La voix d’Otto Steinmann changeait toujours littéralement quand il entrait dans la chambre où sa femme Myrrha, reposait dans un coma profond et mystérieux. Herr Steinmann, le manteau bleu, était connu pour avoir une voix assez froide et cassante, cette voix qui sait donner des ordres et faire en sorte d’être obéis, celle qui profère des menaces que l’on prend au sérieux. Mais quand Herr Steinmann parlait à sa femme, qu’il s’asseyait au bord de son lit, comme tous les jours depuis qu’elle avait fermé les yeux, sa voix était celle que Frau Myrrha Steinmann était l’une des rares à connaître : plus douce, plus posée.
« I can’t stay too long, Alec and Polly are with my mother. Yesterday… Polly’s teacher took her robbing in the class, dit-il en soupirant. As you can imagine, I had to blame her, but she doesn’t listen to me, no matter if I tell it softly, with understanding, if I take time to explain to her… Or if I get mad. She is young… She doesn’t understand that once you enter in business, business won’t leave you ever, no matter what you could do or how much distance you put between your past in business and your life. Even the greatest business women of our story didn’t… I think… That Polly starts to hate me, while I am trying to protect her… Because she thinks I just want to stop her doing what she wants to. »
Le père de famille baissa les yeux et poussa un soupir. Il n’avait pas pu empêcher son fils d’emprunter la même voix que lui et après la tragédie qu’Alec avait traversé, il n’avait plus eu le coeur de lui mettre de bâton dans les roues. Le business était plein d’hommes brisés comme son fils l’était déjà à son jeune âge. Mais il voulait préserver sa fille de cela, de ce milieu qui était encore plus cruel pour les femmes et plus dévastateur encore. Comme Oswald aurait voulu le faire.
« If you were here… She would listen to you… I would not fail as I do… She would have a role model. Sure, mamma tries her best, but Polly misses her mother, even if she met you just few minutes. Alec does too, of course. He, too, tries his best with Polly. They seem to be close, I guess I can be proud of that. He is a good boy. »
L’allemand fit une pause dans son monologue. Il détailla les traits de Myrrha et vint doucement caresser sa joue froide. Rapidement, il sortit sa montre de son veston pour regarder l’heure. Il ne lui restait pas beaucoup de temps. Otto serra doucement la main de Myrrha dans la sienne.
« I miss you, Schatz. I do my best to find out how to see you open your eyes again but I don’t know who I must pray anymore. I hope… you can see us, in a way or another… and that you don’t think that I do such a shitty work because on my point of view, I totally fuck everything, avoua-t-il en poussant un soupir. I miss your voice… even the one telling me « Is it an hour to come back home ?! Ew, you smell alcohol ! ». I didn’t go this far since you’re here. I couldn’t imagine how low could be Polly’s esteem of me if I tried… »
Finalement, Herr Steinmann se pencha sur son épouse pour déposer un baiser sur son front et caresser sa joue une dernière fois. Il lui murmura un habituel « tomorrow Schatz, I love you » avant de se lever et de partir en jetant un dernier coup d’oeil vers Myrrha avant de fermer la porte lentement, comme dans l’espoir qu’elle s’éveille avant que la porte ne claque.