SPOILER ALERT: les cours de L2 sont sympatoches
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SPOILER ALERT: les cours de L2 sont sympatoches
En aparté avec le hibou #3 : Les sciences de l’éducation.
Bonjour bande de psychopathes, ici le hibou et OH MON DIEU OUI JE SUIS VIVANTE CA VA HEIN J’AVAIS DES TRUCS A FAIRE.
Calme toi, Sheldon, ça va bien se passer.
Je ne sais pas si beaucoup d’entre vous parlent des langues étrangères. Si c’est le cas, alors vous comprendrez direct ce dont je veux parler. Sinon, et bah je vais vous expliquer parce que je suis grave sympa comme hibou. Quand on parle dans une langue étrangère, on s’expose très souvent à des erreurs courantes, on tente des trucs histoire d’améliorer notre niveau avec la pratique. Des fois ça marche, des fois ça marche pas, mais bon en tout cas on est contents parce qu’à la fin on a bien parlé et qu’on s’est fait plus ou moins comprendre. Par exemple, une fois en Chine j’ai dit à une gamine que mon prénom n’avait pas de quoi se pendre alors que je voulais juste lui dire qu’il ne se prononçait pas comme ça. Elle a fait une tête bizarre. Je... J’ai plus ou moins assumé de répéter devant son grand frère. Mais ça s’est bien terminé. Enfin je crois parce que j’’ai plus de nouvelles d’eux.
Du coup, aujourd’hui, j’ai beaucoup d’empathie et de bienveillance pour tous les gens qui apprennent le français et qui nous font l’honneur d’avoir un bon accent, une bonne grammaire, enfin qui font des efforts surhumains parce qu’ils pensent que c’est la moindre des choses quoi. Je sais à quel point c’est difficile au début de se lancer, de dépasser la barrière psychologique qui nous dit que les gens vont forcément se moquer. Le problème avec l’empathie, la bienveillance, le fait d’être vraiment, VRAIMENT gentil, c’est que tu vois le vice nulle part en fait. Parfois, être trop gentil, bah ça te rend profondément naïf. Et moi, des fois, bah je suis vachement naïve.
C’est moi dans une situation ambigüe. En rousse.
Mais quel rapport avec les sciences de l’éducation me direz-vous? J’y viens, alors ON SE CALME. Cette année, en Sciences de l’éducation, on avait un devoir à faire avec un sujet au choix, et moi j’ai choisi de lire un livre et d’en faire une fiche de lecture (vous noterez que normalement une fiche de lecture est SYNTHÉTIQUE et que cette année on nous a demandé une fiche de lecture d’un minimum de 8 pages OKLM). Le livre, c’est Créer une véritable relation pédagogique de Christophe Marsollier, un petit chef d’oeuvre que je vous invite à lire au plus vite. Ce bouquin c’est le parfait petit manuel du psy scolaire ou du développement, du psychomotricien ou de l’enseignant: il explique dans un langage simple ce que c’est qu’une relation pédagogique, pourquoi c’est important, et comment en mettre une en place avec ses élèves.
Une relation pédagogique, c’est quoi? Et bah c’est le fait d’établir une relation autre que strictement éducationnelle entre un élève et son prof, c’est s’investir émotionnellement et comprendre qu’un élève ne soit pas forcément blasé par le cours parce qu’on enseigne mal, mais aussi parfois pour d’autres facteurs comme le fait qu’il n’y ait aucun temps mort dans l’enseignement, aucun humour, pas d’écoute réciproque. En langage courant, on appelle ça les atomes crochus, même si l’expression implique qu’ils ne se travaillent pas, et qu’ils soient naturellement là. En sciences de l’éducation, on met en place ces atomes crochus, on les travaille, on les entretient. Presque comme si on disait aux élèves “je ferai tout pour ne pas être le prof qui te dégoûtera d’une matière parce que tu ne l’aimes pas”.
