De petits mots.
Quand elle n'avait pas le moral, elle écrivait. Elle écrivait souvent. Ce jour-là, le professeur parlait et son ami, assis contre elle, n'écoutait ni ne bavardait. Il lui laissa tout le loisir de se perdre dans ces petits mots qu'elle griffonnait l'un à la suite de l'autre, qui prenaient place au bord d'un dessin, au pied d'une ligne saturée d'informations diverses. Peu à peu, elle lui donnait vie. Lui qui n'était pas grand-chose devenait soudain plus que quelques lettres, il devenait la voix qui comblait le silence en elle pour lui redonner le sourire qu'elle avait perdu. De lui, elle écrivait ce qu'il était, de petits mots pour décrire de petits bouts de rien : "Joshua fit semblant. Une habitude qu'il ne perdrait sans doute jamais, surtout pas dans la mort. Il était bien trop tard, bien trop vieux pour changer. C'est pourquoi il afficha un sourire qui fendilla en une légère fossette sa joue gauche. Il semblait beau et triste." Elle souriait comme lui.













