Envisageons la “sorcière” par l'angle d'une entité SUBVERSIVE, PUISSANTE & MARGINAL(isé)E, qui revêt des formes plurielles.Comment cet archétype peut-il être inspirant de nos jours? Comment éviter les écueils d'une récente mode à se réapproprier les codes occultes de cette “figure “ et qui a tendance à écraser la réalités de femmes passées, présentes et futures?
DEADLINE repoussée jusqu'au : 31 MARS 2017 à minuit.
Dans ce projet d'édition, on voudrait célébrer le potentiel émancipateur de cette figure complexe qui vit en affranchie, dans un rapport au monde qui court-circuite les modes convenus de savoir, de percevoir et d'agir. Celle qui ne craint pas de transgresser les normes quand elle l'estime juste du fond de ses tripes, qui ose aller au contact de l'obscur profane … qui a malheureusement été persécuté pour cela, et qui continue d’être stigmatisée dans nos sociétés actuelles, voire torturée et tuée (comme c'est le cas au Ghana, en Inde, en Arabie Saoudite).
Attention! Appliquer le concept de "féministe" aux sorcières serait un anachronisme ahurissant et n'a aucun sens, et ce n'est pas notre propos. On souhaite insister sur le fait que notre zine, bien qu'abordant l'angle de réappropriation féministe de la figure de la sorcière, veut aussi mettre en lumière la réalités de femmes de magie dont le mode de vie avait forcément un impact social et politique à un moment où les POUVOIRS religieux et étatique formaient ensemble l'autorité politique. C'est de leur courage de s'accepter (et d'embrasser des modes de vies et de perceptions durement réprouvés par la société) que nous voulons nous nourrir dans un travail d’acceptance de nos singularités.
L'image d'un être monstrueux et surnaturel - la plus véhiculée encore aujourd'hui quand on parle de sorcière - vient masquer la réalité de ces femmes de chair et d'os dont les modes de vie et d'action menaçaient l'autorité. Pour mieux les persécuter, on a privé les sorcières de leur humanité dans les représentations. C'est ce sale héritage qui nous reste d'elles actuellement car leur histoire a été écrite et archivée par les mêmes personnes qui voulaient les éradiquer et, avec elles , leurs savoirs et la possibilité d'une alternative à leurs dogmes.
Parce que l'occultisme revient en force dans les tendances culturelles (dans les arts, l'industrie de la mode, les réseaux tels tumblr, pinterest, …) jusqu'à faire de ses symboles des images plates et vidées de leurs sens. Parce que la figure de la sorcière reste encore trop souvent enfermée dans des stéréotypes vus et revus depuis des siècles :Vieille femme repoussante qui appelle à la moquerie / Jeune femme nue et sexuellement objectifiée / à califourchon sur un balai / penchée au dessus d'un chaudron.On est lassées de ces images de sorcières consensuelles!On veut invoquer les forces imaginales qui existent hors de ces poncifs.
On veut célébrer ces personnes dont les actions dépassent l'entendement, les érudites farouches, les guérisseuses, celles qui tissent des liens non convenus, les rétives, les che-lou, les désobéissantes, les monstrueuses qui envoutent, les curieuses luciferantes, celles qui sont à l'écoute de leur rythme intérieur, les incomprises, celles qui maudissent les injonctions des moralistes à cravates et à soutanes, les stigmatisées, les lunatiques, celles qui n'ont pas peur de se mettre de la terre sous les ongles…
On veut partir de cette figure sociale historique et folklorique, pour en faire un cristal aux multiples facettes à travers duquel on pourrait se percevoir, se situer et s'imaginer. Nous voulons créer un corpus d'images qui rende à ce statut transcendant ce qu'on lui a confisqué, quitte à prendre le risque de former de nouvelles images fantasmées, mais en tentant de les charger de substances productives et nourricières. Pour célébrer l'ambigüité de la figure de la sorcière, son altérité, l'amplitude d'action et de mouvement qu'elle se donne, sa complexité, son pouvoir social, son indépendance, sa marginalité, sa sensibilité mystérieuse, son pouvoir sur la vie comme sur la mort, son travail de médiation entre les mondes perçus, sa considération intime pour l'obscur et le profond, sa complicité avec le cosmos… sans taire l'injuste persécution que des milliers de femmes "indésirables" ont subie (et subissent encore à certains endroits).
En plus de ses caractéristiques idéelles et ses forces légendaires, notons que la sorcière, au départ c'est - en pratique - la femme propriétaire dont les terres pouvaient revenir au notable qui la dénonçait, c'est la veuve qui a osé vivre seule, la femme qui a choisi de ne pas appartenir à un mari, celle qui croit en une autre religion, celle qui a désobéi à son maitre ou son concubin, qui n'a pas plu aux voisins, celle qui en savait trop, celle qui ne montrait pas sa soumission à l'église ou au roi et donc à Dieu, celle qui maitrisait les forces (ré-)génératrices de la nature et ses forces destructrices, celle qui aimait vivre en ermite, préférant les bêtes aux humains, ou celle dont le comportement n'a pas été assez conforme aux mœurs…
Bref, c'est celle dont le mode de vie et d'action peut menacer - symboliquement ou empiriquement - un certain ordre établi (bien souvent l'hégémonie patriarcale, incarnée dans le Roi et l'Eglise ).