Oui non pas cette relation là avec les enfants s’il vous plaît.
Quand tu étudies les sciences de l’éducation et qu’en plus tu parles des langues étrangères, t’as cette double dose de bienveillance en toi envers les étrangers qui font l’effort de parler français: d’une part tu fais en sorte qu’ils se sentent assez à l’aise pour te parler en te rendant accessible, et puis d’autre part même si tu peux parler anglais pour leur faciliter la tâche, tu ne le fais pas parce que tu sais qu’ils veulent quand même progresser en français. Et du coup t’es doublement sympa. Et moi, je suis doublement sympa, et en plus je suis un hibou trop mignon avec plein de jolies plumes et un petit bec qu’on a envie de papouiller. Du coup, parfois, cette bienveillance à foison ressemble étrangement à de la drague. Les gens trouvent que je suis un hibou open. Mais je suis pas open. Je suis pas open du tout.
JE NE SUIS PAS OPEN OK?
Et je suis complètement consciente que dans nos contrées, dans notre région, dans notre pays, et bah un hibou, c’est rare. Je sais. Et apparemment les étrangers ils aiment bien les hiboux, tout le monde aime les hiboux. Mais je ne suis toujours pas open. Et donc, même si je me rends accessible et que je comprends le “risque” qu’on prenne ça pour de la drague, bah des fois moi aussi je suis un peu concon, et j’interprète certains signes comme des simples erreurs de français. Vous voyez pas ce que je veux dire? Je vais vous éclairer.
Excellent.
Aloooors, vous voyez les canaris? Bah ça parle pas la même langue que les hiboux, ya know. Et y’a un canari qui travaille avec moi, et c’est cool parce qu’il parle vachement bien le hibou, il a une bonne maîtrise du bec de rapace on va dire. Du coup moi, la bienveillance incarnée, hibou cool, hibou à l’envers, tavu, aiiight, bah j’ai été gentille et je lui ai fait quelques blagues pour qu’il se détende la nouille parce que je suis comme ça. J’ai blagué avec les autres hiboux, j’ai montré que j’étais accessible et un vendredi, je lui ai demandé pépouze ce qu’il allait faire de son weekend.
“Je sais pas, tu me proposes quoi?”
STOP. C’est certainement une faute de français (ou de langage hibou ON S’EN FOUT). STOP C’EST TOTALEMENT UNE FAUTE JE... J’EN SUIS SURE. Du coup je lui raconte ce que je vais faire de mon weekend, genre SANS LUI BECAUSE WHAT ELSE, et je passe rapidement à autre chose.
Et puis la semaine d’après, je lis le livre de Christophe Marsollier en me délectant de cette lecture qui m’enivre de... Mais je m’égare. Je lis le livre tranquillou sur ma branche, et là je vois le canari, amusé, qui regarde fixement la couverture de mon livre. “Plaît-il?” lui dis-je. Et là, sans un seul sourcillement, il me répond “Tu sais, j’aimerais bien qu’on ait ça ensemble, nous deux, une RELATION”
C’était moi, devant lui, et je m’amusais pas du tout par contre.
Je l’ai regardé en mode WTF, il m’a regardé et dit “Mais ahem, une relation PEDAGOGIQUE ensemble, je t’aide avec ta neuro et toi bah tu m’apprends heu... Des trucs”. Bizarrement il avait un truc a faire a ce moment là et il est parti. C’était super pratique parce que j’ai pu exploser de rire tranquillement reprendre mes esprits, et faire exactement ce qu’il fallait faire à son retour : prétendre que je n’avais absolument rien entendu ou absolument rien compris (oui je fais ça). Après ce fâcheux épisode de drague (foireux est le terme le plus approprié), j’ai laissé couler plusieurs techniques plus ou moins déguisées (je suis surdouée, mec, je n’ai besoin de personne pour me faire reviser ma neuro, merci ).
NON.
