He's like if the terminator was awesome and transgender
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He's like if the terminator was awesome and transgender
An interview with the groundbreaking filmmaker, one of the first major Black female voices in Hollywood cinema.
People when they see “Siméon,” they come out with a little smile on their face. They say “Siméon” is a treatment against morosity. It’s a cure if you are sad or depressed. When I screen that movie, during the end of the movie, people dance. They grab their women, they grab their girls, they grab their man, and all they dance along. They stay in the theater and they dance. You see, they are so happy. I’ve done this at a few screenings, I will sneak in the dark for the last five minutes and I wait. Everybody dances, they do that everywhere. That was the impact that “Siméon,” has on people. And I can understand it because by making “Siméon,” I healed myself, you see, and that’s why I say that, with my camera, I don’t shoot, I heal.
La poésie nous sauvera du monde
Ne nous payons pas de mots : la poésie ne sauvera pas le monde. Ce n'est pas grave et ça ne mérite pas une plainte. Mais elle peut, je crois, nous sauver du monde. Pardon du jeu de mots, s'excuse Rimbaud avant de partir. Et il a bien fait – de partir ! Car si la poésie parvient à porter à l'expression la chose en tant qu'elle déborde du mot qui croit s'en pouvoir saisir, avidement, comme gonflé d'une fausse volonté de capture (avec ses gros doigts qui ne peuvent s'empêcher de tout vouloir com-prendre) ; si « là où la montagne dépasse du mot qui la désigne se trouve un poète » comme l'a dit justement Odysseus ; si la langue poétique nous fait sentir et respirer un peu du chaos libre et venteux qu'on appelle « vie », en étant capable de la surprendre comme par derrière ; si le feu sacré de la poésie est celui qui brûle le sens graisseux, dégoulinant, partout, des phrases toutes faites impossibles à retenir qui sortent de nos bouches ; si l'on écrit des vers pour ouvrir les fenêtres de l'existant, c'est-à-dire pour déchirer le voile artificiel des vérités conventionnelles qui nous étouffe ; si en somme la poésie n'existe que pour dissoudre le sens établi – trop bien établi – de la langue-refuge de la communication, et le mêler indistinct aux éclats de mondes en fuite ; ma foi, la raison m'en apparaît toute simple : c'est que le monde lui-même déborde. Dans ce contexte précis, la poésie nous sauve du monde comme de son concept trop usé. