Être. #souadmani #nature #projetellemaime https://www.instagram.com/p/CDWCPdjhnuI/?igshid=pjob2t35230x
seen from United Kingdom
seen from Canada
seen from Malaysia
seen from Türkiye
seen from United States

seen from United States
seen from United States
seen from Romania

seen from Russia
seen from South Korea
seen from United States
seen from Romania
seen from United States

seen from Russia
seen from United States

seen from Brazil

seen from Germany
seen from Türkiye

seen from Canada
seen from United States
Être. #souadmani #nature #projetellemaime https://www.instagram.com/p/CDWCPdjhnuI/?igshid=pjob2t35230x
Prière d’insérer... Georges Perec, Espèces d’espaces. #georgesperec #projetellemaime #souadmani #conceptualart #relationalart #relations https://www.instagram.com/p/CAr7-3KBCu9/?igshid=1wsdlai020j7p
"Nous ne savons pas exactement ce que donnera la graine. Nous savons qu’elle nous surprendra. Le jardinier ne se heurte pas au temps, il l’accompagne." Gilles Clément #jardinplanétaire #gillesclément Archéologie du germe, #projetellemaime, 2015. #souadmani #generativeart #dataviz #datastory #dataanalytics #généalogie https://www.instagram.com/p/B-K7TEQBFvy/?igshid=tg1vb76f7e3k
Archéologie du germe. #projetellemaime #souadmani #collectif #géo_généalogie #racines https://www.instagram.com/p/BwFMMYUh6Z-/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=14wwibemf0qwb
Les territoires de Souad MANI
Dans une ruelle de Sidi Bou Saïd, entre deux boutiques de vendeurs de souvenirs, il y avait un miroir,… un miroir posé là. La ruelle était en pente et on se découvrait au fil de nos pas…mais nous n’étions pas les seuls à nous découvrir, ces images étaient diffusées sur les réseaux sociaux et, avec quelques secondes de décalage, dans différents lieux de Sidi Bou Saïd (« Vous êtes ici…et ailleurs », 2013). Cela a été la première rencontre avec Souad Mani. Cette plasticienne trentenaire fait partie de ces nouveaux explorateurs, qui parcourent avec délicatesse ces terres inconnues, celles qui sont en contact avec le numérique, avec internet, avec ces nouvelles technologies qui semblent rendre tout possible. Travaillant essentiellement avec des objets connectés et mobiles dont les smartphones et les IOT (Internet of things) conçues pour des projets spécifiques comme celui d’ « Impressions embarquées », elle nous raconte ses voyages intérieurs ou vers les autres, donnant en cela deux axes récurrents dans son travail : le lien espace-temps et la similitude, ce qu’elle nomme, la “mêmeté”. Tout semble avoir commencé avec le projet « Elle m’aime ». L’artiste réalise un autoportrait qu’elle prend par l’intermédiaire d’un miroir et demande à ce que des personnes prennent cette même image en photo. Souad Mani reçoit des images similaires et le principe de pollinisation s’opère. Dans ce cas ce n’est pas l’idée de répétition mais plutôt de territoires, de mise en lien d’espaces qui ne vont jamais se rencontrer. Cette cartographie va se poursuivre dans la série « Traces » où sont notés les déplacements de l’artiste dans un pays donné, à chaque fois son ancrage est représenté par un cercle rouge avec le nombre de ses passages. Dans notre monde globalisé, c’est une manière de redéfinir le territoire par rapport à son expérience. En effet, chacun d’entre eux se déplace dans plusieurs espaces qui, raccordés, forment un tout, dans lequel l’individu perçoit le monde, sa propre cartographie. Cette vision centrée sur l’expérience de l’individu est une interrogation constante dans le travail de Souad Mani. Elle s’accompagne d’un travail sur le déplacement, comme dans les photographies qu’elle va prendre lors de ses voyages fréquents entre Gafsa et Sousse, qui donnera lieu à des assemblages de photo mobiles comme dans « #dedérivendérive » ou « sur la route de…Gafsa » qui, par l’aspect flouté des images, renforcent l’impression de déplacement et de mise hors du temps de ce mouvement. Dans le projet « Under the sand (2015) », une des propositions de Souad était de tracer