Teach me how to love (RebelCaptain)
Hey everyone !! This is a RebelCaptain fic, in french, i’m so sorry, but i’m not good enough in english to do it, sooooooo :/ hope you like it anyway ♥
There are two distinct parts, but, the first part is more Jyn, and the others are more Cassian ♥
Teach me how to have hope
Jyn n'avait jamais eu à penser au futur. Elle voyait sa vie comme un assortiment de blocs, d'actions, de buts et elle ne se permettait qu'à regarder jusqu'au but suivant. Et quand elle était dans cette prison Impériale, le but suivant était simplement de survivre jusqu'au jour suivant. Puis de survivre au jour suivant, elle est passée à retrouver Saw Gerrera, ce mentor qui l'a abandonné quand elle avait seize ans. Et de retrouver Saw, elle est passée à voir son Père, enlevé par les Forces Impériales alors qu'elle n'était qu'une gamine. De voir son Père, elle est passée à transmettre son message, sa vengeance, et de là, elle est passée à aller chercher les plans pour se battre en son nom et les transmettre.
Et de transmettre les plans, elle aurait dû passer à mourir, tout simplement.
Mais c'est une toute autre idée qui lui est venue à l'esprit. Pourquoi s'est-elle mise à penser à un avenir alors qu'elle est sur le point de mourir ?
Là, dans cet ascenseur qui doit les faire redescendre sur cette plage aride, face à cet homme qui partage sa vie depuis à peine une semaine mais avec qui son âme semble reliée comme jamais elle n'a été reliée à aucune autre, elle pense à la vie. A sa vie. A celle qu'elle voudrait vivre.
Elle a l'impression d'étouffer, mais ce n'est à cause du fait que l'ascenseur est petit et sombre, mais bien parce qu'elle comprend que vouloir vivre maintenant n'a aucun espoir.
Cassian se tient contre la paroi de l'ascenseur, une main posée sur ses côtes aux couleurs du sang. Son front est plissé, il souffre, mais pourtant, son regard n'est tourné que vers elle, et il la transperce toute entière, jusqu'à son âme.
Elle vient de se battre pour l'espoir alors que le sien s'est envolé. Elle voudrait se pencher vers lui et qu'il l'enveloppe de sa chaleur, mais ça fait déjà tellement mal de l'imaginer qu'elle n'ose pas savoir ce que ça lui ferait pour de vrai. Il est plus facile de perdre quelque chose qu'on a jamais désiré.
La lumière de l'extérieur passe dans l'ascenseur par une petite fente qui éclaire à peine leurs visages, et Jyn est tentée de fermer les yeux, pour oublier que tout est fini.
K2 n'est plus avec eux. Qui sait qui d'autre est parti aussi. Ils n'ont plus eu de nouvelles de Bodhi, Baze ou Chirrut. Plus un seul mot. Plus un seul mot de personne, ni de ceux qu'ils espèrent être là haut, loin au dessus d'eux, à les écouter.
C'est plus facile de fermer les yeux pour ne pas faire face à tout ce qu'elle perd, et aussi à ce sentiment d'envie et de désir qui la tiraille. Elle se demande si c'est parce qu'elle pense vivre ses derniers instants sur Terre ou si c'est vraiment parce que c'est lui. Lui et ses yeux sombres, lui et sa dévotion pour la cause rebelle, lui et ses ordres. Lui tout entier. Un sourire ironique passe sur ses lèvres. Forcément, elle doit découvrir ce que c'est que de s'attacher à quelqu'un au point de vouloir lier leurs deux âmes le jour où elle part pour une mission suicide. Ses lèvres se pincent, elle ne veut rien dire, rien laisser échapper. Elle veut garder ses sentiments pour elle. C'est ce qu'elle a toujours fait, et même alors que son rendez-vous avec la mort a été pris, elle ne peut toujours pas les laisser s'échapper de ses lèvres.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et elle le soutient le temps de se frayer un chemin jusqu'à la plage. La chaleur qui émane du corps de Cassian est devenue comme un volcan, mais elle est persuadée que ce n'est pas sa faute, mais plutôt celle de la chair brûlée sur ses côtes. Il boîte lourdement jusqu'à ce qu'ils se laissent tomber dans le sable. Là, Cassian ferme à son tour les yeux.
