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Affiche JPO 2019
Bonjour — stylo-bille noir, carnet nº 35, 1991
Invitation...
La porte ouverte
Prédication par Andrew Rossiter à Bergerac le jour de Pâques, 5 avril 2026. Jean 20.1-9
Au commencement du culte certaines personnes sont venues déposer des fleurs coupées au sol devant la table de communion, pour former un tapis de couleur.
Quand quelqu’un vous ouvre la porte, vous lui dites, «merci». Et vous passez. Bravo! Parce qu’entrer dans la foi n’est pas plus difficile que cela.
Et si Pâques était cette porte ouverte vers notre présent et notre avenir? Et si Pâques était vraiment ce qui empêche ce présent de nous enserrer, de nous emprisonner, de nous ensevelir? Nous disons que nous voulons un avenir «radieux», «prometteur» et «ouvert». La force de l'avenir est d'empêcher le présent de nous étouffer, de nous enfermer. L'avenir ouvre sur le présent en nous promettant la possibilité de la nouveauté, la chance d'un changement, quelque chose qui transformera le présent en autre chose.
Aujourd’hui nous célébrons la résurrection de Jésus. Et pourquoi pas? Après tout il a été crucifié, il a été enseveli et une grosse pierre était placée devant l’entrée de sa tombe. Mais en arrivant devant le lieu les femmes constatent que la pierre n’est plus à sa place, que la tombe est vide. Ce récit arrive à la fin dans les évangiles. Mais au lieu de le garder pour la fin, si nous le mettrons au commencement de cette bonne nouvelle que nous avons à proclamer. Qu’est-ce que cela change si on commençait avec la résurrection? Essayez de lire les évangiles à partir de la résurrection et vous verrez! Après tout, c’est comme ça que Matthieu, Marc, Luc et Jean les ont écrit. Leur expérience de Jésus a commencé avec sa résurrection.
A quoi ça sert que la pierre devant sa tombe n’est plus là, si la pierre reste en place devant la nôtre?
À quoi ça sert si son tombeau est vide, mais que nous nous trouvons toujours à l’intérieur du nôtre?
À quoi ça sert-il s’il est ressuscité, mais pas nous?
À quoi ça sert si Jésus a un avenir, mais pas nous?
Je pense que Pâques est la célébration de notre résurrection autant que la fête de la résurrection de Jésus.
Cela signifie que la vie évolue, elle ne s'arrête pas.
Cela signifie qu'aucune fin n'est définitive.
Cela signifie que la situation actuelle n'est pas forcément immuable.
Cela signifie que ce qui s'est passé ou non dans votre vie, ce que nous avons fait ou pas fait, n'aura pas le dernier mot.
Donc ce matin quand nous chantons Alléluia nous célébrons que la pierre a été enlevée et qu’un avenir nous attend. Alors, la question que je vois devant moi c’est: est-ce que je vais passer par cette porte qu’il tient ouverte devant moi, ou non? Matthieu, Marc et Luc nous disent que les femmes sont allées à la tombe avec leurs épices pour mettre sur le corps de Jésus. Selon ces récits elles rencontrent un ou deux hommes qui leur disent, «Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts?»
Nous avons déposé des fleurs devant la table de communion ce matin, mais nous n’allons pas rester devant la table pour contempler ces fleurs. Nous allons continuer notre vie, nous allons avancer sur le chemin.
Ces femmes ne sont pas restées devant la tombe avec les huiles et épices pour consacrer un mort qui n’est plus là. Bien sûr, ça n’a pas de sens. Et nous voulons faire comme ces femmes. Nous voulons aller vers les autres pour leur dire qu’à travers cette tombe se trouve la vie. La vie renouvelée, la vie pleine et pour toujours.