Suite à tout ça, je me suis posé beaucoup de questions sur les relations humaines : toi, plus moi plus nous plus tous ceux qui le veulent ne percevons pas tous la réalité de la même manière, mais il est plus ou moins admis que nous répondons tous à un certain nombre de normes communes. Il y a des gens qui les intègrent de façon facile et légère, et pour d’autres, c’est très flou et il faut des explications claires et précises. Etre sympa avec ses élèves, ca va normalement de soi. Etre sympa avec ses collègues, ça va normalement de soi aussi. En fait, être sympa, généralement, c’est un truc qui devrait aller de soi. Mais ça n’est pas le cas et nous devons accepter de temps à autres que d’être sympa, et bien ça soit tellement rare ces derniers temps que ça soit pris pour de la drague. Mais j’avoue que je suis grave bonne et que c’est normal qu’il tente un truc. je me serais vue, j’aurais tenté un truc aussi.
OUIIIIIIIIIII MAGGLE LA BONNASSITUDE
J’espère que ce petit aparté vous a plu et que vous êtes contents de me relire, difficile d’avancer dans cette mer de révisions et de devoirs à rendre ! Je ne vous oublie pas, on est presque 100 ici (VOUS ÊTES DES MALADES) je vous donne le peu de courage qu’il me reste pour cette dernière ligne droite avant les partiels. Ne lâchez rien, on est presque arrivés en L2 les gars ET OUAIS GROS. Et surtout, n’oubliez pas...
FAITES TOURNEY
En aparté avec le hibou #2 : l’obéissance
Vous savez, il y a énormément de gens qui disent que les études de psychologie “on en fait pas par hasard”. Je suis plutôt d’accord avec ça. Je suis plutôt d’accord, malgré le fait que beaucoup de gens répondent à ça que généralement on ne fait pas des études par hasard, quelles que soient les études. Et que cette phrase, “on ne fait pas des études de psychologie par hasard” n’a finalement aucun sens. Sauf que la compréhension d’un théorème de maths, ou d’une période de l’histoire, d’un courant de la philosophie ou que sais-je aura peut-être un impact sur votre vie, mais sûrement moindre que ce qu’on découvre sur soi en psychologie. C’est de ça, dont je vais parler aujourd’hui : d’un sujet de la psychologie qui bouleverse profondément les gens.
La vie la vie la vie la vie...
Vous vous souvenez de Milgram? On en a parlé cette semaine, c’est un scientifique qui a décidé de tester l’obéissance des gens en utilisant une machine qui envoie des électrochocs. Il a demandé à des participants de poser des questions à un individu relié à cette machine. A chaque mauvaise réponse, les participants envoyaient une décharge à l’individu, décharge de plus en plus forte, qui a la fin pouvait provoquer sa mort. Tous les participants acceptaient de suivre l’expérience, et 65% d’entre eux allaient jusqu’à électrocuter à mort le pauvre individu interrogé. Pourquoi? Parce qu’on leur a demandé d’obéir. Et pour résumer en gros, il y a deux raisons principales pour lesquelles les gens obéissent aveuglément quand on leur demande de le faire : la première c’est l’état agentique , et la seconde, c’est l’interiorisation de l’obéissance. Et cet aspect là qui est vraiment bouleversant je trouve, d’un point de vue perso.
Alors mon gars, si ça t’excite de torturer des gens t’as un problème.
L’intériorisation de l’obéissance, on peut l’expliquer simplement : un enfant de 7 ans reçoit en moyenne un ordre toutes les 7 minutes. Plus il obéit aux ordres, plus il est récompensé : on le gratifie, on lui dit qu’il est sage, qu’il est le meilleur enfant, qu’il se comporte bien. Du coup, il intériorise l’obéissance, et il finit par penser que l’obéissance est quelque chose de positif, de désirable, quelque chose qu’il faut absolument faire dans la vie. Et une fois adulte, l’obéissance étant totalement intériorisée, et bien il répond aux ordres sans même les questionner. Il devient un agent à qui on donne des ordres, et ni son éthique ou sa morale n’entrent en jeu dans l’application de ces ordres. C’est ça l’état agentique. Et c’est dramatique, parce que dans l’expérience de Milgram les adultes répondent aux ordres tellement bien qu’ils vont jusque électrocuter à mort (fictivement, car l’électrocuté est un acteur) quelqu’un.
