TOMB RAIDER (2018)
Lara Croft est une icône du jeu vidéo, héroïne de TOMB RAIDER depuis maintenant 22 ans: en 2013, un reboot vidéoludique éponyme redéfinissait la licence, avec de forts changements, et c’est sur ce modèle que le live-action de 2018 est basé. Exit donc la Lara “à l’ancienne”, plantureuse playmate archéologue/exploratrice badass inspirée par INDIANA JONES (1981-2008) mais aussi par Batman -le manoir familial, l’héritage financier se hissant à plusieurs millions de livres sterling-, et bienvenue à une version plus jeune du personnage, qui va apprendre à devenir le mythe que l’on connaît: plus axé survival, le jeu de 2013 joue la carte du “réalisme” -adieu les gros nichons donc-, avec un fort penchant cinématographique, plus survival qu’actioner, mise en scène travaillée à l’appui. Une bonne raison d’oublier les deux daubes adaptées à l’écran avec Angelina Jolie -une en 2001, et l’autre en 2003, signée Jan De Bont (SPEED,1994 ou TWISTER,1996)-, qui prend ainsi forme avec Alicia Vikander dans le rôle-titre -oscarisée pour son interprétation dans THE DANISH GIRL en 2016, mais tellement meilleure dans l’excellent EX MACHINA (2015)-, et place Roar Uthaug -les moyens COLD PREY I & II (2006-2008) et THE WAVE (2015)- dans le siège du réalisateur. Pourquoi pas? Avec SQUARE ENIX et 100 millions de dollars, peu probable de se planter. Hélas, TOMB RAIDER est aussi plat que le physique de son héroïne rebootée: n’y voyez là aucun sexisme, mais plus une évidence générale quant à la qualité du long-métrage. La bande-son de Junkie XL est formatée/oubliable au possible, et le film a beau être énormément plus fidèle au jeu de 2013, on s’ennuie ferme. On a déjà vu TOMB RAIDER 2018, et en mieux: lorgnez du côté d’Indy ou même de THE MUMMY (1999), ce sera plus amusant. Mieux, regardez un walkthrough des jeux TOMB RAIDER sur YouTube, ou payez-vous la trilogie des UNCHARTED (2007-2011), ça sera un investissement plus judicieux que le prix d’une place de cinéma: ok, on est méchants, mais merde quoi, on attend encore LA grande adaptation de jeu vidéo sur grand écran! Bon, là aussi on ment un peu, vu que seul Christophe Gans a réussi l’exploit d’adapter SILENT HILL (2006) comme il faut, satisfaisant le néophyte et le connaisseur à la perfection. Le hic, c’est que TOMB RAIDER ne peut pas s’empêcher de nous montrer des séquences inutiles, à l’image de cette scène en vélo sous fond de rap américain dans les rues de Londres, ou avec cette punchline risible que Lara lance au bad-guy: “you messed with the wrong family”. Sérieux? Sérieux? Bref, le tout se déroule comme un rouleau de PQ, c’est à dire sans effort nécessaire: soyons heureux qu’il n’y ait pas de caca dessus certes, mais ça reste du papier hygiénique, et JE N’AI PAS ENVIE de me torcher les rétines avec le nom de TOMB RAIDER. Au moins j’aurai appris un truc, c’est que la couleur de la vie c’est LE VERT, OK? Moi j’aurai répondu BLEU, ma copine pensait MARRON: mais si Lara le dit... Tout ça est trop académique et vu/revu/putainmaisj’aidéjàvuça/jesaiscequivasepasser: on évite bien sûr le ratage total que fût ASSASSIN’S CREED (2017), mais dieu que c’est long pour même pas 2h de film... Consommé, digéré, TOMB RAIDER dévoile son titre après son final facile pour enchaîner sans pause sur une autre scène, où la miss récupère ENFIN ses deux flingues -une caractéristique OBLIGATOIRE du personnage original et conservée depuis-, qui nous laisse deviner un second film à venir. Et on s’en fout pas mal. Le seul point positif de TOMB RAIDER 2018, c’est son intérêt supérieur aux deux itérations cinéma sauce navet l’ayant précédé. Heureusement que j’ai pas payé mon ticket, tiens.
TEMPS PERDU /20