Et qu’est-ce qui nous empêche de faire cela? Eh ben - il y a mille choses qui m’empêche de partager ma foi avec mes collègues du travail, dans l’éducation nationale c’est même interdit. Dans ma famille je passe pour qui? Un enquiquineur qui n’arrête pas de parler du bon dieu, de Jésus et tout le reste. Au point que les autres ne m’écoutent plus, car au fond d’eux-mêmes ils ressentent un jugement et une reproche de ma part.
La résurrection n’est pas la fin de l’histoire. La résurrection n’est pas à prendre ou à laisser. Elle n’est pas une mise à l’épreuve pour savoir si, oui ou non nous croyons. Et surtout pas, elle n’est pas un test pour savoir le niveau de la foi de l’autre. La résurrection est notre point de départ. La résurrection ne nous change pas, elle rend le changement possible. Et nous devons faire quelque chose. Nous devons franchir le seuil. Nous avons un rôle à jouer dans notre propre résurrection.
Les évangiles nous parle du troisième jour. Pour la plupart d’entre nous, la Résurrection prend un peu plus de temps, quelque chose que nous vivons en permanence. Peut-être nous pouvons penser de Pâques, non pas comme un nom, un événement, mais plutôt comme un verbe. C’est quelque chose que j’ai découvert chez le poète anglais Gerald Manley Hopkins dans son poème «Le naufrage du Deutschland». Le poème est dédié à cinq religieuses qui fuyaient la persécution en Allemagne en 1875, et qui ont péri dans le naufrage. Vers la fin du poème Hopkins parle de son espérance en Dieu et il écrit:
Qu’il pâque en nous, qu’il fasse naître l’aube dans nos ténèbres. (Let him easter in us, be a dayspring to the dimness of us.)
C’est un poème, et il est permis d’inventer les mots et les règles de grammaire. Mais essayez de conjuguer le verbe pâquer avec son accent, bien entendu, pour vous-même.
Au présent cela donne: je pâque, tu pâques, et ainsi de suite. Et dans l’imparfait du subjonctif, cela donne: nous pâquassions! J’ai toujours eu un faible pour l’imparfait du subjonctif! Donc aujourd’hui nous pouvons dire Pâcquassons.
Je suis d’accord ce n’est pas très beau. Et je ne suis pas sûr que l’Académie Française acceptera ce nouveau mot dans leur dictionnaire. Par cela je veux dire que Pâques n’est pas seulement un événement, mais un processus. Quelque chose qui devient et, qui arrive dans nos vies avec le pouvoir de nous transformer.
Pâcquassant est un dynamisme que nous vivons pour nous-mêmes, que nous partageons avec les autres et que nous réalisons dans la vie du monde.
La porte est grande ouverte, il nous attend à l'autre côté.
Alors, quel est le premier pas que vous allez prendre?
Que devez-vous faire, changer ou abandonner pour entrer pleinement dans cette vie de résurrection? Car une fois que nous avons fait le premier pas, le reste va suivre
Alléluia. Le Christ est ressuscité. Le Seigneur est vraiment ressuscité. Alléluia.
Ne le laissons pas seul à l’autre côté de la porte.
Guérir notre vie divisée
Prédication par Andrew Rossiter à Clairac le 15 février 2026 Matthieu 5.21-37
Connaissez-vous le livre (apparu en 1947) et le film du même nom «La Vie Secrète de Walter Mitty»?
Il a été adapté plus récemment en 2013, le personnage a été repris par Ben Stiller (https://www.youtube.com/watch?v=S6b2BgmSPyQ). Walter Mitty vit une vie ordinaire, terne mais il rêve de vivre une vie pleine d’aventures. C’est quelqu’un qui vit deux vies à la fois, une en extérieur, devant tout le monde où il ne fait pas de vagues et l’autre à l’intérieur de lui-même où il est le héros qui sauve les gens. L’histoire est drôle et triste à la fois. Walter est incapable de trouver le sens de sa vie dans l’ordinaire de son existence. Il est continuellement tiraillé entre les deux réalités.