Tu te calmes, Umbridge.
Mais c’est pas seulement dramatique pour ça. C’est aussi dramatique parce que l’obéissance aveugle est maintenant entrée dans les moeurs comme quelque chose de beau, positif, désirable, et ce dans toutes les strates de la société. Elle est belle et désirable chez les enfants, qu’on récompense parce qu’ils obéissent, on vient de le voir (et vous pouvez même aller lire là un article sur le sujet tiens, c’est cadeau). Elle est désirable chez les adultes, qui reçoivent des promotions quand ils font ce qu’on leur demande de faire dans une entreprise. Elle est désirable jusqu’au point où certaines femmes pensent qu’un homme qui fait ce qu’elles demandent sans même avoir à le demander est l’homme de leurs rêves.
Et c’est là où l’obéissance aveugle est complètement et insidieusement entrée en nous comme une pratique naturelle, c’est qu’on obéit tellement bien, qu’on veut tellement bien faire, qu’on ne veut même plus avoir à recevoir des ordres. Parfois, certaines personnes vont jusque court-circuiter ce comportement et, pour être bien vus ou désirables socialement, vont jusque se comporter comme ils pensent que les autres le voudraient, et non comme ils le veulent. Tout ça sans même s’en rendre compte, et juste parce que ce qu’il y a de mieux que de répondre positivement à des ordres, c’est d’être tout simplement obéissant tout le temps. Sans même qu’on ait à le demander. C’est flippant hein? Mais attendez, c’est pas fini.
BEN OUAIS C’EST PAS COOL MA GUEULE
Hier j’ai parlé de l’entretien clinique et de l’attitude qu’on doit adopter en tant que psychologue pendant l’entretien. Il y a un principe qui s’appelle “l’acceptation inconditionnelle”, alors (je vous vois venir) non ce n’est pas une technique de hippie qui consiste à accepter inconditionnellement une personne dans son ensemble, et lui faire des bisous, même si c’est un détraqué qui viole des chats et pratique le cannibalisme. L’acceptation inconditionnelle c’est le fait d’accepter de tout entendre de la part de son patient, même si ce sont des choses désagréables. ou que ça renvoie chez nous quelque chose qu’on préfèrerait enfoui. Ca veut dire que même si vous apprenez que vous avez fait une fausse couche, ou que vous êtes stérile, il faudra quand même accepter d’écouter une patiente qui veut avorter. Ca veut dire que même si votre papa chéri décède un jour, vous vous engagez à écouter inconditionnellement un patient qui souhaite que son père meure parce qu’il l’a maltraité toute sa vie. Ca veut dire que vous vous engagez à tout entendre, même dans les moments les plus durs de votre vie, de façon inconditionnelle, neutre, et contenue. Et c’est marrant (enfin marrant, on se comprend), parce que ça, tout le monde le sait finalement (on dit ses secrets les plus enfouis à son thérapeute, n’est-ce pas?), mais personne ne l’applique.
Moi je sais, alors écoute moi bien, Joueur du Grenier.
