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Il faisait bon et l’on sentait l’empressement des fins de journée où chacun désire rentrer chez soi sans abandonner plus de minutes qu’il n’est nécessaire au monde de l’affairement. La rue de la Paix semblait pourtant animée d’une atmosphère particulière. On notait une anormale densité de gens ostensiblement bien habillés. Les souliers étaient glacés, les vestes agrémentées de pochettes et les couleurs s’affirmaient de façon assez fantasque.
Cela s’expliquait finalement assez facilement : une grande et lumineuse boutique dégueulait des éructations électroniques signalées par un petit cordon pour rappeler un territoire faussement privatif façon festival de Cannes. Tel était le lieu de convergence du troupeau de bellâtres.
Accueillis par de savants cocktails et d’accortes demoiselles blondes, ils rivalisaient de flamboiement. Le costume trois-pièces narguait le costume croisé, le carreau-fenêtre se le disputait au pinstripe et la chaussettes jaune affrontait le prince-de-galles. La compétition capillaire crépitait. Dans cette course à la distinction, l’uniformité guettait et rendait radicalement indistinguable toute personnalité autonome. Cette soirée de lancement était une vraie réussite : tout le monde était sur la même longueur d’ondes.
On lit souvent que l’habit, à défaut de faire le moine, fait le bourgeois. Ou plutôt, que le vêtement constitue l’exercice d’une forme de pouvoir, d’ascendant, d’oppression. Ce cliché sociologique est aussi bien propagé par le sartorialiste se piquant d’une supériorité qu’il est souvent le seul à percevoir que par le justicier idéologique voyant des inégalités partout sans considérer ses propres atours réalisés par des esclaves ni la position de pouvoir que lui confère son rôle de dénonciateur, en général au sein des institutions.
Lors d’une soirée de lancement d’un magasin de mode, on peinera à trouver dans les comportements vestimentaires la pratique d’une supériorité sociale puisque sont réunis des individus appartenant au même univers — lequel se définit sur le plan professionnel et non comme hiérarchie stratifiée et imperméable servant à la domination d’une caste. Le costume et la cravate sont loin d’avoir une fonction d’apparat évoquant l’Ancien Régime…
Car dans le système des valeurs vestimentaires, tout est dans la contextualisation. Une tenue n’a de sens que dans un environnement et un rapport social. Un attirail de caïd en survêtement avec casquette à l’envers et tout le bling qui en découle n’a aucune valeur sur le marché du travail… mais en a énormément dans le monde du rap. Et inversement, inutile de chercher à percer dans le rap si vous vous habillez avec un veston en tweed.
Mettre un costume n’exerce aucun pouvoir si vous n’avez pas une position de pouvoir. Et si vous êtes ministre, ce n’est pas votre costume qui exerce le pouvoir, mais bien votre position.
Le vêtement se déchiffre. Parce qu’il existe des normes implicites, interprétées de façon fluide et changeante par les différents groupes sociaux, le vêtement a du sens. Ce qui régule l’interprétation, c’est le sens commun. Sans consensus général sur ce qui est « chic », « laid », « audacieux », « convenable », etc. aucun de ces positionnements n’aurait de sens. L’outrance la plus colorée a besoin de s’appuyer sur la grisaille des autres.
Pour libertaire qu’il paraisse, le fameux « chacun ses goûts » n’a aucun sens et contient sa propre contradiction : il n’existe pas de goût qui ne se fonde sur le partage de perceptions collectives. Pour choquer ou se singulariser, il faut bien admettre que le contraste dépend de ce dont on prétend se distinguer.
Ce que révèle le vêtement — mais de manière souvent beaucoup plus cryptique qu’on ne le devine — c’est le rapport d’un individu à un groupe social, à une fonction professionnelle, à une époque, à un quartier, bref un positionnement vis-à-vis de toutes les déterminations qui sont les nôtres. Car chaque individu relève du croisement de ses différentes appartenances (professionnelles, familiales, linguistiques, etc.) qui sont mises en jeu de façon diverses. Ce qui exprime une forme de conformisme dans un contexte paraîtra original ou discordant dans un autre. Car il existe aussi des circonstances ponctuelles qui dictent le vêtement (lieu de travail ou de loisir, contraintes pratiques ou plaisir).
Le vêtement comme style est moins l’instrument d’un pouvoir que le révélateur d’un positionnement —saillance ou intégration, avec tout un continuum de possibles — envers son milieu. Le vêtement est donc plutôt l’instrument d’un ajustement et d’une fluidité sociale qu’un monolithe marquant les limites d’un territoire.
Dans la scène décrite en ouverture de cet article, on constate que le monde du beau vêtement possède son homogénéité, c’est-à-dire son conformisme, ses normes. Il suffit de quitter le lieu où se réunit le monde de la mode masculine pour prendre le métro et ces vêtements seront perçus comme un déguisement plus ou moins incongru. La flamboyance façon Pitti n’est donc pas l’expression d’un pouvoir qui pèserait sur qui que ce soit, mais l’exercice d’un comportement de connivence. C’est la reconnaissance bien plus que l’exclusion qui sous-tend ces comportements.
La contextualisation des vêtements a beau être une évidence, une certaine idéologie veut parfois nous imposer une grille de lecture « intéressée », comme s’il fallait à tout prix qu’une relation de force existât entre les individus et que règne la domination de l’un sur l’autre pour que l’on puisse, assez artificiellement, la dénoncer.
Mais, comme le langage, et malgré toutes ses ambiguïtés, le vêtement propage du sens, pas du pouvoir.
Cioccolato!? -- Kicking of the week with one of the new ties I had been gifted from @neckwear recently and my first choice to go for was the “chocolate” stripes tie from the bunch. Paired with a brown knitted waistcoat and a brown corduroy jacket along a blue shirt which is a contrast but also helps bringing the brown together. I think it was for sure the hardest one to bring into a look from the ties I received and I’m pretty happy how it turned out. I’m sure some of you would have opted for a white shirt instead - I admit I was thinking about it but found the background being to harsh. Wishing you all a good start into this new week fellows! -- [Werbung/Advertisement] -- #ootd #metoday #giftedgoods #gentleman #neckwear #menfashion #sartorial #sartorialism #mensstyleblog #classymen #mnswr #savilerow #mtm #bespoke #classydapper #bestofmenstyle #styleinspiration #mensweardaily #corduroylove #suitup #menstailoring #tailored #styleformen #styleforum #dappergents #layering #layeringgame #autumnwear #whathozzywears #hozzyslookbook https://www.instagram.com/p/B5AONtko5BJ/?igshid=1hkxicnzf4a3u
A vintage Land Rover meets Sartorialism in Cool n Vintage’s latest editorial, once again establishing a very high standard for all companies working in the business. The Portuguese brand keeps on delivering beautifully refurbished classics sure to light your cravings for superb vehicles...moreover they usually feature them driven by equally outstanding women. This time around however, they decided to pay an homage to gentlemanliness. Enjoy!