« Je crois profondément au temps. L’épreuve du temps est décisive, y compris dans le rapport à ’son temps’ »
Rencontre avec Céline Sciamma from Nocturnes Productions on Vimeo.
C’est avec le recul des trois longs métrages qu’elle a réalisés que Céline Sciamma évoque son parcours au cinéma, ouvert par Naissance des pieuvres en 2007, poursuivi avec Tomboy en 2010, puis Bande de filles en 2014.
Scénariste de formation à la Fémis, Céline Sciamma arrive à la réalisation par la mise en scène de son scénario de fin d’études, Naissance des pieuvres. Depuis elle s’attache, sur un mode quasi impressionniste, à rendre sensible ce qu’elle appelle « l’état de fille », de 12 à 16 ans. Parce que la féminité n’a rien d’une évidence dans un paysage cinématographique qui reste encore aujourd’hui volontiers masculin, – seuls 25% des réalisateurs sont des réalisatrices – ses films captent une chorégraphie d’émotions secrètes et intenses, au gré des soubresauts d’une recherche identitaire qui va toujours au delà des premières apparences. Les corps s’effleurent ou se brusquent, et l’envie nous prend de danser sur des chansons tristes.
Céline Sciamma nous ouvre les coulisses de sa discipline d’écriture.
« L’air du temps, le cool, c’est pas trop mon truc »
Rencontre avec Virgil Vernier from Nocturnes Productions on Vimeo.
De la petite principauté d’Andorre aux immenses tours de Bagnolet, les paysages des films de Virgil Vernier se parent d’éclatants reflets médiévaux ou futuristes, par lesquels ils s’isolent en apparence de l’époque contemporaine. En apparence seulement, puisque le réel est en vérité au centre d’une filmographie en perpétuel dialogue avec l’écriture documentaire, y compris dans une fiction comme Mercuriales, son dernier film en date.
Après des études aux Beaux-Arts de Paris, Virgil Vernier commence à réaliser en 2001. En 2007 sort son tout premier long-métrage, Chroniques de 2005, un documentaire où s’entremêlent la vie et les rêveries de cinq personnages nés au début des années 1980. Entre 2006 et 2009, il réalise avec Ilan Klipper un diptyque documentaire sur le milieu de la police, Flics. Après plusieurs courts-métrages documentaires, il propose en 2012 avec Orléans une fiction de 58 mn, qui met en scène un étonnant télescopage entre la figure de Jeanne d’Arc et deux stripteaseuses d’aujourd’hui.
Virgil Vernier nous parle de liberté et d’instinct.
« Il ne faut pas copier les films qu’on aime, mais les utiliser comme des repères pour se donner du courage »
Rencontre avec Claire Burger from Nocturnes Productions on Vimeo.
Après Marie Amachoukeli, c’est au tour de Claire Burger, co-réalisatrice des films Party Girl (2014), Forbach (2008), C’est gratuit pour les filles (2009) et Démolition Party (2013), d’apporter son éclairage sur le processus de fabrication d’un film.
Diplômée du département montage de la Fémis en 2008, Claire Burger a grandi à Forbach, cette commune de Moselle qui se tient au coeur du projet artistique de longue haleine qui la lie à Marie Amachoukeli (elle aussi ancienne élève de la Fémis), et à Samuel Theiss, le troisième réalisateur de Party Girl, son ami d’enfance. De Forbach et du personnage atypique et lumineux qu’est la mère de Samuel Theiss, Angélique, les trois réalisateurs tirent avec Party Girl une fiction intimement adossée au réel, entièrement incarnée par des comédiens non professionnels.
Face aux fluctuations de l’écriture et les hasards des tournages, Claire Burger raconte ce que signifie pour elle rester à l’affût.
Rencontre avec Amachoukeli from Nocturnes Productions on Vimeo.
Cette foi à toute épreuve, Marie Amachoukeli en fait un fil rouge de son expérience de réalisatrice, elle qui concrétise en 2014, aux côtés de Claire Burger et de Samuel Theiss, un projet mis en gestation sept années auparavant: Party Girl. Le film, leur premier long métrage à tous les trois, remporte la Caméra d’or au Festival de Cannes, et marque les esprits par le regard tendre et incisif qu’il porte sur Angélique, héroïne de la vie réelle, ancienne entraîneuse de bars en Lorraine, et mère de Samuel Theiss.
Diplômée du département scénario de la Fémis, Marie Amachoukeli commence à écrire et à réaliser en tandem qu’elle forme avec Claire Burger. En 2008, leur premier court-métrage, Forbach, réalise un portrait familial aux accents lorrains, dont Angélique, déjà, est la figure maîtresse. Un an plus tard, en 2009, C’est gratuit pour les filles, courte escapade au pays de la cruauté adolescente, remporte le César du meilleur court-métrage. En 2013, Demolition Party, scelle la collaboration des deux jeunes réalisatrices.
Marie Amachoukeli revient sur ce qu’elle n’hésite pas à appeler, avec le sourire, « ses souvenirs de guerre »…