Nous avons tous vécu des instants où notre intérieur n’était pas en phase avec nos actes et paroles, où nos pensées et nos intentions étaient bien différentes de ce que nous avons fait. Bien entendu nous ne vivons pas nécessairement une vie d’aventurier mais par moments notre extérieure ne reflète pas ce que nous ressentons à l’intérieur.
Parfois, nous faisons bonne figure ou prétendons être quelque chose ou quelqu’un que nous ne sommes pas, mais nous savons que ce n’est pas vraiment qui nous sommes.
Quand quelqu’un vous demande comment vous allez et vous répondez: «Je vais bien», sachant que ce n’est pas la cas. Peut-être ce n’était pas le bon moment ou la bonne personne pour poser cette question ou vous n’avez pas eu envie de dire à cette personne ce qui se passe. De toute façon, il y avait une déconnexion et vous l’avez ressentie.
Un ami m’a dit que l’une de ses plus grandes craintes était qu’il soit découvert et que d’autres verraient qu’il n’était pas vraiment tel qu’il apparaissait.
Afin de ne pas blesser l’autre nous pouvons dire et faire les choses qui ne sont pas vraiment le reflet de qui nous soyons. Soit dans la vie de tous les jours, mais aussi quand nous parlons de notre foi.
Et dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus dit que parfois nous enfreignons la loi même lorsque nous sommes des gens gentils, polis et bien élevés, Mais parfois, en suivant les règles nous rompons la relation que la loi était censée maintenir et soutenir.
Si nous avons des lois et des règles, elles sont là pour maintenir les relations que nous avons. Les lois nous rappellent que nos relations avec les autres sont fragiles, et les lois nous viennent en aide de notre fragilité. Donc, quand Jésus dit: «Vous avez entendu qu’il a été dit... Mais je vous dis...», il veut nous faire sortir d’une lecture littérale de la loi. Il intensifie et élargit son application. Il rend l’aspect intérieur de la loi aussi important que l’aspect extérieur. Ou comme disait ma mère, «faire ce que tu dis et dis ce que tu fais» (mais bien entendu, elle le disait en anglais «do what you say and say what you do»).
Je pense que Jésus n’essaie pas d’être moraliste ou légaliste et je ne pense pas qu’il ajoute simplement à la liste des dix commandements encore une «tu ne feras pas». Je pense qu’il est plus intéressé par qui nous sommes, par notre authenticité, notre intégrité, et comment nous arrivons à exprimer tout cela dans nos relations avec les autres.
Je pense qu’il nous demande d’approfondir nos vies, de faire attention à ce qui se passe à l’intérieur. Parce que les choses intérieures que j’ignore, nie ou refuse de gérer peuvent apparaître à la surface, que malgré moi-même, je projette d’une manière négative sur les autres.
Je n’ai jamais eu l’intention de tuer quelqu’un. Je n’ai jamais rêvé de torturer ou de vraiment faire du mal à un autre, même si je peux penser qu’il ou elle mérite «une bonne raclée». Même devant une queue de poisson en voiture, je me contrôle. J’inspire, je commence à compter jusqu’à 10 (il m’arrive de ne pas pouvoir dépasser 3 parfois!), et j’essaie de dire et de faire ce qu’il faut. Mais je ne contrôle pas toujours ce que je pense. Comment ma colère peut-elle tuer ma relation avec un autre au point que je coupe tout contact afin que cette personne devient comme morte pour moi? Quelles sont mes pensées (et mes paroles) qui insultent ou qui ruinent la vie d’un autre? Et c’est ici que Jésus intervient: en quoi tout cela est une trahison de moi-même, un forme de cancer spirituel qui peut détruire ma vie?
Nous pouvons supposer que Jésus cherche à imposer une loi plus stricte, plus exigeante, mais je crois qu’il nous invite tout simplement à réaliser notre guérison et notre plénitude.