- Ton père serait fier de toi.
Les larmes de Jyn stagnent dans ses yeux, mais elle ne peut pas pleurer. Aussi puissant soit l'amour qu'elle porte pour son père, il n'évince pas, à ce moment précis, la peine qu'elle ressent de ne pas pouvoir un jour posséder l'homme face à elle, et qu'elle ne puisse pas lui appartenir. Et elle ne peut pas pleurer sur un avenir qui n'aura même pas exister.
Elle ferme les yeux à son tour alors qu'elle se concentre sur la respiration de l'homme face à elle qui faiblit de plus en plus. Au loin, l'horizon n'existe déjà plus alors que l'étoile de la mort est apparue dans le ciel. Un souffle chaud dans sa nuque lui fait penser que la mort est arrivée la chercher.
Il pensait que la mort venait l'emporter, mais il s'est avéré qu'elle n'a finalement pas voulu de lui. Il était prêt à mourir pour la cause depuis des années déjà, mais alors qu'ils se trouvaient tous les deux sur la plage, il aurait donné tout ce qu'il possède et bien plus pour ne pas mourir à ce moment là. Et finalement, ses prières ont été exaucé. Et si tout ce qu'il possède ne lui a pas été enlevé, de toute façon, que possède-t-il réellement à part sa vie, pire lui a été pris, la vie de ses proches.
K2SO, son droïde, son compagnon, son ami, s'est éteint, et avec lui se sont envolées les vies de ses camarades de sang et de ses nouveaux partenaires. Des gens qui se sont joints à cette bataille de leur plein grès. Même en sachant les risques, il n'espérait pas qu'ils perdent autant.
Les premiers jours de retour sur Hoth, nouvelle base de la résistance, se sont passés dans un brouillard épais. Cassian a à peine ouvert les yeux, perdu dans les méandres de la douleur et des médicaments, malgré les innombrables visites qu'il a reçu, parfois même d'inconnus venant le féliciter. Il se souvient le plus des droïdes venus soigner ses blessures et de Mon Mothma, cette générale de la résistance pour qui il a toujours eu un grand respect. Cette dernière est celle qui l'a informé officiellement de la mort de ses camarades et de la réussite de leur mission.
Mais une personne a manqué à l'appel.
Jusqu'à son dernier jour d'hospitalisation.
Cassian passe une main frénétique dans ses cheveux pour la énième fois. Toujours allongé sur son lit (rester trop longtemps debout réveille la douleur dans ses côtes, d'autant plus s'il passe son temps à tourner en rond dans sa chambre d'hospitalisation comme un lion en cage), il n'arrive pas à croire qu'il va encore devoir attendre plusieurs mois avant de retourner en mission. Il a désespérément besoin de s'occuper l'esprit, pour oublier les morts et les vivants qui l'entourent. Mais ils prétendent qu'il doit faire de la rééducation et s'habituer aux côtes bioniques qu'ils lui ont installées à la place des anciennes.
La porte s'ouvre et il lève ses yeux sombres. Qui vient encore le féliciter pour la réussite de sa mission ? Il n'en peut plus. Il est prêt à renvoyer peu importe qui vient le déranger, mais les yeux verts et envoûtants de la personne face à lui bloquèrent les mots dans sa gorge. Elle lui paraît encore plus fragile qu'avant, plus pâle, mais aussi plus rebelle.
Il est tiraillé entre le fait qu'elle est enfin devant lui, et le temps que cela lui a pris pour venir le voir. Il ne sait pas si elle a ressenti le désespoir dans ses yeux alors qu'il pensait la regarder pour la dernière fois sur cette plage. Doit-il assumer que ses sentiments pour elle n'ont jamais été aussi puissants qu'à ce moment là ?
Elle approche comme un animal sauvage, et laisse sa main glisser sur le drap de son lit.
- On a réussi, dit-elle simplement, les yeux baissés.
Il aimerait pouvoir la prendre dans ses bras, mais il ne l'ose pas. Il a soudainement l'impression de se retrouver de nouveau sous médicaments. Tout devient flou, et il a peur que tout lui échappe. Et il ressent le besoin de s'accrocher à quelque chose. C'est nouveau et cela l'effraie encore plus. Les yeux de Jyn remontent jusqu'à lui et il semble y lire la même envie. Alors il pose sa main sur la sienne et il se laisse guider par ce besoin inépuisable à l'intérieur de lui.
