Il y a des êtres qui nous manquent tant qu’en regardant le ciel, on cherche leur visage au milieu des nuages…
V. H. SCORP

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Il y a des êtres qui nous manquent tant qu’en regardant le ciel, on cherche leur visage au milieu des nuages…
V. H. SCORP
source : @cheminer-poesie-cressant
.
pour voir :
regarder par le regard, le regard se faire
se délivrer du visible, proportionnellement au visible
le monde paraître nouveau
--
to see:
to look through the gaze, to let the gaze happen
to free oneself from the visible in proportion to the visible
the world appears new
--
per vedere:
guardare attraverso lo sguardo, lasciar accadere lo sguardo,
liberarsi del visibile in proporzione al visibile
il mondo appare nuovo
.
© Pierre Cressant
(vendredi 6 décembre 2024)
L’éloge de la lenteur : réapprendre à vivre
Prendre le temps… Ce n’est pas seulement ralentir le pas : c’est retrouver le souffle. C’est se souvenir que l’existence n’est pas une chaîne de chiffres et de délais, mais une succession d’instants qui ne reviendront pas. Nous vivons dans une époque où l’on exige des hommes qu’ils deviennent des machines, où l’on mesure leur valeur à la cadence de leur production, et non à la beauté de ce qu’ils façonnent. On prétend que la vitesse est synonyme de progrès, que l’optimisation est l’horizon indépassable, quitte à sacrifier la saveur, la patience et la fierté que l’on prend à un ouvrage bien accompli. Comme si l’agriculteur n’était plus qu’une variable d’ajustement, pressé de produire toujours plus, quand il ne rêve que de semer au rythme des saisons et de récolter avec dignité. Prisonnier des dettes et des exigences, il voit s’éloigner la terre qu’il aimait comme un compagnon de vie.
Prendre le temps, c’est désobéir à cette tyrannie de l’instantané. C’est lever les yeux vers un ciel qu’aucune rentabilité ne peut colorer. C’est marcher dans les sillons encore chauds du soleil couchant, humer l’air après la pluie, contempler un fruit mûrir sans hâte. C’est accepter de ne pas répondre à l’injonction : « Consomme, donc tu es. » Car vivre autrement, c’est comprendre que la consommation effrénée n’est pas la récompense suprême, mais l’illusion d’un manque qu’elle entretient.
Il faudrait renverser l’ordre établi : que l’économie serve l’homme, et non l’inverse. Produire ce qui est nécessaire, plutôt que forcer l’homme à désirer ce qui est produit. « Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va », écrivait Sénèque. Alors, sachons d’abord où nous voulons aller : non pas vers une abondance artificielle, mais vers une abondance de sens.
Prendre le temps, c’est retrouver la mesure des choses, et s’offrir la liberté de l’inutile — celle qui fait l’art, la poésie, la conversation sous un tilleul. C’est comprendre que la lenteur est parfois le seul chemin vers l’essentiel. Comme le disait Montaigne : « Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu’il craint. » Ainsi, qui craint de perdre son temps l’a déjà perdu.
Alors, osons l’insolence douce de la lenteur. Non pour fuir le monde, mais pour le retrouver.
Mes yeux globuleux recréent le monde Dès qu’il se brise dans leur éclat. Avec mon regard, ce lieu je sonde, Mais quand je le vois il n’est plus là.
Dans mes pupilles vit un trou noir Dont la faim nul ne peut satisfaire. Mon iris est un ciel fait pour boire Les étoiles sans tenir de verre.
Ô bel univers! Couleurs et voix J’enferme en moi où brillent tes flammes. Je brûle d’amour, pourtant me noie Dans tes mouvements la vague à l’âme.
Se dessine alors, sans main, l’image D’un Éden où mes ailes sont amples. Je reconnais mon propre visage Dans tout ce qu’en touchant je contemple.
Les dieux ont leur fruit, leur feu, leur boîte Avec laquelle chaque plaie s’ouvre. Le long de ma gorge, il glisse et gratte, Le savoir dont le goût je découvre.
Les rayons, parfums et chants d’oiseaux Dévorés du regard en moi entrent. J’ai à la bouche la mer, non l’eau; Plus grands, mes yeux bruns croquent le ventre.
Ô Terre, dans tes bras je m’élance, Caillou bleu jeté par la fenêtre! Te suivant, captive au pur silence, Tes airs de mystère me pénètrent.
-Poésie: "Regard réverbérant", à lire dans "Genèse d'une femme" par Marine Mariposa, disponible gratuitement sur https://sites.google.com/view/papillondusublime/gen%C3%A8se-dune-femme -Images: ''La Belle Liseuse'' et ''The flower seller'', Comerre
Stopper le monde
Ce que je tiens mentalement pour la réalité du monde n’est qu’une simple description du monde dont on m’a gavé dès ma naissance. La vie quotidienne réside en un continuel flot d’interprétations perceptuelles que nous avons tous appris à faire. * La condition préliminaire pour “stopper-le-monde” est qu’il faut se convaincre, c’est à dire qu’il faut apprendre intégralement la nouvelle…
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(Des mots sur le sol.)
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