Dans la liturgie anglicane le culte commence avec cette prière:
Almighty God, unto whom all hearts be open, all desires known, and from whom no secretes are hid: cleanse the thoughts of our hearts by the inspiration of thy Holy Spirit, that we may perfectly love thee, and worthily magnify thy holy name: through Christ our Lord. Amen.
Dieu tout-puissant, à qui tous les cœurs sont ouverts, et tous les désirs connus, et dont aucun secret n’est caché: purifie les pensées de nos cœurs par l’inspiration de ton Saint-Esprit, afin que nous t’aimions parfaitement, et magnifions dignement ton saint nom: par le Christ notre Seigneur. Amen.
C’est intéressant que le culte ne commence pas en demandant à Dieu de nous changer, de faire en sorte que nous devenions de meilleurs chrétiens, mais le culte commence dans nos cœurs, dans nos intérieurs. Cette prière nous conduit dans nos cœurs pour voir ce qui est là et ce qui n’est pas là, et pour voir ce qui manque et ce dont nous aurions besoin.
C’est du cœur profond que nos relations naissent. C’est ici que je trouve l’amour. Mais c’est aussi là où je trouve la colère. C’est dans le cœur profond que je trouve ma fidélité, mais je trouve aussi mes trahisons. C’est dans le cœur profond que je trouve la compassion et l’indifférence, le pardon et la condamnation, ce qui est cassé et fêlé et la plénitude.
Je pense que Jésus veut faire tout cela avec nous et pour nous. C’est sa manière de parler qui nous choque, mais en même temps ses paroles percutent directement notre intérieur. Jésus nous tient devant la loi de ne pas commettre un meurtre, et nous demande de nommer notre colère, de plonger notre regard au fond de nos cœurs afin d’accorder les deux aspects de notre vie, intérieur et extérieur. Il fait la même chose avec l’adultère, quand je refuse la tentation de passer à l’acte, comment je regarde mon désir sexuel en face? Et quand je me contrôle de ne pas prononcer une parole blessante ou une insulte, comment aussi prendre en compte mon besoin de vengeance ou représailles? Comment je vis mon simple oui ou non sans vouloir ajouter autre chose pour prouver mes bonnes intentions? La loi de 1695 permettait aux Quakers en Angleterre de ne pas devoir jurer dans un tribunal et pendant longtemps leur «oui» suffisaient pour rendre leur mariage légal.
L’Évangile d’aujourd’hui nous offre la possibilité d’aligner notre vie intérieure et notre vie extérieure, de cesser de vivre une vie comme celle de Walter Mitty, et de vivre une vie nouvelle dans laquelle nous sommes plus pleinement nous-mêmes et plus pleinement vivants. C’est une vie dans laquelle notre oui est vraiment oui avec tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, et notre non est vraiment non avec tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons. Pour ma part, si j’arrive à vivre comme ça… ça sera formidable. Qu’en pensez-vous?
Une seule chose
«Une seule chose»
Prédication par Andrew Rossiter à Clairac le 13 octobre 2024 Hébreux 4.12-13, Marc 10.17-30
La première chose à dire sur le texte de Marc, c’est que nous ne pouvons pratiquement rien faire d'autre que de gérer ou de maîtriser les paroles de Jésus. En aucun cas il faut les prendre à la lettre.
L'Évangile de Marc est implacable. Il donne l’impression de moins inviter à la foi qu'à prouver encore et encore l'impossibilité de la foi. Heureusement ce schéma est rompu parfois et nous serons tous vraiment soulagés de rencontrer l'aveugle Bartimée dans quelques semaines. Mais l’épisode de ce matin est mortelle. Nous devons donc le gérer, l’interpréter et le maîtriser pour le rendre plus acceptable… et nous dirons, plus proche de ce que Jésus voulait dire!
Les partages bibliques et les textes des commentaires nous offrent plusieurs façons de gérer cette rencontre entre l’homme riche et Jésus:
Cet homme n’avait pas vraiment observé la loi, c’était du bluff. Et l'idée de renoncer à ses biens n'était qu'une façon de le mettre au défi.