Immédiatement, ses doigts s'entremêlent avec les siens et elle les serre avec attention.
- Tu en as mis du temps pour venir me voir...
Ce n'est pas un reproche, et il s'accorde même un petit sourire. Jyn pince ses lèvres et s'approche encore un peu plus de lui, gardant sa main dans la sienne.
- Il m'a fallu du temps pour pleurer les morts, je me suis dit que les vivants pouvaient attendre.
Cassian souffre de la mort de ses amis, mais il peut aussi imaginer ce que doit ressentir Jyn. Ils étaient ses amis à elle-aussi, mais elle n'a pas perdu qu'eux au cours de cette mission. Saw Gerrera. Son père.
- Je peux être encore patient, souffle-t-il en baissant les yeux sur leurs mains enlacées.
Jyn expire longuement avant de poser un genou sur le matelas et de se hisser près lui. Naturellement, trop naturellement peut-être, il se décale et la laisse se blottir contre lui. Elle pose sa tête dans le creux de son cou et il sent son nez chatouiller sa peau.
- Peut-être, mais c'est moi qui n'ai plus cette patience.
Il passe son bras autour de sa taille et ferme les yeux, se laissant bercer par sa respiration. Peu importe la résistance, sur le moment, rien ne lui paraît plus beau que le son de son cœur qui bat contre sa poitrine et de sa respiration.
Les rumeurs ont rapidement fait le tour de la base. Cassian s'est pendant longtemps demandé comment. Personne n'a jamais osé entrer dans sa chambre depuis qu'il a regagné ses quartiers et que Jyn le rejoint presque toutes les nuits, une fois la base endormie. Et lorsqu'ils ne sont pas seuls, ils n'ont aucun geste l'un envers l'autre. En réalité, à part le fait que Cassian ne dorme coller au mur du fond dans son lit afin de lui laisser la place de s'y allonger, et de se blottir contre elle dès qu'elle est près de lui, ils ne sont jamais allés plus loin. Et il doit avouer que lorsqu'il est avec elle, la savoir dans ses bras, vivante, lui suffit. Mais lorsqu'elle est loin de lui, il ne peut penser qu'à elle, encore et toujours, comme un cycle répétitif. Il panique, de peur qu'il ne lui soit arrivé quelque chose, jusqu'à ce qu'il se rappelle qu'elle est à la base et que tout va bien.
Mais si les gens trouvent le moyen de parler sur eux, c'est peut-être parce qu'ils ont su lire entre les lignes ? C'est une possibilité, mais Cassian pourrait s'en passer. Les jours se suivent et se ressemblent, et pendant qu'il suit le programme de rééducation à la lettre et qu'il s'occupe, seul, comme il peut, il est fatigué d'entendre les gens murmurer sur son passage. Il se demande si ça ne gêne pas Jyn, également.
Au début, il était persuadé que cela ne fonctionnerait jamais avec elle, qu'elle ne lui apporterait que des ennuis et il n'avait pas vraiment envie de lui faire confiance. Mais maintenant que le temps a passé et qu'ils ont fait face à la mort tous les deux, il se rend compte qu'ils ont plus en commun qu'il ne l'aurait cru. Et tout comme lui, elle n'étale pas ses sentiments au grand jour. Il aimerait pouvoir percer sa carapace, mais étant donné que lui-même n'est pas près à la laisser percer la sienne, il ne peut pas lui demander d'en faire de même.
Ce soir, il l'attend, parfaitement réveillé. Bien qu'il fasse semblant de dormir avant qu'elle n'arrive, il ne peut pas vraiment fermer l’œil si elle n'est pas près de lui. Les souvenirs de Scarif et de la perte de ses amis ne veulent pas s'effacer. Il n'y a qu'elle qui comprend ce qu'ils ont traversé.
Il l'attend, mais elle est en retard. Il ne sait jamais vraiment à quelle heure elle pousse la porte de sa chambre, heureusement assez grande étant donné son grade de Capitaine, mais aujourd'hui, il a l'impression qu'elle met plus de temps que d'habitude. Et cette impression se transforme presque en sentiment de panique. Peut-être qu'elle ne viendra pas, tout court. Ils n'ont jamais mis de mots sur ce qu'ils sont l'un pour l'autre. Mais ne va-t-il pas l'effrayer s'il lui dit qu'elle est devenue son univers tout entier ?