Pourquoi je vous dis ça? Parce que je sais que beaucoup de patients cachent des choses à leur psy. Malgré l’acceptation inconditionnelle, malgré le fait que la relation thérapeutique ne soit pas hiérarchique, malgré plein de trucs. Malgré la réelle envie de dire des choses, malgré le fait que l’on soit dans une position inconfortable, on y arrive pas, on se sent con de ne rien dire et on se sent honteux de dire quoi que ce soit. Et pourquoi on a honte? Parce qu’on a peur de se sentir jugé? Mais le psy ne juge pas, alors pourquoi? Et bien parce que même avec toute la meilleure volonté du monde, même avec n’importe quel encadrement, on a toujours enfoui dans les méandres de notre être, gravé au fer rouge, le sceau de l’obéissance. On a envie de se comporter de sorte à ce que l’autre n’ait pas besoin de nous donner d’ordre. L’intériorisation de l’obéissance va jusque là, jusque dans les relations qui ne demandent pas d’obéissance. Et ça, c’est hyper super moche.
ET OUAIS CARRÉMENT LE CHIEN
Donc si jamais vous vous demandiez pourquoi Milgram s’est amusé à torturer l’esprit de pauvres gens pleins de bonne volonté, et bien c’est pour ça. C’est peut être hyper moche éthiquement de faire croire à des gens qu’ils torturent quelqu’un, mais c’était pour découvrir un aspect important de notre personnalité, et de notre société. Si Milgram n’avait pas fait cette expérience, nous n’aurions probablement jamais su à quel point nous valorisons l’obéissance. Si des centaines de personnes n’avaient pas participé à l’expérience, nous ne saurions rien des mécanismes de l’autorité, et ce que ces mécanismes peuvent nous faire faire. Donc même dans l’expérience la plus noire, il y a quand même une utilité. Bon, après ce long article, je m’en vais vers d’autres aventures ! N’hésitez pas à partager ce post (parce que qui sait, Milgram le lira peut-être), à vous abonner, à mettre un petit coeur (ça me fait plaisir), et à vous questionner, encore et toujours!
ET FAITES TOURNEY!
MICHAEL TU TE CALMES SOIS SAGE ET OBÉIS BORDEL JE VAIS FAIRE QUOI DE CET ENFANT
Les définitions on aime ça.
Sisi, on adore ça.
Salut les psychopathes! Vous allez bien? Je pète le feu moi! Bienvenue à ceux qui nous rejoignent pour ces aventures cliniques! Si vous avez un peu fouillé dans les bas-fond d’internet, vous savez déjà (ou pas) qu’à l’IED nous avons la chance d’avoir une prof qui note les élèves sur leur mémoire, et la façon dont ils se rapprochent du cours: plus vous l’avez appris par coeur, plus votre note sera haute. BON, NE ME DEMANDEZ PAS CE QUE J’EN PENSE.
Je n’ai pas mémorisé un truc par coeur depuis la 6è (donc, il y a presque 20 ans NE ME JUGEY PAS), et la plasticité cérébrale n’étant pas la même chez l’enfant que chez l’adulte, il va être difficile d’apprendre la totalité des définitions du cours de l’année. Enfin plus difficile que quand j’étais en 6è. Mais vous savez quoi? On mettra toujours moins de temps à apprendre quelque chose par cœur que quelqu’un qui n’a jamais rien appris par cœur. Le réapprentissage ne se fait pas de zéro donc c’est cool, c’est cool. C’est super cool.
Ahem.
Aujourd’hui, donc on va s’attaquer aux définitions et à leur sens surtout. J’ai choisi les 5 premières définitions du cours de psychologie clinique, pour commencer quelque part, plus précisément du début. On ne s’égare pas, on comprend tout, on est des génies et on va y arriver.
“have brain - will travel”
Première définition :
DÉLIRE MÉLANCOLIQUE. Pour Pinel, c’est un délire exclusif sur un objet ou une série particulière d’objets, avec parfois une égalité constante d’humeur, ou même un état habituel de satisfaction; et d’autres fois une habitude d’abattement et de consternation ou une aigreur de caractère qui peut aller jusqu’au dernier degré de misanthropie, quelquefois de dégoût extrême de la vie.
AMBIANCE
Donc en gros, le délire mélancolique c’est un trouble obsessionnel sur certains objets ou une série particulière d’objets . Prenons un exemple :
Cette femme qui mange des éponges et qui a fait le tour de l’internet.