Personne ne peut réellement observer la loi, et personne ne peut non plus renoncer à tout. C’est simplement un jeux de joute rhétorique, et une fois que nous l'avons compris, nous sommes tirés d'affaire.
Le fait de renoncer à tout était un ordre donné à cet homme riche en particulier, mais seulement à lui. Il ne s'adresse à personne d’autre. Donc nous ne devons pas nous sentir concernés, juste triste avec cet homme.
C'était un véritable commandement, mais il ne s'applique qu'aux riches. Chacun d'entre nous peut penser à quelqu'un de plus riche, mais nous, nous ne sommes pas riches et donc nous ne sommes pas concernés.
Mais les disciples comprennent le contraire, que tout le monde est riche (sans doute parce que même les pauvres peuvent penser à quelqu'un de plus pauvre). Heureusement, Jésus nous donne l'ultime solution divine: nous ne pouvons pas le faire, mais Dieu le peut. Ouf... Direction le centre commercial avec une conscience tranquille pour dépenser notre argent.
Ou nous pouvons mettre en avant nos efforts dérisoires comme disciple, à l’exemple de Pierre, et nous sommes alors récompensés par cent fois. Tant que nous «abandonnons» d'une manière ou d'une autre tout ce que nous avons (de préférence dans nos cœurs - vous savez, comme le détachement des choses matérielles en tant qu'acte de volonté spirituelle), nous recevrons quelque chose de meilleur en retour. Investir un centime, c'est gagner un euro. Même les «persécutions» paient, elles nous donneront le statut de martyr et nous font monter dans l’estime des autres. C'est un acte brillant de contorsion herméneutique que de faire passer Jésus pour un prédicateur de prospérité.
C’est facile à critiquer ces stratèges de gérer le texte, mais que pouvons-nous faire d’autre? C’est à ce moment que j’ai remarqué la petite phrase «une seule chose». Quelle est cette chose pour cet homme? Et de fil en aiguille (la phrase s’impose d’elle-même) j’ai réalisé que ce n’est pas l’unique fois que cette phrase apparaît dans la Bible:
«J'ai demandé une chose au Seigneur, je la rechercherai: habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, contempler la beauté du Seigneur et faire des recherches dans son temple» (Psaume 27, 4). Peut-être que la «seule chose» ici c’est d'être connecté à quelque chose de plus grand et au-delà de nous-mêmes, de savoir que nous-mêmes et nos vies sont plus que ce que nous faisons ou avons, de réaliser que nous faisons partis de ce qui nous dépasse.
Jésus dit à Marthe : «Il ne faut qu'une seule chose» car Marthe était « préoccupée et distraite par beaucoup de choses » (Luc 10,41-42). Sa vie était divisée. Elle était ici et là, mais pas vraiment quelque part. Peut-être que la «seule chose» ici consiste à apprendre et à prêter attention à ce qui compte vraiment, à être présent à l’instant même et à devenir entier.
Lorsque les autorités religieuses ont interrogé l'homme aveugle que Jésus avait guéri, celui-ci a dit: «Je sais une chose, c'est que, j'étais aveugle et maintenant je vois» (Jean 9:25). Peut-être que cette fois-ci la «chose» consiste à voir avec des yeux nouveaux, à acquérir une vision plus profonde, à vivre avec un niveau de conscience renouvelé et à s'éveiller à la vie qui est devant nous.
Paul raconte que lorsque Barnabé, Tite et lui-même rencontrent les dirigeants de l’église à Jérusalem, «ils ne demandent qu'une chose: que nous nous souvenions des pauvres» (Galates 2:10). Peut-être que cette «seule chose» est la compassion, l'attention à l'autre et la reconnaissance du fait que nos vies ne forment qu'un seul corps dans le Christ.
