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Rj Musica - Noche De Locos | Video Lyrics #RjMusica
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El Tachi - Si No Fuera | Video Oficial
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Décoloniser le feminisme : une perspective de l'Amérique latine et des Caraïbes. Par Ochy Curiel
Ce texte était dans une brochure que j’ai eu en cours, le meilleur cours que j’ai dans ma carrière d’étudiante paresseuse, de part la méthode et le contenu. Il s’appelait ‘genre et mondialisation’ et est tombé au moment où je cherchais à me renseigner sur les rapports de domination leurs imbrications etc (intersectionnalitey tout ça tout ça) et MOI, mon identité, voir dans quel caca j’étais fourrée etc. C’est le cours qui m’a le plus servi et qui me sert encore. J’espère que la prof qui faisait ce cours ne tombera pas sur ce blog, ou si c’est le cas j’espère que ça la gênera pas de voir que j’ai publié les textes qu’elle a ‘brochurés’ ici.
ps: Si j’ai posté ce texte en premier c’est parce que c’est le premier que j’ai trouvé.
ps part II: j’aime bien inventer des mots
Décoloniser le féminisme : une perspective de l’Amérique Latine et des Caraïbes. Par Ochy Curiel
On lit et on entend depuis longtemps que le féminisme a été une proposition née des Lumières. Depuis le point de vue d’une histoire vue comme linéaire et euro-nord-centrique, il est affirmé que le féminisme est né avec la Révolution française, comme si avant ce fait et dans d’autres lieux du monde que l’Europe, les femmes ne se seraient jamais opposées au patriarcat. Cette vision met en évidence une relation de savoir-pouvoir qui est liée à la naissance du système-monde-moderne! le moment où l’Europe se construit comme dominante sur le reste du monde.
Mais si on définit le féminisme comme toutes les luttes de femmes qui s’opposent au patriarcat, on devrait construire sa généalogie en prenant en compte l’histoire de beaucoup de femmes, vivant dans des espaces temps très différents. C’est pour moi le principal geste éthique et politique de la décolonisation du féminisme: reprendre différentes histoires qui sont un peu ou presque jamais racontées.
Je me propose dans cette présentation de raconter une autre histoire, une histoire du féminisme de l’Amérique Latine et des Caraïbes, une histoire qui a été invisibilisée à travers les époques. Son invisibilisation est liée au processus de colonisation et de colonialité historique qui a façonné les pratiques politiques et les théories. Pour cela, j’ai utilisé le concept de décolonisation comme proposition épistémologiques, comme politique pour expliciter et partager les propositions critiques des féministes de la région, des propositions autonomes et radicales.
Notre proposition articule la race, l’ethnie, la classe, et la sexualité, comme les piliers centraux de notre politique ancrée dans une région particulière. La décolonisation comme concept ample se réfère au processus d’indépendance des peuples et des territoires qui ont été soumis à la domination coloniale, politique, économique, sociale et culturelle.
Quand je me réfère au processus de décolonisation, j’insiste sur la dimension culturelle à cause de l’impact qu’elle a eu sur la conscience critique des intellectuels et militants. Ces processus de décolonisation ont ensuite données naissance aux études postcoloniales, culturelles et subalternes qui placent en leur centre, la construction de sujets politiques dans le contexte postcolonial.
Ces postures ont questionnées la relation savoir-pouvoir et posent comme principe que la naissance de l’Amérique est un produit de la modernité. Un continent commence à exister comme “Amérique” quand l’Europe se construit en référence à ce qu’elle définit comme sa périphérie, l’Amérique. La relation implique une structure de domination et d’exploitation traversée par la race, la classe et le régime de l’hétérosexualité. Ce système a commencé avec le colonialisme mais continu encore aujourd’hui. Anibal Quijano dénomme ce canevas mondial, la colonialité du pouvoir, qui met en évidence comment l’Europe se pense comme le centre de la modernité et comme la matrice de la civilisation que les autres sociétés doivent atteindre. La colonialité du pouvoir a donné lieu à l’occidentalisme qui définit une moi-occidental construit par sa différence, dans ce cas, sa différence coloniale. La différence coloniale dilue l’Autre dans la modernité, elle incorpore et le déstabilise.
Cette colonialité a aussi traversé le féminisme. Un féminisme qui représente les femmes du Tiers-Monde comme des objets et non comme les sujets de leur propre histoire et de leurs expériences particulières. Cela a donné lieu à une représentation discursive et autoritaire des femmes du premier monde sur les féministes non-européennes qui les cantonnent à l’extérieur, et non pas à l’intérieur des structures sociales. Les femmes du Tiers-Monde sont toujours vues comme des victimes et jamais comme des agentes de leurs propres histoires et des actrices d’importantes expériences de résistance sur le plan des luttes et de la théorie.
