Qu’est-ce que tu cherches?
Prédication par Andrew Rossiter à Bergerac le 11 janvier 2026 Jean 1.29-42
Voila nous sommes bel et bien en 2026. Nous avons souhaité le «bonne année» des dizaines de fois déjà, et il nous restent encore 20 jours pour le faire. C’est aussi le moment de formuler nos résolutions, qui se tiendront, longtemps, peu de temps ou pas de tout. J’inclus un lien pour le billet d’Anne-Marie Feillens, qui nous parle de bonnes résolutions: https://sudouest.epudf.org/actualites/edito/7494/.
Je reprends la question de Jésus ce matin pour le thème de la prédication: «Qu’est-ce que tu cherches?» (verset 38).
Q’est-ce que tu cherches en cette année 2026. Ce que tu cherches aujourd’hui, est-il différent de ce que tu cherchais il y a un an, trois ans, dix, vingt ou trente ans? Si oui, en quoi c’est différent? Et si c’est non, rien n’a changé, pourquoi n’a-t-il pas changé?
La question que Jésus pose contient le pouvoir de réorienter nos vies et de commencer à changer notre monde. Et si notre résolution cette année est de poser cette question, comment peut-elle changer notre vie? Qu’est-ce que nous cherchons, toi et moi?
Les réponses éventuelles que nous trouverons à cette question peuvent nous dire un peu plus sur qui nous sommes et où nous allons. C’est une question d’orientation. C’est une question qui indique une direction ou une piste que nous pouvons suivre. Elle ne contient pas une destination, mais elle montre un sentier qui peut nous conduire loin de notre chemin habituel, ou au contraire, nous conforter sur notre choix de direction.
Alors ce matin, poses-toi la question de Jésus: Qu’est-ce que tu cherches?
La question n’est pas toujours très évidente. Pour ma part, je ne suis pas toujours sûr de ce que je cherche. Il me semble que plus que je vieillis, moins j’ai de réponses. Les réponses qui fonctionnaient pour moi il y a 20 ou 30 ans… ont tendance à revenir en forme de question aujourd’hui. Les certitudes qui habitaient ma vie de jeune pasteur ont été transformées par le passage de temps et les expériences de la vie. Je pense que c’est ce que Jésus fait pour les deux disciples de Jean le Baptiste qui se tournaient vers lui. Par deux fois ils ont entendu Jean dire «Voici l’Agneau de Dieu» en indiquant Jésus. André, qui est nommé comme un des deux, a entendu la réponse, tout comme son compagnon, et ils se mettent en route pour suivre Jésus. Arrivés devant Jésus, avec leur réponse toute prête, ils entendent «Que cherches-tu?» Que veux-tu?
Cela ne leur servira à rien de répéter «Nous cherchons l’Agneau de Dieu», car c’est la réponse de Jean. Il faut qu’ils trouvent leur propre réponse. Et leur réponse se trouve à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils ne peuvent pas approprier la réponse d’un autre, aussi valide qu’elle soit. Jésus leur demande de regarder en eux-mêmes, de se regarder et de répondre pour eux-mêmes. Personne d’autre ne peut nous donner notre réponse. Le chemin, c’est le nôtre. S’épanouir, grandir et prendre la responsabilité de nos vies - c’est quelque chose que nous devons faire pour nous-mêmes. Et cela peut être difficile et lent. Cela peut prendre toute une vie.
Jusqu’il y a 35 ans, j’ai été convaincu que la foi chrétienne était une affaire individuelle. Que chaque personne en son intérieur avait seule la possibilité de découvrir la foi. En cela j’étais le produit de mon passé dans l’Eglise Baptiste. Cette conscience individuel devant Dieu est le socle de l’Eglise Baptiste et se traduit, entre autre, dans la certitude que uniquement une personne consentante puisse demander le baptême et être baptisée. Le baptême était un acte de foi individuelle pour moi. C’était tellement évident que ce n’était même pas une question pour moi. Le baptême est devenu une question le jour où on m’a demandé de baptiser un bébé dans le culte réformé au temple de Rouen.