La porte de sa chambre s'ouvre sans un bruit, tout doucement, et le corps sauvage de Jyn entre dans la pièce. Cette fois, Cassian ne fait clairement pas semblant de dormir. Il l'attend, assis sur le bord de son lit, les mains jointes sur ses genoux. Il lève doucement les yeux vers elle et remarque à quel point les traits de son visage paraissent fatigués.
- Tout va bien ? demande-t-elle, inquiète de le voir levé.
Elle lui pose la question, mais elle reste adossée à la porte de la chambre, les mains dans le dos.
- Je te retourne la question.
Elle déglutit mais son regard ne quitte pas le sien.
Il lui laisse le temps de ravaler son mensonge, mais elle n'en fait rien.
Puis il repense à ce qu'elle lui a dit un jour.
« la confiance va dans les deux sens. »
Alors il décide de répéter ses mots.
- La confiance va dans les deux sens.
Il hausse les épaules et se redresse.
- Cassian, je pars en mission.
Ils ont parlé tous les deux en même temps, et se dévisagent, pas certains de vouloir comprendre les mots de l'autre. Cassian aimerait qu'elle approche pour qu'il lui explique plus précisément ce qu'il veut dire par là, mais ses mots ont réveillé cette angoisse avec laquelle il se réveille chaque matin en découvrant qu'elle n'est plus dans son lit.
- Cassian... répète-t-elle, les lèvres pincées. J'ai besoin de quitter la base. J'ai besoin de...
- De me laisser derrière ?
Les mots sont sortis tout seul, plus aiguisés qu'un couteau. Elle s'approche, mais cette fois, ce n'est plus elle l'animal sauvage, c'est bien lui, et elle le sait.
- Je ne sais pas comment t'expliquer, mais tous ces gens qui ont péri dans cette mission que j'ai moi-même mise en œuvre... J'ai besoin d'en réussir d'autres pour eux, en leur honneur.
- Tu ne peux pas attendre que je suis remis sur pieds ? Je viendrai avec toi.
Sa voix est plus désespérée qu'il ne le voudrait, mais l'idée de la savoir dans la galaxie, sans lui, le rend malade. Il a déjà failli la perdre, et il n'est pas prêt à ce qu'on lui annonce son décès.
Elle s'assoit finalement à côté de lui, à une distance respectable. Il ne sait pas exactement pourquoi il lui en veut. Lui-même rêve de pouvoir repartir en mission, avoir l'esprit occupé pour oublier les morts qui sont partis avant lui.
Elle tend la main vers lui, et il souffle longuement avant d'agripper ses doigts avec les siens comme on s’amarre à une bouée de secours.
- C'est une mission de reconnaissance, j'en ai pour une semaine tout au plus. Et je reviendrai, c'est promis. Tu sais pourquoi ?
- Non, murmure-t-il, les yeux rivés sur ses pieds.
- Parce que chez moi, c'est ici. Exactement, ici.
Elle sert plus fort sa main dans la sienne et il retient son souffle. Sa peau est douce dans sa main et il a déjà le cœur serré à l'idée de la laisser s'en aller.
Mais cette nuit, elle n'est pas partie. Ils se sont finalement allongés, comme toutes les autres nuits, elle au creux de ses bras, sa tête sur son torse. Il sait qu'elle écoute les battements de son cœur, et si d'ordinaire il faisait attention à ce qu'ils restent calmes pour ne pas se trahir, il les laisse aujourd'hui n'en faire qu'à leurs têtes. Son cœur bat si vite et lui fait si mal qu'il pourrait se l'arracher de la poitrine et le lui donner pour qu'elle parte avec. Mais à la place il se contente de graver dans son esprit l'odeur salé de sa peau, sa respiration tranquille et la douceur de ses lèvres dans son cou.
La mission de Jyn ne se contenta pas de la semaine prévue, et Cassian resta pendant près d'un mois avec des nouvelles éparses et brèves qui lui étaient transmises par un des Généraux qui déniaient enfin répondre à ses questions répétées. Tout ce qu'il apprenait à chaque fois était qu'elle était en vie, mais jamais exactement quand elle reviendrait.