à Gafsa à l’ocre rouge un cercle en forme de spirale (geste de l’artiste, mouvement de la poussière qui se pose sur le sol), le pigment se mêlait au sable par la force du vent ou bien était disséminé (retour à l’idée de pollinisation) qui reprend la démarche faite en 2010 avec Percée(s). En effet, même si elle utilise les techniques numériques, la référence à des démarches précédentes est à noter : comme le land art ou la peinture avec #captureshaptiques ou par référence à des artistes comme Léon Hamonet, paysagiste breton dont les paysages ressemblent à ceux de Hergla. Par ses références nous sommes aussi dans ce rapport au territoire et au temps.
Le second axe du travail de Souad Mani, qui interagit avec le précédent est celui de la similitude, l’identique, la mêmeté et non l’identité qui est une notion qui se rapporte à soi. En effet cette artiste ne travaille pas sur l’intime, sur son identité propre vu de l’intime mais plutôt sur les interactions que créent ses déplacements, ses gestes, ses prises de vue. Elle est avant tout dans la diffusion, une sorte de lanceuse artistique qui jette sur la toile une image et qui voit de quelle manière elle va voyager. Pourtant l’individu l’interpelle puisqu’elle se laisse posséder à travers son autoportrait dans « Elle M’aime.. » ou elle s’interroge sur qui est qui dans la série « Entre elles… #tunisiennes ». Ainsi elle emploie le terme “ mêmeté” dans un sens qu’elle explique, « Selon mon processus plastique, je dirais qu’elle est synonyme d’identique et du multiple dans certains projets sous le mode de la répétition et la reproduction. Elle est aussi synonyme de diversité et de variété sous le mode des devenirs et des seuils ». De plus la citation de Rollinat sur son site web souligne le fait que si elle est partie d’un autoportrait, l’évolution des images et de sa démarche, met en avant que la représentation est à la fois multiple (photo, pas, trace, point) mais identique, une personne, l’artiste, elle-même. Notre monde globalisé semble de loin uniformisé mais en s’attachant à une personne, à un espace on peut percevoir les différences et donc la diversité. Si son postulat de départ pour ses recherches a été les modalités du réel où, comme Souad Mani le souligne « si la représentation est infinie elle se révèle sous multiples formes pour signifier à chaque fois la même chose», elle interroge profondément la place de l’individu dans ce monde qui se redessine avec des espaces qui se rétrécissent par la connectivité des nouvelles technologies mais s’élargit par le simple fait que ces personnes avec qui on échange sont inatteignables. Dans ces nouveaux territoires qui sont les siens où elle circule, ou son art circule, elle dessine de nouveaux territoires qui sont floutés car l’immédiateté, le déplacement incessant, le zapping des lieux, des individus donnent une autre interprétation de notre environnement.
La richesse du travail de Souad Mani est de partir dans une série d’expériences, dans lesquelles elle est toujours présente à travers la vitre d’une voiture, par la main qui étend l’ocre, par les pas qui sont comptés, par la photo qui s’évade, par l’installation qui nous permet d’être ici et là-bas. Mais au final c’est un questionnement existentiel sur comment représenter l’être humain dans un monde qui bouge sans cesse ? Pour cela, elle mène de front plusieurs travaux, allant de l’un à l’autre, glaneuse des espaces, du temps et des images. Elle ne pose aucun jugement de valeur, aucune hiérarchie sur ce qu’elle découvre, avant tout, elle expérimente du plus grand au plus petit, du plus proche au plus lointain avec constance et enchantement.
Elsa DESPINEY, juillet 2018
Historienne de l’art, a enseigné à l’université et dans différents centres culturels français à l’étranger l’histoire de l’art et l’évolution artistique de plusieurs régions du monde, d’Afrique et du monde arabe. Cette expérience a été associée à des études de fond sur les enjeux culturels, la création et la production artistique.