Un processus de la décolonisation depuis les expériences situées des Amériques Latines et des Caraïbes suppose donc de faire émerger différentes propositions épistémologiques et politiques pour relocaliser la pensée et l’action, et pour annuler l’universalisation de la modernité occidentale.
La décolonisation pour nous, concerne une position politique qui traverse la pensée et l’action individuelle et collective, nos imaginaires, nos corps, nos sexualités, nos formes d’agir et d’être dans le monde. La décolonisation crée une sorte de marronage intellectuel, des pratiques et des pensées ancrées et en accord avec les expériences concrètes. Il s’agit de colonialité du pouvoir. Et de reconnaître l’hybridation, la polysémie, la pensée autre, subalterne et frontalière. Ces propositions du féminisme latino-américain et caribéen, sont des positions d’opposition au féminisme blanc, hétéro, institutionnel et étatique. Un féminisme qui se pense et se repense soi-même au prisme de la nécessité de construire une pratique politique qui considère l’imbrication des systèmes de domination comme le sexisme, le racisme, l’hétérosexisme et la capitalisme. Parce que prendre en compte cette matrice de la domination c’est ce qui donne au féminisme une direction radicale (Hill Collins).
Les féministes latino-américaines et des caraïbes partagent les postulats des années 60’ et 80’ des afro-féministes, chicanas et lesbiennes radicales. Elles reconnaissent dans leurs écrits une position décoloniale. Les féministes latino-américaines et des caraïbes d’aujourd’hui s’inscrivent dans une généalogie féministe qui pense la continuité d’une histoire construite par de nombreuses femmes à différents moment de l’histoire.
Bien que beaucoup de ces féministes remettent en cause le sujet féministe vu comme la femme de la classe moyenne, blanche et hétéro, leurs analyses sont limitées par des pratiques et des théories basées sur la différence et l’identité comme fondement de leurs revendications et comme moteur de leurs actions. Cette politique de l’identité est nécessaire pour critiquer les fondements de l’universalité eurocentrique, et de la modernité et de la colonisation. La politique de l’identité permet d’affirmer la nécessité de comprendre les sujets sociaux depuis une diversité d’expériences, de formes de vie spécifiques, concrètes et changeantes. Mais la politique de l’identité n’est pas suffisante. La théorie Queer pose aujourd’hui une question importante qui nous met face à une nouveau dilemme: les identités sont-elles essentialistes ou sont elles des stratégies contextualisées et construite par des femmes racialisées (racisées ?) et indigènes ? Cette question nous amène à considérer les identités comme des stratégies de positionnement et non comme des fins en soi.
Parallèlement, dans les années 90’, une partie des féministes critiques et radicales se sont affirmées autonomes face au phénomène d’institutionnalisation, d’ONGnisation, contre le fait que se soient les conférences mondiales organisées par l’ONU qui définissent les priorités du mouvement féministe, contre l’ingérence de la Banque Mondiale comme actionnaire du mouvement féministe et face à la cooptation de beaucoup de féministes par les Etats, les gouvernements et les partis et contre la dépendance idéologique et économiques.
L’expériences de ces mouvements féministes autonomes ont proposé un féminisme excentrique, de l’extérieur, de la frontière, communautaire, depuis les marges comme espaces de possibles (?? ‘de possibilités’ ?). Depuis les marges, construire sa propre théorie et une pensée décoloniale contre les relations de savoir-pouvoir.
(…)
Un autre thème urgent que l’on doit développer en relation avec une proposition décoloniale et transformatrice, c’est la production de la connaissance. Nous pourrions affirmer en considérant la production théorique et éditoriale qu’en Amérique Latine et dans les Caraïbes peu de choses ont été produites, en comparaison avec le féminisme européen et nord-américain. Cela a à voir avec les conditions matérielles et sociales de ces régions du monde. Mais cependant, il y a des productions importantes, et surtout beaucoup de pratiques politiques peu théorisées et conceptualisées. Ces propositions sont malheureusement considérées par le monde académique et politique comme du pur activisme qui n’est pas apte à la consommation académique et théorique. (…)
Ce fait met au centre de la question la relation savoir-pouvoir et le binarisme entre théorie et pratique, entre la connaissance pure et la connaissance politique. Ce binarisme nous amène à reconnaitre un certain type d’écriture seulement et institue une division et une hierarchie entre pratique et théorie. Il est une négation évidente que pratique et théorie sont deux formes de discours qui produisent également des changements et des transitions sociales.