Il entendit souvent dire que là-haut, dans la galaxie, la guerre faisait rage, mais il était pour l'instant toujours assigné à la base, et il ne pouvait pas en juger par lui-même. Rangé aux renseignements et à l'artillerie, il occupait son temps entre compter la réserve, flâner autour des vaisseaux, et faire des rapports sur divers criminels à partir de la base de données.
Durant ce laps de temps, on lui a attribué un nouveau droïde, qui répond au nom de C4-HO, et souvent, Cassian lui fait la conversation. Mais la machine ne lui répond que rarement. Elle n'a aucun caractère, se dit-il souvent, et c'est dans ces moments là que K2 lui manque le plus.
Puis, finalement, son vaisseau rentre à la base, un énorme trou en plein milieu de sa carcasse. Cassian pensait qu'il serait soulagé de la voir descendre du vaisseau, mais la panique n'a pas cessé de gronder alors que son regard de glace a croisé le sien. Elle est en un seul morceau, mais la haine qu'il voit dans ses yeux, il ne la connaît que trop bien. C'est celle des lendemains de bataille. Et il décide de lui laisser du temps.
Une semaine de plus sans sa présence près de lui. Ni le jour, ni la nuit.
Lorsqu'il recroise son regard à nouveau, c'est un soir, dans un couloir qui mène une grande salle qui a été emménagée pour y célébrer une victoire. Laquelle, il ne sait pas vraiment. Il paraît que c'est la leur. Ils ont pris du retard, ils attendaient que le Capitaine Andor se sente mieux, ils attendaient le retour de Jyn. Mais il n'a pas envie de fêter quoi que ce soit, surtout alors que Jyn ne l'approche plus et ne vient plus combler le vide dans ses bras la nuit.
Elle déboule devant lui au coin du couloir, au moment où il va entrer dans la salle. Elle paraît surprise de tomber sur lui, pourtant il n'attend que ça depuis une semaine. Il se demande si elle sortait de la salle parce qu'elle avait envie de fuir cette idée idiote de célébrer une mission qui a coûté la vie de tous leurs amis.
Ses cheveux sont nattés sur le côté et ses yeux sont plus sauvages que d'habitude.
Il s'en mord les doigts, mais ses paroles ont dépassé sa pensée.
Aussitôt, un rose agréable parsème ses joues, et si un petit sourire se dessine au coin de sa lèvre, elle garde un regard froid sur lui.
- Et toi, tu es comme d'habitude.
C'est vrai, elle, elle a fait un effort pour venir à cette célébration, bien qu'elle comptait s'en aller. Lui a simplement enfilé son blouson, parce qu'il fait froid sur Hoth et qu'il ne le supporte pas, et c'est à peine s'il s'est coiffé. Sans parler de sa barbe qui n'en fait qu'à sa tête.
Il sourit, cependant, amusé. Mais il baisse les yeux. Cela fait plus d'un mois qu'il ne l'a pas vu, et si elle est toujours elle-même, il peut déceler un léger changement dans sa façon de regarder le monde.
- J'ai cru que tu m'avais oublié.
- Jamais, dit-elle, les yeux fixés sur lui.
Il relève le regard sur elle et elle le fixe avec intensité. Ses yeux trahissent du ressentiment, et il a peur qu'il ne l'ait vexé.
Derrière elle, la musique entraînante laisse place à quelque chose de plus calme. Cassian a fait exprès d'arriver en retard. Il ne doute pas avoir loupé le discours au début, et les félicitations qui devaient être de rigueur. Mais il ne regrette rien. Il a préféré rester dans sa chambre et se remémorer les brefs instants qu'il a partagé avec les hommes les plus fidèles et courageux qu'il ait jamais connus.
- J'ai cru que tu ne demanderais jamais, sourit-elle.
- Je n'étais même pas là.
- Pourquoi crois-tu que je courrais dans ce couloir ?
Cassian laisse échapper un petit sourire.
- Tu venais me chercher ?
Elle hoche la tête en amenant sa main jusqu'à lui. Il glisse ses doigts dans les siens, comme la dernière fois où ils se touchés, il y a plus d'un mois. Elle l'entraîne sur la piste de danse, et tous les regards convergent à un moment donné ou un autre vers eux. Mais il les ignore. Il essaye de se laisser envahir par la musique, mais avec Jyn devant lui, il a du mal à penser à autre chose.
