(ARTICLE BLOG LE MONDE) SUR LA REFONDATION DE L'ÉCOLE
http://maragoyet.blog.lemonde.fr/2014/04/02/refondation-deception-consternation/#more-4133
1) Il faut créer une formation des maîtres digne de ce nom qui tienne compte de ce que l'on souhaite transmettre (il faudrait se mettre d'accord, cesser d'opposer l'instruction et l'éducation), des élèves que nous avons en face de nous, de ce que peut représenter le savoir et sa transmission au XXIème siècle. Il faudra apprendre à concilier pertinence et exigence et cesser de se disperser à tous vents, de courir mille lièvres à la fois, de se braquer, de faire le hussard peinard ou de se ruer dans tous les panneaux pour un peu qu'ils brillent ou soient nouveaux. Il faudra apprendre à se jeter à l'eau, tous en même temps. Enseigner, c'est s'embarquer.
2) Il faut mettre tous les moyens possibles pour les élèves en difficulté, dès le plus jeune âge. Cela parait banal mais ce n'est toujours pas le cas. Cela suppose que l'on réagisse dès la première minute quand un problème apparaît, ce qui demande des maîtres, du temps, des idées, de la cohésion, de la communication, du suivi, de la continuité. Cela demande de se recentrer, de sortir de ce système où l'on semble redécouvrir les élèves chaque année, chaque semaine voire chaque heure. (à ce titre, voir le système éducatif danois qui s'organise de manière à ce qu'un enseignant suit le même groupe d'élèves : "C’est le groupe-classe qui est au centre du système mais, à la différence de la France par exemple, ce groupe ne change quasiment pas au cours des neuf années de la scolarité obligatoire et il conserve le même enseignant tout au long de cette période. Dès lors, la classe est un élément de reconnaissance plus important que l’école elle-même.") L'option périscolaire qui a été prise par Vincent Peillon représente, à ce titre, un gâchis phénoménal. Much ado about nothing.
3) Il faut revoir les programmes pour que les cours, dans le secondaire, cessent d'être une accumulation hétéroclite, sans effet ni but, vite oublié, vite passés. Il faut assurer la continuité et la cohérence entre les disciplines, entre les niveaux, entre les établissements. Sans doute (attention, j'entends crier) faudrait-il des équipes plus réduites pour assurer la transition entre le primaire et le lycée et éviter que le collège soit le lieu de toutes les explosions et de toutes les dispersions.
4) Il faut modifier le climat des établissements. Un professeur encouragé et soutenu est bien meilleur. Un élève aussi. Un parent de même. Plutôt que de rester dans un système qui casse et attend au tournant, il faut se montrer bienveillant (ce qui ne veut pas dire laxiste) et responsable. Je reviens toujours à cette phrase de Péguy : il faut être ferme et souple, pas rigide et mou. Cela suppose de modifier les modalités de formation, d'inspection, de recrutement des chefs, de notation, de progression, d'exclusion, de suivi, d'information."