Siegfried KESSLER
"Corps et Âme"
(LP. In And Out. 1982 / rec. 1981) [DE-FR]
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Siegfried KESSLER
"Corps et Âme"
(LP. In And Out. 1982 / rec. 1981) [DE-FR]
Le Quartet du saxophoniste Archie Shepp en concert au festival Jazz Jambore à Varsovie en octobre 1978. Archie Shepp (ts), Siegfried Kessl
Archie Shepp (ts), Siegfried Kessler (p), Wilbur Little (b), Clifford Jarvis (dr)
Der Saarländer Pianist Siegfried Kessler, hierzulande unbekannt, war in Frankreich ein Star. Seine sensationellen Alben erscheinen jetzt wieder neu.
Siegfried KESSLER w/. Jean-François PAUVROS
"Phenix 14"
(LP. Le Chant Du Monde. 1979 / rec. 1978) [DE/FR]
POST-POST-SCRIPTUM 1174
PERCEPTION, Mestari
Devenir enfin soi-même : telle est, dans les années 1960-1970, la leçon qu'ont reçue du free jazz américain les musiciens européens attirés par l'improvisation. Suivant ce précepte, ceux de Perception, bien qu'ils accompagnèrent individuellement Mal Waldron, Slide Hampton, Johnny Griffin ou Hank Mobley de passage à Paris, décidèrent très tôt de s'émanciper des tendances d'outre-Atlantique, par souci d'authenticité.
Quand sort Mestari, leur troisième et dernier album, Yochk'O Seffer, Siegfried Kessler, Didier Levallet et Jean-My Troung font depuis quatre ans oeuvre de recherche et d'originalité, en quête d'un langage leur appartenant en propre. Un langage où la spontanéité des improvisations n'exclurait pas les influences héritées des traditions classiques et folkloriques européenne.
Équilibré, aéré, construit, Mestari marque le retour au noyau dur originel à quatre musiciens (rappelons-nous que le précédent album alignait de nombreux invités). Et ouvre des espaces sans fin et complètement raccord avec ce que produisent en France au même moment Cohelmec Ensemble et Dharma Quintet.
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To finally become oneself: that was the lesson, in the 1960-1970s, that European musicians attracted to improvisation had learned from American free-jazz. Following this idea, the musicians of Perception, whilst individually accompanying Mal Waldron, Slide Hampton, Johnny Griffin or Hank Mobley when they played in Paris, decided early on to break free from what was going on across the Atlantic and seek their own authenticity.
When Mestari, their third and final album, came out, Yochk'O Seffer, Siegfried Kessler, Didier Levallet and Jean-My Truong had four years of questing and originality behind them developing their own individual language. A language in which the spontaneity of the improvisations did not exclude influences taken from European folk or classical traditions.
Balanced, ethereal and structured, Mestari was a return to the original core quartet (the previous album included numerous guest musicians). It opens infinite perspectives and is totally in phase with what was being produced in France at the same time by Cohelmec Ensemble and the Dharma Quintet.
POST-SCRIPTUM 1002
AGITATION FRITE 3
Agitation Frite 1 et 2, Témoignages de l’underground français sont donc réédités par Lenka lente. Un troisième volume est sur le point de sortir, fait d’interviews pour moitié, mais aussi de textes cette fois, dont un TOP 607 commenté des meilleures productions en la matière. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, des illustrations.
POST-SCRIPTUM 534
ANNE-MARIE COFFINET
LE VAMPIRE
SOUFFLECONTINU RECORDS FFL017 / FUTURA RECORDS EFU 12
Elle le chante d’une voix sensuelle, lourde de sous-entendus : Anne-Marie Coffinet aime les hommes ! Ce dont témoigne effectivement sa filmographie dans les années 1970, après qu’elle ait d’abord sévi chez Carné, puis beaucoup pour Verneuil. Un titre de film réalisé par le culte Jean-François Davy suffit par exemple à camper le personnage et son humour coquin : Prenez la queue comme tout le monde ! Pour autant, la Coffinet ne peut (malheureusement) être comparée à ses consœurs Claudine Beccarie et Sylvia Bourdon, dont elle n’a, ni de l’une ni de l’autre, le tempérament bravache ou extrême.
Comme beaucoup d’actrices d’alors, Anne-Marie Coffinet s’est essayée à la chanson, plutôt bien en ce qui la concerne. Si l’Histoire l’a retenue, expliquant qu'on la réédite aujourd'hui, c’est parce que Gérard Terronès, grand producteur de bizarreries libertaires tous azimuts, a réalisé son unique 45 tours pour le compte des disques Futura. Qui plus est, à l’époque de ce disque, et cela ne gâte rien, il arrive que la chanson française s’arrange au contact des meilleurs musiciens de free jazz, ceci plutôt très très bien. Barbara, par exemple, s’adjoint un temps les services de Michel Portal et François Rabbath ; Brigitte Fontaine, quant à elle, préfère s’enthousiasmer pour l’Art Ensemble Of Chicago ; alors que Colette Magny s’acoquinera avec le Free Jazz Worshop peu de temps après ; et qu’Higelin se lancera au même moment dans les improvisations habitées de la « Musique rituelle de la rue des Abesses » avec Jean Querlier. Un livre remarquable témoigne d’ailleurs de ces intéressantes pollinisations croisées, le recommandé Il y a des années où l’on a envie de rien faire de Maxime Delcourt, qui aborde ce qu’il nomme avec pertinence « chanson expérimentale ».
Sans que cela soit toutefois totalement mérité, ce disque a longtemps représenté, pour certains, le Graal d’un label pourtant riche d’expérimentations autrement plus barrées, cette pièce ultra-rare s’étant même échangée pour des centaines d’euros auprès des collectionneurs avertis. Mais pourquoi pareil engouement pour quatre petits morceaux à la Bardot qui auraient tout aussi bien pu atterrir sur une compilation Wizzz French Psychorama du label Born Bad Records ? Réponse : parce que les arrangements en ont été signés par le pianiste Siegfried Kessler, que l’on connaît surtout pour avoir été longtemps partenaire d’Archie Shepp. Et que ces arrangements évoquent en certains endroits Jef Gilson, voire même, le temps d’un titre, et mélodiquement parlant : Pharoah Sanders ! Dommage toutefois, même si la mariée est déjà bien belle ainsi, que l’on ignore le line-up complet de la formation sollicitée, en dehors de Pierre Cullaz et Bernard Lubat, a priori. Surtout qu’on aimerait bien connaître l’identité du tromboniste, qu’on imagine possiblement être William Treve, du Septet Matchi Oul – qui sait ?
Voilà un disque pour amateurs de chanson française déniaisée à relents de jazz moderne sophistiqué (à un moment, les accords du thème de « The Creator Has A Masterplan » sont cités de bien belle manière, quasi tels que joués par Lonnie Liston Smith dans la version originale). Pas folle, Anne-Marie Coffinet en est restée là. Laissant, dans un registre quoique différent et bien plus soft, une trace digne d’Élodie Chérie dans « Pétassine ».
( Jean Querlier, par ici / Machi Oul, par là )