Jean
Persifleur - Poplité - Parabolique - Polonais - Picorer ''Lundi: je lance la machine à quotidien. On attendra vendredi pour le fun. Café, tartines au beurre salé, jus d'orange, douche chaude, me voilà calibré. Transport en commun, mauvaises odeurs, promiscuité, un bon livre. Toujours dans ma tête, bien isolé. Devant mon ordinateur au boulot, j'ignore les regards persifleurs de ma collègue. Elle n'apprécie pas ma nonchalance et mes retards répétitifs. Que ça lui fasse la journée, j'ai déjà plus avancé qu'elle. À croire qu'elle est sous sédatifs.
Mardi: je ressens les conséquences de l'entraînement d'hier. Je me suis bien étiré, mes courbatures sont légères. Mais mes nerfs à vif au niveau du poplité me rappellent que j'ai trop forcé. Je pianote, je clique, je code, je transcrits des motifs en sanskrit sans un cri, je délie. Je suis en forme, ça coule tout seul. Petite pause sur la terrasse du bureau, le soleil en plein phare, accroché bien haut.
Mercredi: aujourd'hui ma binôme me sourit, je me dis qu'elle a dû passer une bonne nuit. Pour ma part, ce fut plutôt tranquille. Quelques coups à boire avec les potes, et des fléchettes où je commence à toucher ma bille. Jeux d'adresse en continuation, j'envoie mon brouillon d'un tracé parabolique parfait dans la poubelle. Regards croisés, un pouce de la part de ma collègue, sa jupe me montrent ses jambes de gazelle.
Jeudi: 48h à attendre, et pour la semaine, je n'aurai plus de compte à rendre. Petit écart budgétaire, je m'achète un vol pour la Grèce. Email du client content. Avec Anita, on progresse. Je découvre que derrière sa froideur polonaise, il y a un humour qui a failli me faire tomber de ma chaise. 18H30, il faut que je me presse au cinéma. Tout le monde se rue pour avoir sa place. Moi, je patiente. Pas de pop-corn, ou de glace. Tout ce que je veux c'est pouvoir boire un bon Coca.
Vendredi: La livraison du boulot se fait à temps. Fin de journée, Anita me propose de fêter ça. Avec ce qu'on a, on dresse un pique-nique de fortune sous l'auvent. Je prends l'initiative de picorer dans son assiette, elle nous sert un vin qui nous cogne un peu à la tête. Plus rien à manger ou à boire. On prend ensemble la route de la nuit, après tout, on est vendredi soir.''














