jamais remarqué les autres années à quel point les platanes savent se placer en réserve du printemps, de son agitation qui rend les rues plus lumineuses, en attente ; sans doute parce que rarement printemps n'a été si précoce dans son chant, ses traversées, son envol ; tout désormais brille de verts variables autour d'eux dépouillés solitaires, impassibles à cette lumière ; et il y avait là une grandiloquence d'originalité, une énergie du diable, une résistance, à garder cette posture, cette tenue d'hiver, ce refus des influences, de participer au grand jeu des métamorphoses
© Pierre Cressant
(vendredi 1 avril 2011)
















