THUG LIFE LA FUIIINE
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THUG LIFE LA FUIIINE
PNL, le groupe que j’aurais adoré détester.
J’suis un peu embêté là.
Quand j’ai croisé ce groupe, je pensais avoir affaire à un groupe de rap de cité random, avec des rebeus qui se prennent pour des ritals, se gominent les cheveux et portent des trucs moulants avec leur petites sacochettes de baltringues; tout en traitant l’univers entier de pédé. Les trucs habituels, quoi, sur lesquels des gars comme Kaaris, Booba ou Lacrim ont déjà tout dit. Du coup il reste peu de place pour des types (encore) plus limités, sans sens de la musicalité et sans flow, qui sortent un truc juste parce qu’au quartier on leur gonflé le boule en leur disant qu’ils étaient bons. Le tcherno du rap français quoi.
En plus ils viennent du 91 ? C’est bon n’en jetez plus, ça devient trop facile.
J’attrape en passant ma grille de rap bingo de la wackerie et me prépare à cocher les cases en ricanant.
Je lance le titre La Petite Voix:
Oh petite intro douce façon n’importe-quel-film-de-Ridley-Scott-avec-un-noir-à-l’écran (l’alien ne compte pas)
Première phase:
“Frère la vie d’ma mère, j’baise ces gros pd”
Oh putain je vais riregoler. Ils autotunent TOUT en plus ? Ha les cons ! :’)
“Je veux ma paire de LV, pour tous les énerver”
Hahahaha bordel je vais bingoter ma grille en 3 secondes avec ce groupe de golmons.
“J’me rappelle plus d’mon ex, j’me rappelle de mon ien-cli Hervé”
What ? Attends c’est pas mal comme phase ça.
Les 3 minutes suivantes sont un ride entre des phases vues et revues et des moments de clarté bien sentis.
Le clip montre un mec qui semble sortir de taule, revient dans son quartier et finit par retomber dans le crime après avoir échoué à trouver du taf de manière légale. Cliché.
Cliché, ouais, mais cliché comme l’Impasse (surexploité par Stomy), pas comme Scarface (surexploité par tout le rap français). Chez PNL, en dehors des petits moments de gonflette, y’a pas de surglorification de la vie de dealer. On sent que le mec dans le clip fait ça par dépit, faute de mieux. Pas de grosse bagnole, pas de meufs à poil, pas de liasses partout dans une chambre luxe à l’Etap Hotel Ibis Budget. Juste une banlieue triste comme il y’en a tant en France.
L’instru est minimaliste, super lente, pas de grosse basse, de kick ou de caisse claire qui frappe. Le refrain est chanté avec l’autotune réglé sur “YOLO”. Mais... ça marche, c’est chelou.
Au final le clip et le titre passent nickel et une certaine mélancolie sort du truc.
Merde alors. La technique est pas ouf (c’est pas Nekfeu quoi), mais les mecs sont pas nuls à chier (c’est pas Mister You quoi).
Ok, chance du débutant, j’ai pris le seul titre potable du répertoire, je vais en écouter un autre.
...
Yann Barthès doit mourir
Après une énième biffle sur la mâchoire droite de conseillère Pôle Emploi qui me demandait si je cherchais présentement du travail (lol), sa tête s'écrasa contre son tapis de souris Canal Plus.
Mes multiples tapotements sur sa joue ne la réveillant pas, je me rassis et contemplais pantalon sur les chevilles, zgeg en bandoulière, l'étendue de ma puissance phallique.
Zgeg à la main, porté comme une kalashnikov, une pensée irruma mon esprit : pourquoi, alors même que ce fils de pute de Yann Barthès touche des euros malgré sa fragilité colossale, devrais-JE travailler ?
Des siècles d'évolutions et de "progrès" pour qu'un fils de pute exerce son pouvoir féodal capitaliste de manager sur moi, serf smicard des malheureusement tant modernes temps modernes ?
Me recentrant à nouveau sur l'étendue des dégâts, une seconde pensée deepthroata brutalement mon esprit. Une révélation centrale de qualité dirais-je même :
A coup sûr, Yann Barthès n'aurait jamais pu faire cela. Nous ne jouons guère dans la même cour, moi shinobi, dépositaire des techniques biffliques ancestrales et lui, eunuque à l’œsophage élargi par de trop récurrents récurages.
Mes conseillers techniques Darty accoururent pour m'indiquer, qu'après étude de cas et réflexion, ce demi-homme jouissait d'une place qu'il ne mérite pas.
C'était l'injustice de trop.
Alors même que la ligne de train de Brétigny-sur-Orges est à rénover, certains bénéficient d'emplois aidés dans ce putain de médiatique jeu.
Dès lors, comment condamner nos compatriotes qui votent Front National, nos sistas qui portent des ballerines, se prenant pour des gitanes Indila dans la ville, au lieu d'apprendre les dures lois de la vie et l'utilité du bootycall pour réussir un entretien d'embauche ? Et nos petits frères plongés si jeunes dans la fragilité de Maitre Gim's au lieu de biffler leur prof au calmezer et de kébra la boulangerie ? Comment soutenir notre éternel srab Poutine roi de Russie qui, chevauchant son ours, conquiert l'Ukraine pour la préserver de notre fragilité démocrate ? Comment juger Booba qui, en 2014, veut faire un feat avec Rihanna ?
Tant que les blogueurs et chroniqueurs ne se trouveront pas un vrai métier, tant que la fragilité sera une qualité, je porterai la voix du destin et le zgeg du sort pour juffler (juger + biffler fdp) ces fils de pute du spectacle.
Car si le low-kick est cyclique, la biffle est latérale bande de fdp.
Shalom.
#WTFMTL #hotelespresso #rapjeu
Drake - Started From The Bottom