Dans sa lettre aux Philippiens, Paul écrit : «Je ne fais qu'une chose: j’oublie la route qui est derrière moi, je suis tendu en avant.» (Philippiens 3:13). Peut-être que cette «seule chose» consiste à rester ouvert à l'avenir, à écouter l'appel de notre vie, à se rappeler que notre vie est toujours en devenir, et à croire qu'aucun moment, aucune histoire, aucun événement ne nous définit.
Il me semble que la chose en commun dans tous ces exemples c’est de trouver le sens de la vie. Non pas de ce que nous faisons, de ce que nous avons produit, mais de qui nous sommes.
C’est l’instant quand quelque chose nous change, qui entre en résonance avec nous et nous parle. C’est ce moment quand nous nous disons «Oui, c'est ça». Lorsque nous avons l'impression d'être chez soi, ou recevoir une intuition qui change notre vie à jamais. Ces moments où nous nous sentons vivants et connectés à nous-mêmes, aux autres et au monde. Lorsque nous nous donnons de tout cœur à l'autre ou à ce que nous faisons, lorsque nous nous perdons dans l’instant présent. Et nous voulons que ces instants continuent pour toujours.
Ce sont les expériences que vous ne pouvez pas vous en débarrasser ou laissez-tomber parce qu’elles ne vous lâcheront pas. Et ce qu'il y a de génial avec la «chose unique», c'est que votre «chose unique» et ma «chose unique» sont très certainement deux choses différentes. Elles sont uniques pour chacun d'entre nous.
Et si vous étiez l'homme de l'évangile d'aujourd'hui ? Si Jésus vous disait: «Il te manque une chose», que répondriez-vous? Quelle est votre réaction?
Alors faisons l’expérience ce matin. Pennons un instant pour dresser une liste non-exhaustive), de nos réalisations et de nos biens. Qu’est ce qu’il y a sur cette liste? Attention. Toutes les choses qui figurent sur votre liste ne sont pas mauvaises, c’est juste qu’elles ne sont pas la «seule chose».
Dans tout ce que vous avez fait, tout ce que vous avez réalisé: dans le monde du travail, dans l’église, dans votre couple, en famille… là où vous êtes allées, pour vivre, pour voyager. Dans toute votre vie, y-a-t-il une seule chose qui vous manque?
Qu'est-ce qui donnerait encore plus de sens à votre vie aujourd'hui? Je ne pense pas nécessairement à ce que vous faites mais à ce que vous êtes ? De quoi devriez-vous vous défaire pour devenir plus pleinement et authentiquement vous-même?
C’est dure, n’est-ce pas? Cette question entre en profondeur de qui nous sommes. Nous voulons l’éviter, ne pas l’entendre et c’est pourquoi nous construisons des schèmes pour gérer la question. La question ne va pas s’en aller toute seule. La question reste ouverte, parce que cet homme, nous ne savons pas ce qu’il est devenu. Il a tout simplement disparu de la scène. Peut-être il est devenu plus avare en vieillissant. Peut-être il a même renoncé à observer la loi, puisqu'elle était devenue inutile face à sa dépendance des choses. Ou peut-être il se trouvait dans la foule au pied de la croix, ou un des auditeurs le jour de la Pentecôte. Peut-être il est devenu un évangéliste anonyme.
«Il vous manque une chose». Dans la bouche de Jésus, ce n'est pas une critique. Ce n'est surtout pas un jugement. Ce n'est même pas une insuffisance. C'est une porte qui s'ouvre sur une vie nouvelle. C'est une opportunité de cheminer avec le Dieu pour qui rien n'est impossible.
17.11. 2018 Portes ouvertes du skatepark Laverdure Beauvais
17.11. 2018 Portes ouvertes du skatepark Laverdure Beauvais
Découverte de la pratique du Skateboard, roller, bmx, trottinettes
Goride association ouvre les portes du Skatepark Laverdure Beauvais le samedi 17 novembre 2018, la veille du contest Brach n’ Destroy du dim 18.11.2018
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