Ce soir-là j'ai eu l'impression que c'était tout pour moi. Les chutes de Rawdon sous le ciel étoilé rugissaient. Mais combien y allaient après une soirée à boire des bières au Bistrot à Jojo? Elle s'était retournée vers moi sur la balustrade. Il me semble que ç'aurait dû être ça. La bruine projetée par la rivière arrivait jusqu'à nous. Rawdon, les acadiens étaient revenus en grand nombre dans ce pays-là suite à la déportation. Donc, une acadienne s'était retournée vers moi sous la bruine d'un autre pays, à deux encâblures de Montréal. Il me semble que c'était l'occasion rêvée. Faisait-il froid? Sans doute, mais il n'y avait pas un poil de vent. Parce que c'était tout pour moi. Dans le roc de la rivière qui rugissait. Aujourd'hui il me semble que ç'aurait dû être pour elle, pour moi. Dans son beau nouveau pays d'Acadie où ils étaient revenus.