Il amène la main de Jyn qu'il gardait dans la sienne jusqu'à son cœur, tandis que l'autre se place sur sa taille et ne la rapproche de lui. Elle passe sa main valide dans sa nuque alors que sa tête se pose sur son épaule. Et là, il laisse la musique le guider.
- Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à revenir vers toi, souffle-t-elle dans son cou.
- Tu m'as manqué, se contente-t-il de répondre.
- Cette mission était une erreur.
C'est à peine s'il a entendu sa voix. Et sa main sur ses reins la rapproche plus encore de lui, si cela est possible. Surtout dans un lieu aussi bondé que l'endroit où ils se trouvent.
- Je n'aurais jamais dû partir et quitter mon chez moi. J'ai cru que j'en avais besoin, mais c'est faux.
Cassian fait alors volte-face et l’entraîne avec lui. Des dizaine de regards sont figés sur eux, mais il les ignore. Elle trottine derrière lui, mais elle ne conteste pas. Lorsqu'il referme la porte de sa chambre derrière lui, il se rend encore plus compte à quel elle lui avait manqué, même dans cet espace qu'il considère être le sien et rien d'autre.
Il se retourne et lui sourit simplement.
Elle est là, de nouveau accoudée à cette porte, les mains dans le dos de sa robe, et elle lui sourit tout autant.
- Je crois qu'il est temps que nous discutions sérieusement...
- Même si aucun de nous deux n'aiment réellement ça... continue-t-elle, signe qu'elle le connaît plus qu'il ne le croit.
- Je ne suis pas très doué avec les mots, lui confie-t-il alors que son regard descend et remonte sur son corps entier.
Elle baisse la tête, non sans garder ses yeux dans les siens, et sa langue vient titiller sa lèvre supérieure. Deux mètres tout au plus les séparent, mais c'est trop pour lui.
Il se retient de sourire, ne voulant pas dévoiler son jeu trop rapidement, et il approche doucement, comme s'il la questionnait à chaque pas pour savoir s'il peut avancer. Plus il approche, plus le visage de Jyn se détend et la lueur sauvage dans ses yeux s'efface. Il passe ses deux mains sur ses hanches, et elles vont rejoindre ses mains à elles, calées dans son dos.
Leurs visages sont si proches l'un de l'autre qu'ils sont obligés de fermer les yeux. Son front est posé contre le sien, et ses doigts s'enroulent autour des siens. Il respire longuement par le nez, à la fois apaisé et tourmenté.
Au bout de quelques secondes, le temps que la chaleur de leurs deux corps ne se soient régulées, Jyn relève la tête vers lui au même moment où lui la baisse vers elle, et leurs lèvres se frôlent une première fois. C'est tout ce qu'il a attendu depuis plus d'un mois. Voir même bien au delà du jour où il a compris qu'ils vivraient.
Son souffle s'écorche contre ses lèvres alors qu'il approfondit leur baiser, et les mains de Jyn quittent son dos, bien qu'elles soient toujours liées aux siennes. Elle le repousse doucement en arrière, jusqu'à ce que ses tibias ne touchent le bord de son lit dans son dos. Là, il sourit contre ses lèvres, et prend son visage en coupe, cherchant encore plus le contact de ses lèvres contre sa bouche.
Elle lui enlève sa veste, puis elle passe son t-shirt par dessus sa tête. Jamais il ne l'aurait pensé aussi douce. Il se l'imaginait sauvage, précipitée, pleine de passion. Mais cette Jyn lui plaît encore plus.
Il se laisse doucement tomber en arrière pour s'asseoir sur le matelas, le visage de Jyn toujours soigneusement entre ses mains, comme s'il était la chose la plus précieuse dans cet univers. Jyn le chevauche, et il retrouve l'audace qu'il a décelé chez elle dès le premier jour. Ses mains descendent de ses joues, puis le long de ses clavicules, et il laisse doucement glisser la bretelle de sa robe le long de son épaule.
Il sent chaque muscle de la jeune femme se tendre, et il arrête son geste à mi-chemin. Il se recule, et croise son regard hardant, mais brillant d'une lueur qu'il n'a que trop vu sur la plage de Scarif. La peur.