Est ce que la pensée féministe de l’Amérique Latine et des Caraïbes est vraiment décolonisée ? Je réponds non. Quand nous réagissons au colonialisme historique depuis une perspective binaire qui divise théorie et pratique, nous continuons de penser que nous sommes privées de quelque chose et que ce quelque chose qui nous manque pour nous transformer se trouve en Europe et aux Etats Unis.
(…)
Les féministes Tiers-Mondistes qui ont réussi à influencer le féminisme européen et nord-américain l’ont fait parce qu’elles se trouvaient dans les lieux privilégiés de l’académie aux USA. L’internationalisme ou le transnationalisme du féminisme n’existe aujourd’hui qu’en considérant les USA et l’Europe comme la référence. Si le féminisme a critiqué les présupposés de la raison universelle masculine et eurocentrée, il ne s’est pas libéré complètement de ses propres logiques masculines et eurocentriques.
Dans le cas du féminisme latino-américain, cela est évident si on regarde la division entre théorie et pratique et la reconnaissance des théories européennes et nord-américaines au détriment des latino-américains et des autres pays du Tiers-Monde. L’histoire latino-américaine est subalterne face à l’Europe et aux Etats Unis, la pensée théorique et politique aussi est subalterne, les productions de connaissances des Afro-descendants, des lesbiennes, des féministes indigènes, sont les plus subalternes de toutes les histoires. Le décentrement du sujet universel du féminisme comporte encore la centralité eurocentrique, universaliste et n’arrive pas à se défaire de cette colonisation.
(…)
Ce qui donnerait de la force au féminisme latino-américain d’être reconnu comme une proposition théorique critique et une épistémologie particulière serait de se défaire de la dépendance intellectuelle euro-centrique. Décoloniser pour nous supposerait de pouvoir dépasser le binarisme entre théorie et pratique. Sinon nous continuerons d’analyser nos propres expériences avec les yeux impérialistes, avec la conscience planétaire qui définit l’Europe et l’Amérique du nord comme le centre du monde et le reste du monde comme l’Autre non-civilisé, irrationnel, naturel et mensonger. Parallèlement le défi ethique et politique des feministes européennes et nord-américaines est de reconnaitre les expériences latino-amércaines et des Caraïbes comme une partie de la généalogie féministe; c’est seulement comme ça qu’un féminisme transnational sera possible, basé sur la complicité et la solidarité de nombreuses féministes avec qui on partage les memes projets d’émancipation.
Je crois que ce texte a été retranscrit par la personne qui dispensait le cours, je n’en connais malheureusement pas la source, je vais continuer à chercher. Si quelqu’un trouve ce serait cool de me le signaler.
Petite bio d’Ochy Curiel d’après la revue mouvement :
"Ochy Curiel, de nationalité dominicaine, enseigne à l’Université nationale de Colombie. Elle a écrit plusieurs articles sur la relation entre race, classe, sexe et sexualité et milite au sein du mouvement féministe, antiraciste et lesbo-féministe d’Amérique latine et des Caraïbes. Ce travail a été publié en espagnol et dans une version plus longue : Nómadas n° 26, IESCO, Bogotá, avril 2007. Traduit de l’espagnol par Florence Brisset-Foucault, relu par Jim Cohen.”
Trouvée dans cet article (de Ochy Curiel)
" Critique postcoloniale et pratiques politiques du féminisme antiraciste"
Je viens d’en trouver une autre dans un bouquin que je m’étais procuré parce qu’elle était dedans “Lesbiannisme et féminisme. Histoires politiques”
"Ochy Curiel, compositrice, chanteuse, lesbienne, et féministe, afrodominicaine. Elle est aussi chercheuse et consultante, diplomée en science sociales. Elle mène actuellement (en 2003 …) une recherche sur les stratégies politiques des groupes de femmes noires contre le racisme et le sexisme au Brésil, au Honduras et en République Dominicaine"
Si y’a des coquilles vous pouvez les signaler, si vous avez des critiques à faire hésitez pas ! J’avoue que j’ai la flemme de réfléchir.
Bahagia adalah ketika mereka yang kita sayang, memiliki rasa sayang yang sama pada kita. Terimakasih sahabat-sahabatku.
Sahabat Kecil Kalian
hallo patrick
hayy :)