J’ai dû plonger en moi-même pour savoir quelle était la vérité de ma position sur le baptême. La certitude est devenue une question. La question m’a mis sur une réflexion sur la foi, non pas une foi individuelle mais la foi personnelle. J’ai découvert que je ne suis pas formé moi-même. Je suis qui je deviens par un long processus de rencontres, d’histoires, de personnes, de choix et des orientations. Tout ce monde, toutes ces expériences qui m’ont touchées de loin et de près, ont contribué à façonner le chrétien que j’étais, et ce processus est toujours en route en moi. Pour compléter l’histoire, j’ai célébré ce baptême avec joie.
Il y en ici, ce matin qui peuvent tracer un chemin similaire dans leurs vies de croyant. Il y en a pour qui la question, suivre la question, est la base de leur foi, le doute nourrit leurs croyances et il y en a, pour qui trouver et avoir la réponse est primordial. Parfois nous voulons obtenir la réponse, une fois pour toutes. Et comme ça, la question est réglée, nous pouvons continuer avec nos vies… comme avant. La vie serait bien plus simple. Et c’est clair, il ne manquent pas des gens, des églises, des mouvements et des options qui offrent des réponses «toutes faites», des réponses pré-cuites comme les repas micro-ondes «pong-ping». Il suffit de faire ceci ou cela, de dire ceci ou cela, de croire… bah! comme moi. Tu verras tout ira très bien.
Nous aussi, nous pouvons être tentés par l’apparente simplicité offerte par quelqu’un qui nous dira ce qu’il faut faire, même si nous n’aurons aucune intention de suivre leur conseil. C’est bien plus difficile de vivre avec la question. Pourtant, les évangiles nous racontent que Jésus donne rarement des réponses directes. Dans le texte d’aujourd’hui, par exemple, quand les deux disciples demandent, «Où habites-tu?» Jésus ne leur donne pas d’adresse, des coordonnés GPS ou d’informations sur où il va, ce qu’il fait, qui il est, ou comment il passe son temps. Il lance une invitation, «Viens et tu verras».
Il les invite, il nous invite, de faire pour nous-mêmes son expérience de vie. Ce chemin ouvre devant nous des possibilités et des souvenirs que nous n’aimerions pas nécessairement rencontrer. Peut-être nous sommes appelés à re-regarder ce que nous avons fait et ce que nous n’avons pas fait, d’affronter nos désirs et aspirations les plus profonds, ressentir nos blessures et nos pertes. Etre face à cette question est peut-être reconnaître le vide intérieur, imaginer ou rêver une vie différente, s’interroger sur ce qui est pour nous d’une importance ultime, nommer ce qui façonne et forme nos vies. Et cela peut être risqué et effrayant. Ce n’est pas toujours confortable d’être réel et honnête avec soi-même, être à la fois vulnérable et ouvert devant les autres.
Wow! tout ça se trouve dans cette question: «Que cherches-tu?»
La réponse, devient alors une invitation, et c’est toujours la même:
Si tu cherches guérison et acceptation - viens, vois.
Si tu cherches pardon et plénitude - viens, vois.
Si tu as besoin d’espérance et courage - viens, vois.
Si tu ressens la manque de lumière et direction - viens, vois.
Si tu aspires à une vie pleine - viens, vois.
Je penses que vous avez compris ce que je veux dire. Jésus ne nous offre pas un manuel pour devenir un «bon chrétien», ou une bonne personne. Il ne trace pas une série d’étapes à franchir pour que nous puissions nous réaliser et devenir qui nous sommes. Il n’existe pas pour lui une notice d’utilisateur de la vie. Il nous offre la promesse: viens et vois. Dans cette promesse il existe un lieu, un espace, qui s’ouvre pour nous. Il existe quelque chose qui peut combler nos attentes les plus profondes. Cette chose, c’est de se mettre en chemin avec lui. Ou de continuer ce chemin commencé il y a si longtemps. La promesse c'est qu’il est là, qu’il nous attend. Non pas là où il réside, mais là où il est déjà en route avec nous.
Alors, comment entends-tu cette question, en ce jour du 11 janvier 2026, «qu’est-ce que tu cherches?».










