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Laura di Palma
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Laura di Palma
Example of a large trendy loft-style living room design with a bar
Cardinal Motors
C'est le week-end ? Que faites vous de beau ? Ici plein de boulot et toujours des nouveautés en cours de préparation, et puis un joli petit article ce matin dans le Petit Bleu ! 🏵️❤️ #antanetenheur #cabinetdecuriosites #ruemolinier #entomologie #plumassier #plumes #papillons #darkart #wunderkammer #odditycabinet #igerslotetgaronne #igersagen #petitfutelotetgaronnelandes #artisan #faitmain #agen #weekend #petitbleu #journal #presse (à Antan et en Heur) https://www.instagram.com/p/CBXo15LnY-h/?igshid=1rp88bhf2mp1y
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The 1907 equivalent of a text simply saying “All right this time”. It was sent by Emily Riden to her mother Emma Riden nee Kirkness in Liverpool. Emma was a Plumassier.
https://www.ghostpostcards.com/1907-september-30-emma-riden
1907 September 30 Emma Riden — Ghost Postcards
Janaina Milheiro, celle qui fait danser les plumes.
Quand on entre dans les ateliers tout blancs du dernier étage, ceux de Janaïna Milheiro, on est tout de suite capté par la lumière. Celle qui entre, même les jours de nuages, par les baies vitrées industrielles. On tutoie les cheminées parisiennes et on pourrait presque décrocher un bout d’un de ces nuages gris du mois de juillet.
Par des mouvements dextres et fins, de jeunes artisanes en herbe –venues des Beaux-Arts, de l’ISAA ou encore de la Martinière à Lyon – entreprennent perlages et flocages de plumes, dentelles de plumes à l’aiguille ; des commandes prestigieuses pour des maisons telles que Cartier, Hermès, Armani Privé, Chanel...
Janaïna arrive. Une liane longiligne trentenaire et gracieuse ; elle est comme on l’imagine. Délicate et plutôt réservée. « J’aime mon travail et j’aime en parler. Je suis toujours un peu plus démunie lorsqu’il s’agit de parler de moi plus personnellement », m’avait-elle écrit lors de nos tout premiers échanges.
Loin des lumières incandescentes des front row, des premières pages des magazines de mode ou des soirées Alta Coutura papesques, l’atelier Janaïna Milheiro imagine et confectionne des tiares de plumes ciselées chez Valentino, des ailes de plumes pour les anges de Victoria, des parures de plumes pour les robes de Proenza Schouler – entre autres – dans un secret quasi-parfait.
Alors oui. Janaïna est à l’image de son art. Elle est discrète. Œuvre dans les coulisses créant des bribes de rêves à la demande des plus grands couturiers du monde. Mais c’est aussi cela qu’est la mode. Et qu’on oublie souvent. Ils ne sont pas designers ou stylistes, ni même directeurs artistiques, mais il arrive souvent qu’ils soient à l’origine d’une vive émotion saisie au travers du détail d’une création absolument sublime et qu’à lui seul, lui a conféré toute sa dimension poétique.
Janaïna se définie comme technicienne textile. On est loin de la grandiloquence et de glamour des titres qu’on adonne de manière aussi déraisonnée qu’il pleut au mois de juin à Paris. Elle ne se dit pas plumassière, un métier au savoir-faire séculaire et traditionnel qui se transmet – comme chez la maître d’art Nelly Saunier – et qu’on n’enseigne guère plus, hormis au lycée Octave Feuillet, à Paris. J’ai souhaité posé un regard sur une femme dont le métier, aussi subtil que la matière qui le définit, est celui d’anoblir et sublimer les plumes. Leur donner non seulement un nouvel usage mais plus encore, une nouvelle essence, passant d’apparat décoratif à matière substantielle.
Qui es-tu ?
Je m’appelle Janaïna et je suis technicienne textile. Je suis née à Rio de Janeiro et arrivée à Paris à l’âge de deux ans avec mes parents. J’ai étudié à l’ENSCI dans la section Textile après avoir étudié à l’école Duperré dans la section Broderie. J’ai commencé à travailler la plumer à la toute fin de mon cursus scolaire, et ça ne m’a pas quitté depuis. C’était un heureux hasard.
Comment on en vient à devenir une spécialiste de la plume ?
C’est venu à la suite d’un parcours qui s’est imposé à moi, je suis très attachée à cette matière. La plume est très intéressante car elle est une grande source d’invention. En revanche, je ne me sens pas encore enfermée. Je ne suis pas à l’abri de m’intéresser à d’autres matières. Ce qui m’a tout de suite plu avec la plume, c’était de mener les gens à la voir autrement. Transporter cette matière là où ne l’attend pas. Donner à voir autrement.
Le rendu de ton travail est très artistique ; à l’image des maisons avec lesquelles tu travailles. Pourtant, ton approche est plutôt technique.
Oui, mon approche de cette matière est plus de l’ordre du laboratoire que de l’atelier de couture. Le but étant de transformer la matière. Mon métier, c’est de transformer la plume. Je me considère technicienne et chercheuse textile, tout est parti de mon envie de créer des textiles de plumes, d’établir la plume comme un élément structurel à part entière, à l’image du tissu.
Quelles techniques appliques-tu aux plumes ?
Je ne suis pas plumassière. Je n’ai pas étudié la plume comme un plumassier l’apprend. J’ignore même les techniques que ces derniers déploient. Je travaille avec mes propres techniques, que je développe ou réinvente à partir des techniques textiles que j’ai acquises dans des écoles où le médium est censé être un tissu. Mes techniques sont le fruit de nombreux essais qui s’avèrent au début souvent infructueux et m’emmènent ensuite sur d’autres types de réponses et surtout, une multitude de déclinaisons.
Avec quel type de plumes travailles-tu ? As-tu des besoins spécifiques d’oiseaux rares ou exotiques ?
Je ne travaille qu’avec des plumes de coq, qui sont fines et souples, d’oie qui elles, sont plus épaisses ; mais aussi celles de faisan, de dinde ou de canard, par exemple. En somme des plumes d’oiseaux très communs. Et il y a beaucoup à faire entre les plumes de duvet, de vol ou celle de parade. Aussi, elles nous permettent un point de départ plus neutre qui permet davantage de créativité qu’une plume plus complexe.
Le dernier livre que tu as lu ?
Nous et les autres, de Tzvetan Todorov. Il parle de la manière dont les gens se perçoivent eux-mêmes et se différencient des autres.
Un endroit à Paris.
Les quais Saint Bernard, au printemps. On y pratique la danse de couple dans la rue, que ce soit du tango, du rock ou de la salsa. Il y a des mecs qui vendent des bières à la sauvette et des familles qui pique-niquent.
Un endroit à Rio.
Le quartier Lapa, un ancien quartier colonial où on y fait la fête désormais. Tout se passe dans la rue, en plein air. Les bâtiments ont d’incroyables hauteurs sous plafond avec d’immenses baies vitrées. Et l’Estudantina, un très très vieux lieu à Rio où on danse la salsa. C’est une espèce de Trianon.
Mais... Tu danses ?
Oui, beaucoup.
www.janainamilheiro.com