to show a lesbian with muscles & short hair (herself) as the lead because most of the lesbian movies we have show 2 very feminine lesbians and she wanted to break with this trend.
- she said that when they got all the lists of candidates for the casting, 85% on there of them were white and she said if they hadn’t paid attention to it, the movie could have easily been all white people.
What I’m saying is that if you can, please go see it. The movie comes out on July 5th in France.
Sorti en même temps que les grosses productions telles que Spiderman Homecoming, Dunkirk ou encore La Planète des singes, c'est pourtant de Embrasse-moi! dont j'ai envie de vous parler.
"Océanerosemarie déborde de vie, d’amis et surtout d’ex-petites amies. Mais elle vient de rencontrer Cécile, la "cette-fois-c'est-vraiment-la-bonne" femme de sa vie ! Même si elle ne lui a pas vraiment demandé son avis... Il est temps pour Océanerosemarie de grandir un peu pour réussir à la conquérir. En sera-t-elle seulement capable ?", oui c'est une comédie romantique.
Je ne sais pas par où commencer, peut-être par dire que quand j'ai demandé ma place pour le film, l'agent d'accueil m'a dit "ah ça doit être chouette ce genre de film", et je vous jure que j'ai juste pensé "mais elle n'a jamais vu de comédie romantique?", et que j'ai mis au moins 10 secondes à comprendre ce qu'elle voulait dire.
Ensuite, j'ai entendu/lu ce genre de remarques :
- Je ne sais pas si je vais aimer, je ne suis pas concernée : certes, dans ce cas je ne devrais pas être concernée par environ 99,9% des films que je vais voir, ni être concernée par des films montrant des aliens car malgré la légende urbaine, je suis bien de cette planète
- Tu aimes parce que tu es lesbienne : je suppose que donc partant de ce principe les hétéros aiment TOUTES les comédies romantiques principalement hétérosexuelles? bon, ok tout le monde aime Dirty Dancing mais il doit quand même bien avoir quelques exceptions cinématographiques.
- Depuis quand tu aimes les comédies romantiques? J'aime celles qui sont bien faites, excusez-moi d'être exigeante.
Voilà, je crois avoir fait le tour des remarques, passons à pourquoi j'ai aimé ce film au point de le voir déjà deux fois et pourquoi je vous le conseille quelque soit votre orientation sexuelle :
- Personne ne meurt, énorme spoiler, je sais, mais il fallait le dire et franchement c'est peut-être un détail pour vous mais pour nous, les lesbiennes, ça veut dire beaucoup
- Pas de clichés, oui on reste amies avec nos ex (du moins un certain temps), oui on se connait toutes et on se jauge, le seul cliché qu'on pourrait reprocher ce serait d'avoir un couple butch/feminine sauf qu'en fait toutes les lesbiennes sont au final représentées, et ça c'est beau! En fait, quand une lesbienne écrit sur les lesbiennes et sur son vécu, ça s'appelle plutôt la vie que des clichés
- C'est drôle, très drôle, Océanerosemarie que certains connaissent sans doute via La Lesbienne Invisible réussit une vraie comédie
- Les actrices principales sont géniales, et les autres aussi, Michelle Laroque est juste incroyable, et je suis amoureuse d'Alice Pol, voilà ça c'est dit aussi.
- La musique signée Jeanne Added est bien mise en place et apporte un plus considérable
J'ai aimé Embrasse-moi! parce que je suis sortie le sourire aux lèvres, les deux fois, alors si vous aimez les comédies romantiques, celles dont on connait déjà la fin mais qui nous font quand même plaisir, foncez! Le film est diffusé dans peu de salles, il a fallu 4 ans pour qu'elle trouve les financements, France Television lui ayant fermé la porte au nez (je vous laisse devinez pourquoi), c'est finalement Canal qui a apporté sa contribution en plus de son financement personnel, un peu d'audience et sortir de la salle heureux est la plus belle récompense de Oceanerosemarie.
“Justice”, à voir aussi immédiatement que le sont les comparutions dénoncées.
La justice porte-t-elle bien son nom ou devrait-on l’appeler, au contraire, l’injustice?
Dans sa pièce éponyme, Samantha Markowic nous interroge.
Il faut savoir qu’après avoir été agressée, cette dernière a éprouvé le besoin d’écrire sa première pièce sur l’appareil judiciaire. En effet, son agresseur ayant été libéré juste après sa comparution immédiate, il a donc pu continuer ses attaques librement, en laissant d’autres victimes impuissantes face à cette injustice, mortifiées, brisées parfois à vie. Alors, à la façon dont Raymond Depardon dans son documentaire 12 jours filmait des patients d’un hôpital psychiatrique confrontés à un magistrat qui allait décider de leur avenir, l’auteure a quant à elle entrepris d'observer pendant une année complète la procédure expéditive des comparutions immédiates. Samantha Markowic en a également profité pour poser des questions aux juges, aux avocats tout en écoutant très attentivement les victimes/accusé(e)s dont elle a retranscrit avec justesse les propos, sous la forme théâtrale.
