Musée Cernuschi
Au bout de la courte et chic avenue Vélasquez se dresse un hôtel particulier, voisin immédiat d'une des grilles d'entrée du non moins chic Parc Monceau. Propriété initiale d'Enrico Cernuschi, elle est aujourd'hui le musée des arts asiatiques de la ville de Paris.
Ce dit Cernuschi, futur co-fondateur puis président de la banque Paribas, homme politique piémontais devenu français en 1871 (après dix-huit années de services financiers au sein du Crédit Mobilier sous le Second Empire), se compromets en tant que médiateur entre les Communards et les Versaillais lors de la Commune de Paris, et échappe de peu à l'exécution publique, pour cause de "malversations" liées à son passé impérial (en particulier sa position d'anti-plébiscite en faveur de l'empereur, en 1869...) Il choisit alors de quitter la France afin d'entreprendre avec son ami Théodore Duret, critique d'art de son état, un long voyage de deux années autour du monde, avec une prédilection pour l'extrême-orient. Ils rencontrent au Japon une situation de disette, obligeant les moines des temples bouddhistes à vendre leurs objets de culte, devenant alors autant d'artefacts archéologiques, que s'empresse d'acheter M. Cernuschi. Parcourant également longuement la Chine, la Corée et l'antique royaume du Siam, il finit par rapporter à Paris en 1873 plus de 5000 pièces d'objets d'art et 7000 œuvres d'art diverses. D'abord exposées au sein du Palais de l'Industrie (détruit en 1897 pour céder sa place aux Petit & Grand Palais), ses collections trouveront finalement leur écrin en son nouvel hôtel particulier, élevé par l'architecte néerlandais William Bouwens van der Boijen, en ce quartier alors émergeant du parc Monceau. Il lègue à sa mort, survenue en 1896, l'ensemble de ses collections ainsi que son hôtel à la ville de Paris, à la condition d'y créer un musée gratuit à l'intention des parisiens, arborant -bien entendu- le nom de son fondateur. Le musée Cernuschi voit le jour deux ans plus tard, proposant l'une des plus grandes collections d'art asiatique d'Europe, particulièrement spécialisée dans l'archéologie chinoise. Après plus de cent ans d'existence, le musée a connu une longue campagne de travaux de rénovation, mettant notamment en valeur sa collection de bronzes antiques tout en repensant les espaces de visite. Un nouvel aménagement des salles du musée en 2020 (fermé sept mois durant -casus pandémie), permit de revoir les conditions d'accès, permettant à l'occasion une plus libre circulation entre les différentes espaces, alternant salons intimistes et vastes salles monumentales accueillant de colossales statues, comme un Bouddha en bronze de 4m50 de hauteur, fondu au XVIIIème siècle et provenant d'un monastère de Meguro (banlieue d'Edo), désormais pièce maîtresse du musée.
La façade d'entrée de l'hôtel devenu musée, s'inscrivant dans le style néoclassique romain des années 1840, arbore deux médaillons dédiés à Léonard de Vinci et à Raphaël, maîtres à penser auxquels se référait souvent Cernuschi. De part et d'autre de l'entrée monumentale, se trouvent deux lions chinois en bronze patiné, datés du XVIème siècle, gardiens d'un temple du savoir de la culture asiatique extrême-orientale, aujourd'hui lieu de visite gratuit pour tous (enfin... sous réserve de pass sanitaire...)
Crédits : ALM’s
