Et ben voilà, elle, elle est en plein délire mélancolique, selon Pinel, parce qu’en plus d’être obsédée par les éponges (et de les manger avec du produit vaisselle parfumé à la pomme mais WTF), elle est d’humeur constante, et a même une petite satisfaction pas piquée des vers à les manger, ses éponges. Elle les kiffe.
L’autre partie de la définition nous révèle que le délire mélancolique exprime parfois une attitude de dépressif : abattement, consternation, misanthropie, dégoût extrême de la vie. AMBIANCE DE FOU. J’ai un autre exemple pour ça aussi : vous vous souvenez quand vous avez découvert que vous aviez vos identifiants à la plateforme des cours mais qu’ils ne marchaient pas? Tout d’abord, abattement: “jamais je n’aurai mes cours”. Puis consternation: “comment ça la plateforme ne marche pas?” ou aigreur de caractère “SCREUGNEUGNEU DE SCREUGNEUGNEU”. Ensuite, misanthropie: “je souhaite tellement que les gens de l’IED cassent leur écran d’iphone le jour de son achat”. Et enfin, dégoût extrême de la vie “si j’ai pas mes cours je vais mourir”.
Voilà, première définition apprise, BRAVO LES ENFANTS!
Deuxième définition :
ALIÉNATION MENTALE : Terminologie ancienne correspondant à un trouble grave et prolongé de l’activité psychique, proche des notions de folie et de maladie mentale, signifiant à la fois une perte de contact normal à la réalité et avec autrui, et une profonde atteinte de la liberté morale.
Bon, vous l’aurez compris, si c’est une terminologie ancienne, c’est qu’elle n’est plus utilisée aujourd’hui, hein. Ensuite, si c’est un trouble grave et prolongé de l’activité psychique, c’est que le patient atteint d’aliénation mentale n’arrive plus du tout à penser correctement. Prenons un autre exemple :
Cette personne s’appelle Geoffrey, et a fait partie de la saison 9 de secret story. Vous pourrez même le retrouver dans la dernière saison de l’émission “Les Princes de l’amour” pour vos études de cas (ne me remerciez pas). Et ben je pense qu’on peut dire sans aucune hésitation que ses fonctions cognitives supérieures sont gravement atteintes, et ce depuis longtemps : le gars a signé pour Secret Story et a décidé de signer pour une autre télé réalité pour “trouver l’amour” (hahaha). On est sans aucun doute proche des notions de folie et de maladie mentale. Regardez moi ce GIF : pyjama orange, stéréotypies devant Dora l’exploratrice, tout ça n’est pas SAIN, croyez moi.
Ensuite vous avez une perte du contact normal avec la réalité et autrui : je sais pas si vous vous rendez compte mais le gars décide de son plein gré d’aller trouver l’amour DANS LE MONDE MERVEILLEUX DE LA TELEVISION. Si ça c’est pas une perte du contact normal avec la réalité, je ne sais pas ce qu’il vous faut.
Et ben en parlant de Nabilla tiens, quel meilleur exemple pour l’atteinte de la liberté morale qu’un personnage public qui poignarde son conjoint? Allô?
Troisième définition :
Déjà? Vous êtes en feu.
DEMENCE/IDIOTISME: Pour Pinel, “oblitération des facultés intellectuelles et affectives”. Elle est définie aujourd’hui par un affaiblissement mental global frappant l’ensemble des facultés psychiques et altérant progressivement, avec l’affectivité et l’activité volontaire du patient, ses conduites sociales.