⚶ IL ÉTAIT UNE FOIS
La figure de la "sorcière" est au départ popularisée durant l'inquisition par des hommes d'église pour instaurer une terreur et ainsi renforcer son contrôle. Elle est un bouc-émissaire dans lequel la société a projeté ses angoisses (ça vous rappelle des choses?). Cette figure de la sorcière est donc imaginée amante du Malin par des esprits névrosés et avides d'assoir leur pouvoir sur une tranche de la population jugée déviante - principalement des femmes des milieux modestes* - non pas dans la sombre période du Moyen-âge comme il est courant de l'entendre, mais en pleine Renaissance et période des Lumières! Ce terme est réapparu maintes fois pour catégoriser des personnes qui ne se soumettent pas au mode de pensée dominant (et qui, pour cela, le menacent). Nous souhaitons, comme d'autres avant nous, nous réapproprier cette accusation et en faire une autoproclamation : Nous Sommes Sorcières !
* Entre le XV' et XVIII' siècle, les recherches les plus récentes estiment que l'Eglise (appuyée par la justice) a tué environ 100 000 personnes dont 80% voire 90% étaient des femmes! Et cela ne tient pas en compte du nombre encore bien plus important de personnes accusées et soumises à la torture. Un féminicide de grande ampleur pourtant rarement évoqué dans les manuels scolaires.
⚶ POURQUOI CE THÈME?
Nous avons cette conviction que la figure de la sorcière peut nous apporter une pensée riche dans son altérité, et qu'elle a besoin d'être revendiquée dans toute sa complexité pour qu'agisse son potentiel subversif, trop souvent ignoré au profit de jolis clichés plaisants et galvaudés.
Dans ces représentations simplistes, la sorcière est réduite à son rôle de décoration d'halloween horrifique ou d'objet érotique créé jusqu'au XXe siècle par les nombreux hommes artistes qui en ont représenté une image fantasmée historiquement fausse, l'accuser de lubricité étant un prétexte pour créer des images voyeuristes et excuser les pensées lubriques des honnêtes hommes (excuse dont les inquisiteurs se sont servis avant ces artistes pour perpétrer les pires sévices physiques sur ces femmes, cf : la grande variété d'instruments de torture réservés pour mettre à mal les organes féminins durant l'inquisition). Cette iconographie manichéenne fait perdurer une culture pauvre et stérile de la sorcière; dans une faiblesse de savoirs concernant cette figure aux évocations et aux modèles d'agir si puissants et variés. Le cliché érotique permet de transformer cette figure de femme pleine de pouvoir en une décoration passive inventée pour plaire au regard masculin, jusque dans des scènes joliment arrangées de torture institutionnalisée ou d'immolation.Le tout en restant dans un idéal plaisant bien éloigné des réalités occultes de ces femmes insoumises aux pratiques souvent fort élaborées. Un idéal également bien loin des réalités atroces des séances de "question" (supplices à la cruauté redoublant d'inventivité menant parfois à une mort lente ou au bucher) réservé à ces femmes qui ne plaisaient justement pas assez aux institutions patriarcales religieuses et politiques...
La figure à la fois historique et mythique de la sorcière détient pourtant une richesse d'évocations qui peuvent inspirer chacun.e dans sa perception et ses agissements.
⚶ POUR PARTICIPER
! L'appel à création est ouvert à toute personne qui se sent sorcière !
Nous souhaitons surtout publier des créations visuelles (dessin, photo, collage, souvenir de geste rituel, ...), mais nous acceptons aussi les textes ( poésie, essai théorique, article, formule, ...).
On vous invite à vous approprier notre texte ci-dessus, Que ce soit en explorant ou repensant les représentations de la sorcière, ou en mettant en image des pratiques que vous développez et qui font - quelque part - de vous une sorcière… c'est quoi être sorcière aujourd'hui?
⚶ FORMAT IMPOSÉ
/// format A5 avec 2mm de bords perdus (= 15,2 x 21,4mm)
/// mode de l'image : Niveaux de gris (noir & blanc)
/// résolution de 300dpi (600dpi s'il n'y a que du noir 100%, sans niveaux de gris)
/// format .Jpeg ou .Tiff
/// A envoyer à l'adresse : clitkong(at)outlook.com
☽🌕☾ Deadline : à l'équinoxe de mars, où les forces s'équilibrent, la nature sort de sa torpeur et la lune rayonne de son dernier quartier. Le 20 mars 2017.
*** ClitKong zine est auto-édité avec l'argent que peut mettre de côté l'éditrice fauchée & chômeuse. Il est imprimé pour cette raison en micro-édition (- de 300 ex.) mais avec beaucoup d'amour et d'attention aux détails ! Vu qu’on n’a pas de thune, on va quand même essayer d'offrir un exemplaire à chaque participant-e, comme on l’a fait pour le premier numéro ***
TÉMOIGNAGE ‼️ 🛑Brian Cole, #ancien #sataniste rencontre Jésus en prison et devient pasteur. Abonné à la violence physique et l'intimidation, il passera 10 ans en prison avant de rencontrer Christ grâce aux prières de sa mère. Quand les femmes prient quelque chose se passe toujours 🔥🔥🔥🔥 WAHOOOO 😍😍😍 GLOIRE À DIEU !!!🔥🔥👏👏👏🙌🙌 Alleluia-event.com https://www.instagram.com/p/CGIH6-1H5hX/?igshid=1224rg2pkvahn
On ne peut aimer tout le monde. Il est ridicule de l'envisager. Si vous aimez tout le monde et toute chose, vous perdez votre capacité naturelle d'exercer un choix et finissez par être un piètre juge des personnes et des qualités.
Si l'on abuse d'une chose, elle perd son véritable sens.
LA BIBLE SATANIQUE-L’Apocalypse selon Lucifer, Anton Szandor Lavey