Commencer pour de bon, c’est commencer en se possédant inaliénablement. C’est donc ne pas pouvoir revenir en arrière. C’est s’embarquer et couper les amarres. Dès lors, il faut courir l’aventure jusqu’au bout. Interrompre ce qui a été vraiment commencé est une manière de le terminer sur échec et non pas abolir le commencement. L’échec fait partie de l’aventure. Ce qui a été interrompu ne sombre pas dans le néant comme le jeu. C’est dire que l’acte est l’inscription même dans l’être. Et la paresse en tant que recul devant l’acte est une hésitation devant l’existence, une paresse d’exister.
Emmanuel Lévinas, De l’existence à l’existant, Vrin, 1990














