LE DROIT DES FEMMES RAMENÉ À UNE PROPAGANDE MUNICIPALE (qui cache quelque chose...)
Le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes, déclarée comme telle par l'Organisation des Nations-Unies en 1977. Cette date est l'occasion chaque année de rappeler les avancées et les progrès qu'il reste à faire, parce qu'on se doute bien que c'est trop peu, une journée. Mais qu'à cela ne tienne : Chabeuil va remédier à ce sentiment de pas assez, va donc pour une semaine de programmation, une bonne grosse semaine de droits des femmes. Et Alban Pano de lancer les festivités, comme on voit sur le post reproduit ci dessus : 'A Chabeuil, nous ne voyons pas (sic) nous arrêter à une seule journée (...) mais bien y consacrer toute une semaine.' C'est en cours : 'du 3 au 8 mars, expo photos, self défense, théâtre, chansons, conférence et cinéma' sont au programme, tout ou presque au centre culturel de la ville. Le reste de l'annonce dans ce sabir dont le jeune maire de Chabeuil n'arrive pas à se défaire et à quoi les chabeuillois peinent à s'habituer...
Au total, on aboutit à un medlay approximatif où on trouve un peu de tout, pour, comme dit la brochure municipale, ' organiser une semaine au féminin'. Du sérieux : exposition photographique des portraits de 8 chabeuilloises remarquables (8 mars, 8 femmes, voyez comme c'est simple, comme à Valence, par la grâce du même slogan), et un court métrage très 'me too' de Judith Godrèche, ou bien encore une conférence de 'sensibilisation aux violences intrafamiliales', sous égide gendarmesque. Mais aussi du remplissage : tour de chant varièt', sous forme de reprise de grands standards féminins (Barbara, Céline Dion...), ou bien encore un spectacle de 'théâtre et poésie' adapté du dernier livre de Millie Rosiers, pseudonyme de Mireille Rossi, poète et collaboratrice de cabinet du maire de Chabeuil.
Jusqu'au plus obscurément vague : des 'Ateliers savonnerie', programme incongru, dont la communication ne dit pas assez ce que ça vient faire dans une sensibilisation aux DROITS des femmes. Ou bien encore un atelier 'self défense' avec le Club de Défense contre les Violences Urbaines (CDVU), sans doute pour bien se persuader que le féminisme est décidément un sport de combat.
Bref, la semaine chabeuilloise des droits des femmes tire à la ligne. Il est d'ailleurs à noter que la communication des événements portés par les associations du cru est nettement, clairement et lourdement estampillée 'mairie de Chabeuil', qui tient à poser sa marque sur l'événement. Avant, sur le même principe d'une com' agglomérante, une semaine de l'enfance en mars, et une semaine des ados en avril...Ou une semaine bleue (nos anciens)...ou une semaine rose (le cancer du sein)...ou une semaine de l'etc...etc...
Bref, une récupération insistante du 8 mars, mais ce n'est pas le plus grave.
Alban Pano est comme on sait maire de Chabeuil, et comme on a compris promoteur revendiqué de cette 'semaine au féminin'. Mais il est aussi conseiller départemental (LR) où la majorité à quoi il appartient s'apprête à prendre un certain nombre de décisions, toutes dirigées frontalement CONTRE LE DROIT DES FEMMES.
A savoir, au sempiternel motif 'd'efficience de la dépense publique' : -fermeture des Centres de Santé Sexuelle (CSS) de la Drôme actuellement gérés directement par le Département : Die, Hauterives, Livron-Loriol, Porte-lès-Valence et Saint-Jean-en-Royans ;
-baisse des subventions accordées au Planning familial de la Drôme ;
-baisse des subventions aux centres de santé sexuelle conventionnés avec les hôpitaux (Crest, Montélimar, Romans, Saint-Vallier et Valence).
On sait tout cela depuis l'examen des orientations budgétaires du Département, en date du 17 février dernier où ces questions ont été mises au débat. On sait tout cela depuis qu'une pétition en ligne est venue soutenir les protestations du planning familial de la Drôme et des CSS. Cette pétition, qui demande le maintien de leurs financements a déjà recueilli plus de 14 000 signatures. Elle proteste contre 'un recul de la prévention des violences sexistes/sexuelles/conjugales et de la prise en charge des personnes victimes et rappelle que 'l’éducation à la vie affective et sexuelle est en effet reconnue comme étant un facteur de prévention essentiel des violences sexistes et sexuelles', avant de préciser que 'les centres de santé sexuelle sont (...) des lieux ressources et d’accompagnement incontournables des victimes des violences'. Vous trouverez cette pétition ici
C'est très clair : même si, à quelques semaines du vote du budget départemental, les postes de dépenses sur lesquels se feront les économies n'ont pas été clairement dévoilés le 17 février, le Département s'apprête à voter un plan d'économie concernant des questions aussi importantes que la prévention, la lutte contre les violences et la santé sexuelle des Drômois·es.
Dans ce contexte de tension, la question se pose donc du choix d'Alban Pano : s'il vote le plan d'économie et porte atteinte à l'ensemble des dispositifs mentionnés ici, alors sa semaine chabeuilloise n'aura été qu'un rideau de fumée, signe d'une hypocrisie politique grave.
Et en effet, Alban Pano (LR), maire de Chabeuil, quand il ouvre sa 'semaine au féminin' déclare : 'renoncer, c'est justement ce qu'il ne faut pas faire quand il s'agit de défendre le droit des femmes', rappelant (Dauphiné Libéré du 6 mars) les chiffres élevés des victimes de harcèlement ou d'agression sexuelle...
Dans le même temps, Pano Alban (non moins LR), conseiller départemental, ne peut voter dans un sens strictement contraire au budget du Département. Il ne peut FAIRE au Département le contraire de ce qu'il PRÔNE À Chabeuil, quand il nous exhorte à ne pas 'renoncer', en matière de droits des femmes.
claude meunier