- Montre-moi tes cicatrices, murmure-t-il contre ses lèvres.
Elle serre les dents et ses yeux se ferment doucement.
- Je veux voir toutes les fois où tu as eu besoin de moi et que je n'étais pas là.
Les lèvres de Jyn tremblent alors que ses yeux s'ouvrent pour trouver les siens instinctivement. Des larmes menacent de tomber et dévaler ses joues, mais Cassin passe doucement son nez sur sa joue, suivant la lignée de sa mâchoire, jusqu'à trouver ses lèvres qu'il embrasse. Encore. Et encore. Jusqu'à ce que ses muscles ne se détendent sous ses doigts. Elle descend d'elle-même les bretelles de sa robe et se dévoile comme la femme fragile qu'elle est sûrement au plus profond d'elle-même et qu'elle a refusé de montrer pendant longtemps.
Les mains de Cassian remontent dans son dos, et les yeux fermés, il délimite avec ses doigts les cicatrices de son corps. Des cicatrices apparues à une époque où il n'était pas auprès d'elle, et il regrette. Peut-être que s'ils s'étaient connus plus tôt, sur une autre planète, dans une autre galaxie, les choses auraient été différentes. Peut-être qu'il n'aurait pas donner la moitié de sa vie à une cause au point de ne plus avoir d'espoir en rien d'autre. Peut-être qu'elle n'aurait pas souffert, et qu'elle ne se serait jamais sentie abandonnée. Peut-être que leurs amis seraient toujours avec eux, parce qu'ils auraient trouvé un moyen de se battre autrement.
Mais on ne peut pas changer le passé, on ne peut que l'accepter, parce que si on vit dans le passé, on ne peut pas avancer, on ne fait que reculer.
Sa peau est comme de la soie, malgré les petites marques blanches qui se dessinent dans son dos. Lui aussi a des cicatrices, et bien qu'elles ne sont clairement pas des trophées, il a appris à vivre avec et elles ne le font pas souffrir. Tout du moins pas autant que les nouvelles marques que laisse Jyn avec ses doigts sur sa peau. Chaque endroit où sa peau caresse la sienne, c'est une cicatrice de plus, plus profonde, indélébile, et qui va jusqu'à marquer au fer blanc son âme.
Il laisse leurs lèvres se séparer juste le temps de lui avouer :
Elle se recule légèrement et passe sa main dans ses cheveux. Ses yeux brillent comme si elle avait eu envie de faire ce geste depuis longtemps. Elle observe chaque parcelle de son visage avec une attention nouvelle et pleine d'espoir.
Il prend une grande inspiration.
- On a beaucoup perdu dans cette bataille, toi plus que moi encore, même si trois côtes en moins, c'est beaucoup, crois-moi.
Elle sourit, là, devant lui, sa natte défaite sur son épaule, ses épaules dénudées.
- Mais j'ai envie de te donner tellement de choses, si tu acceptes de partager ton avenir avec moi.
Elle pose sa main sur sa joue et passe son pouce sous ses yeux. Il ne va pas dire qu'il est sur le point de pleurer, mais il se sent soudainement vidé, et son cœur tombe au fond de son estomac comme un poids lourd au fond d'un océan.
- Je ne veux pas te faire oublier ce que tu as perdu, je veux que... Que tu ais l'espoir de croire que je peux te rendre heureuse.
Elle soupire et pose son front contre le sien.
- Mais tu me rends déjà heureuse. Ma place est avec toi, et cela ne changera jamais. Tu es le centre de mon univers, mon chez moi, tu es une partie de moi. J'ai déjà espoir, j'ai foi en toi, et je sais que la force est avec nous.
- Parce que nous ne faisons qu'un avec la force.
Elle sourit et se blottit contre lui. Son cœur bat à tout rompre dans poitrine. Il a pendant longtemps eu l'espoir de vivre dans un monde meilleur, espoir de mettre fin à cette guerre, et cet espoir, celui de vivre avec Jyn, de l'aimer et qu'elle l'aime en retour, il est plus puissant encore que les autres. Il lui donnera la force de se lever chaque matin. Il lui donnera la force de voir ses amis dans un monde meilleur.
Il lui donnera la force de vivre, tout simplement.