MAÑANA DEL MUNDO
En torno nacen mil ruidos tan preñados de silencio que al oído le parecen el canto de su inocencia.
Todo al contemplarse vive, la intimidad es espejo que todo cruza soñando el retoñar de su tiempo.
Las palmas logran la forma que su goce contrapesa y convocan a las aves para mostrarles sus flecos.
La blanca jaca avizora al hombre que llega paso con la tierra que le ronda el corazón estrellero.
Los ollares estremece y relincha en pleno éter, luego arrollando imposible rompe a galope tendido.
En la calle las mujeres y los niños, como nimbos, se arraciman tras sus almas cruzando sombra y solana.
Mil gallos con sus reclamos van deslindando los campos, pero las olas del piélago fluctúan entre cien playas.
La hora abigarran bogantes, luminiscentes bañistas... tantos que olvidan los astros sus visos en aguas gárrulas.
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LE MATIN DU MONDE
Alentour naissaient mille bruits Mais si pleins encor de silence Que l’oreille croyait ouïr Le chant de sa propre innocence.
Tout vivait en se regardant, Miroir était le voisinage Où chaque chose allait rêvant À l’éclosion de son âge.
Les palmiers trouvant forme Où balancer leur plaisir pur Appelaient de loin les oiseaux Pour leur montrer leurs dentelures.
Un cheval blanc découvrait l’homme Qui s’avançait à petit bruit, Avec la Terre autour de lui Tournant pour son cœur astrologue.
Le cheval bougeait des naseaux Puis hennissait comme en plein ciel Et tout entouré d’irréel S’abandonnait à son galop.
Dans la rue, des enfants, des femmes, À de beaux nuages pareils, S’assemblaient pour chercher leur âme Et passaient de l’ombre au soleil.
Mille coqs traçaient de leurs chants Les frontières de la campagne Mais les vagues de l’océan Hésitaient entre vingt rivages.
L’heure était si riche en rameurs, En nageuses phosphorescentes Que les étoiles oublièrent Leurs reflets dans les eaux parlantes.
Jules Supervielle
di-versión©ochoislas