Chaque saynète que nous voyons est donc tirée d’un fait réel, d’une histoire vraie... Odieuses scènes d’audience qui rendent l’injustice souvent inaudible tant elle détruit l’humain, foudroyante. Mais aussi inoubliables moments cocasses tant le système judiciaire est parfois absurde et les situations, rocambolesques; notamment avec cette dame amnésique qui est sortie nue de chez elle -mais avec ses clefs précise-t-elle fièrement!
Les scènes se succèdent à vive allure: de la jeune Rom arrêtée tous les matins au même endroit, mais que l’on relâche faute de mieux, à l’agresseur qui frappe à répétition, en passant par le futur djihadiste emporté par son fanatisme, sans oublier celui qui subit les conséquences dramatiques d’un bizutage. Une scène, sans doute la plus frappante, a retenu notre attention: la femme qui, dans sa famille d’accueil, s’est occupée pendant sept ans de deux enfants avec l’amour d’une mère, leur témoignant une affection sans borne qu’ils n’ont jamais reçue de la leur, absente pendant toutes ces années... et à qui on interdit brusquement et formellement de les voir car la mère biologique veut les “reprendre” sans autre forme de procès, si l’on peut dire...
Vous l’avez compris, dans cette pièce, on passe rapidement du rire aux larmes tandis que les comédiennes changent de rôle avec une maestria incroyable et un rythme déconcertant. En alternance, le trio Naidra Ayadi, Fatima N'Doye, Océane Rosemarie & Camille Chamoux, Camille Cottin et Samantha Markowic (tout dépend du soir où vous y allez) endossent tour à tour le rôle des victimes, des avocats, des juges, mais aussi des agresseurs. Les talentueuses comédiennes, chacune à leur manière, incarnent en quelques secondes un personnage parfois aux antipodes de l’individu joué juste avant, changeant en un claquement de doigts la gestuelle et le langage. Un ballet plein de fluidité porté par une musique électronique saisissante qui nous fait oublier les changements de décor. On éprouve souvent de l’empathie pour ces personnages si différents.
Cependant, pas d’incrimination partiale pour autant. Comme elle le dit dans son interview avec le chroniqueur Yvan Amar pour RFI, Samantha Markowic désire “montrer un système” et nous y faire réfléchir sans nécessairement prendre parti de façon lapidaire.
Vous l’aurez constaté sans doute, la distribution est exclusivement et volontairement féminine, tout comme la mise en scène marquante signée par une femme: Salomé Lelouch. Parlons justement de cette scénographie extrêmement bien trouvée: minimaliste mais pleine de finesse avec ces piles de dossiers qui s’accumulent sur scène au fur et à mesure que la pièce avance et que les comparutions s’accélèrent... Métaphore d’un personnel débordé, dépassé, submergé par tous ces dossiers à expédier; les juges escaladent des montagnes de dossiers non lus, s’assoient même dessus pour prononcer le résultat d’une délibération à grande vitesse. L’espace devient de plus en plus suffocant à mesure que les papiers s’entassent dans ce subtil contraste de noir et de blanc.
Du latin “audire”, selon l’étymologie, dans une audience, on s’écoute. Or ici, on sent bien que la détresse des accusés est ignorée, tue, tuée... balayée par manque de temps et de compassion. Comme le dit toujours l’auteure du texte, dans son entretien sur RFI, “on juge un acte et non une personne, ce qui est l’inverse des Assises”. Fort heureusement, par le texte et le choix de mise en scène, le public éprouve de l’empathie pour chacun, de la victime à l’accusé. Ce qui peut être troublant car, grâce à ce texte très fort, on comprend que les accusés qui arrivent en comparution immédiate - sans vouloir évidemment les excuser de façon manichéenne- nous posent des questions quant à l’exercice de la justice de notre société...
On aimerait rencontrer encore plus de personnages, car la pièce passe bien trop vite, ce qui donne à “immédiate” tout son sens...! Ainsi, alors que nous quittons ce magnifique Théâtre de l’Oeuvre, la phrase de Victor Hugo, prononcée lors de la pièce, résonne et nous conduit à une profonde réflexion: “ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons..!”
Retrouvez Justice à Paris, au Théâtre de l'Oeuvre, jusqu'au 31 mars 2018.
Je recommande à tout le monde d'aller voir Chatons Violents, le dernier spectacle d'OcéaneRosemarie, au théâtre de la Gaïté Montparnasse.
Que vous soyez BlancHEs ou non (mais surtout si vous êtes BlancHE et de gauche!!) et si vous en avez les moyens, dépensez ces 25€ et passez de l'autre côté du miroir.
Son spectacle est hilarant et extrêmement important, en plus d'avoir des chats dedans. Merci Océane, j'avais pas ri comme ça au théâtre depuis longtemps.
Bref, à ne pas rater! Les alliéEs comme ça, ça court pas les rues.
Dans le nouveau numéro de @be_magazine : le meilleur de la scène humour avec #Oceanerosemarie, #SophieMarieLarrouy, #AudreyVernon et #BlancheGardin! La double page parfaite signée Johanna Luyssen✌️#chatonsviolents