François Durif, Table à confettis, Villa Médicis, Rome, 02.01.23
seen from United States

seen from Poland

seen from Austria
seen from Brazil
seen from United States
seen from United States
seen from United Kingdom
seen from United States
seen from United States
seen from China

seen from Indonesia

seen from Russia
seen from China
seen from Mexico

seen from United States
seen from United States

seen from United States

seen from Chile

seen from United States

seen from United States
François Durif, Table à confettis, Villa Médicis, Rome, 02.01.23
"Je suis pour qu'on ferme toutes les écoles, toutes les universités. Qu'on recommence tout (...) si l'homme ne change pas dans sa solitude, rien n'est possible."
Marguerite Duras, 1969
Notre-Dame de Paris ♥
Vidéo, la cathédrale vue du ciel ║ Video, the cathedral from the sky : 1 & 2
“Fluctuat nec mergitur”
Défaire
J’attends le jour j’attends le soir
Le renouveau qui emportera le noir
Le souffle court froid qu’apportera l’espoir
Si j’enterre mon âme ce n’est pas une victoire
Si je m’empêche le rouge ce que je ne veux plus voir
Si j’ai perdu les larmes c’est que je ne sais plus croire
J’attends le jour j’attends le soir
Je ne fais qu’attendre je ne fais qu’asseoir
Cette immense lagune cet affreux miroir
Qui se brise me noie terrasse je suis un dépotoir
Il ne me reste rien aspiré jusqu’à mon histoire
J’attends le jour j’attends le soir
Tout s’étend s’étire se menace passe au pressoir
C’est long le temps quand on ne sait le boire
C’est étrange ce blanc mais quel est ce terroir
J’attends le jour j’attends le soir
Lentement je mûrie je pourrie j’illusoire
J’attends le jour j’attends le soir
J’attends le jour j’attends le soir
Notre-Dame
Théophile Gautier, in La comédie de la mort (1838)
[...]
Pour me refaire au grand et me rélargir l'âme, Ton livre dans ma poche, aux tours de Notre-Dame ; Je suis allé souvent, Victor, À huit heures, l'été, quand le soleil se couche, Et que son disque fauve, au bord des toits qu'il touche, Flotte comme un gros ballon d'or.
[...]
Et cependant, si beau que soit, ô Notre-Dame, Paris ainsi vêtu de sa robe de flamme, Il ne l'est seulement que du haut de tes tours. Quand on est descendu tout se métamorphose, Tout s'affaisse et s'éteint, plus rien de grandiose, Plus rien, excepté toi, qu'on admire toujours.
Car les anges du ciel, du reflet de leurs ailes, Dorent de tes murs noirs les ombres solennelles, Et le Seigneur habite en toi. Monde de poésie, en ce monde de prose, À ta vue, on se sent battre au cœur quelque chose ; L'on est pieux et plein de foi !
Aux caresses du soir, dont l'or te damasquine, Quand tu brilles au fond de ta place mesquine, Comme sous un dais pourpre un immense ostensoir ; À regarder d'en bas ce sublime spectacle, On croit qu'entre tes tours, par un soudain miracle, Dans le triangle saint Dieu se va faire voir.
Comme nos monuments à tournure bourgeoise Se font petits devant ta majesté gauloise, Gigantesque sœur de Babel, Près de toi, tout là-haut, nul dôme, nulle aiguille, Les faîtes les plus fiers ne vont qu'à ta cheville, Et, ton vieux chef heurte le ciel.
[...]
Parmi les palais neufs, les portiques profanes, Les parthénons coquets, églises courtisanes, Avec leurs frontons grecs sur leurs piliers latins, Les maisons sans pudeur de la ville païenne ; On dirait, à te voir, Notre-Dame chrétienne, Une matrone chaste au milieu de catins !
Certaines années sont de simples morceaux de temps, des instants homogènes situés sur une ligne qui promet d’être continuée. Mais ce n’était pas une de ces années. Ce fut l’année de la foudre, l’année des huit enfers glacés et brûlants. L’année-faille, l’année-brèche. Cette année, j’ai appris à voyager à l’intérieur de moi-même à la vitesse de la lumière. Ce fut l’année pendant laquelle la carte du monde s’est déployée devant moi, tel un condor qui étendrait ses ailes, dévoilant une cicatrice mortelle ouverte au milieu de sa poitrine. Ce fut l’année-rite, l’année-investiture. Le temps s’est cassé net et ce qu’il y avait avant et après la brèche ne pouvait plus être réuni. Et, cependant, l’espace (le monde, le corps), qui avant cela était scindé, est devenu, pour la première fois, traversable. Il était indispensable de couper le temps en deux pour pouvoir habiter l’espace, pour pouvoir reconstruire le corps.
Paul B. Preciado, extrait d’un article paru dans Les Inrocks, 2015
La crise de l'eau douce — le prochain conflit mondial
Il y a une ressource que nous traitons comme si elle était inépuisable, alors que tout indique qu’elle ne l’est pas. Une ressource sans laquelle aucune vie n’est possible — ni humaine, ni animale, ni végétale. Une ressource que nous polluons, gaspillons, privatisons et dilapidons à une vitesse qui n’a aucun précédent dans l’histoire humaine. Cette ressource, c’est l’eau douce. Et la crise qui…
Les langues minoritaires — diversité culturelle et résilience
Il y a quelque chose qu’on ne mesure pas quand une langue meurt. On peut compter les derniers locuteurs, enregistrer les derniers mots, archiver les dernières chansons. Mais on ne peut pas mesurer ce qui disparaît vraiment — une façon de voir le monde, de découper la réalité, de nommer ce qui existe. Une mémoire collective accumulée sur des millénaires. Un lien vivant entre les hommes et la terre…