Donc pour Pinel, l”idiot du village, le simplet, la personne bête de base mais gentille et heureuse, sera atteinte de démence. Merci Pinel, bisou. Pour illustrer la partie de la définition actuelle de la démence, je vais vous donner un exemple très simple : Imaginez que vous alliez chez un nouveau médecin. Vous ne le connaissez pas, il ne vous connaît pas. Vous êtes tranquillement dans la salle d’attente en train de lire vos flash cards sur la neurologie (ou le Glamour de mai 2014 à disposition), et là, le médecin ouvre la porte. Vous ne vous y attendiez pas, c’est un canon (il ne tien qu’à vous de féminiser cet exemple, en tout cas moi là, j’ai la flemme). Vous êtes toute chamboulée et vous n’y voyez plus très clair : vous êtes là pourquoi déjà? Il vous pose les questions d’usage, vous demande de monter sur la table d’auscultation, et sans savoir pourquoi, vous retirez vos chaussures. Personne ne vous a rien demandé, mais vous le faites. Le docteur vous regarde d’un air interloqué, et là vous dites “ah pardon, je me croyais chez le kiné”.
C’est un cas classique de démence (enfin en tout cas si ça vous arrive souvent hein) : vous n’arriviez plus a penser correctement car il y a eu un affaiblissement global de vos activités psychiques (sûrement dûes aux magnifiques yeux verts de votre docteur), qui a altéré progressivement vos conduites sociales (on ne retire pas spontanément ses chaussures chez des inconnus hein). Et tout ça, avec votre affectivité et votre activité volontaire, parce que franchement c’est pas parce qu’il est canon, votre médecin, qu’il faut commencer à se foutre à poil devant lui.
ON SE CALME DIRECT.
Quatrième définition :
MANIE : Pour Pinel, elle prend le sens de délire général avec “perversion dans les fonctions affectives, impulsions aveugles à des actes de violence”. Aujourd’hui, elle renvoie plutôt à un état d’excitation intellectuelle est psychomotrice, et d’exaltation de l’humeur, avec euphorie morbide.
Pour la définition de Pinel, reprenez mon exemple avec le médecin, sauf qu’au lieu de vouloir vous désaper devant lui, vous voulez le tuer. Voilà. Par contre pour la définition actuelle, moi la première chose qui me vient à l’esprit c’est …
Si vous ne le connaissez pas, Sheldon Cooper est une des personnages de la série “The Big Bang Theory”. C’est un scientifique de génie qui a énormément de mal à gérer les relations sociales. Un jour il essaye de trouver une solution à un problème et finit par ne plus en dormir du tout, plusieurs jours de suite. Son colocataire est obligé de venir le chercher dans une piscine à balles au beau milieu de la nuit car il pense y trouver des solutions (oui regardez l’épisode c’est compliqué à résumer là). Et bien le fait de ne plus dormir et de devoir bouger tout le temps, afin de trouver la solution à tout prix, c’est une forme de manie. C’est un état d’excitation intellectuelle (trouver la solution à tout prix) et psychomotrice (ne pas dormir, devoir bouger pour trouver la solution plus vite). Comme vous le voyez, il est tout content d’être dans sa piscine à balle, d’où son “bazinga” (exaltation de l’humeur) et il est en euphorie morbide, prêt à ne plus dormir, endommager sa santé, pour trouver la solution à son problème.
OH MON DIEU DERNIÈRE DÉFINITION :
HYSTERIE : Névrose caractérisée par l’hyper expressivité des idées, des images et des émotions inconscientes. Elle se manifeste par une suggestibilité, un théâtralisme et des phénomènes de conversion.
Bon, repensez au moment où vous avez reçu votre certificat de scolarité, vous étiez content, n’est-ce pas? Et bah si vous l’avez annoncé à votre famille et vos amis, je trouve ça plutôt normal. Par contre, si vous vous êtes mis nu(e) et que vous êtes monté sur le toit de votre maison pour le crier aux passants, vous étiez sûrement en état hystérique.
Bon, bande de malades, ça sera tout pour aujourd’hui, moi je m’en vais profiter de mon jour férié. Essayez de faire de même.
Et rhabillez-vous, les voisins se fichent de votre certificat de scolarité.
FAITES TOURNEY!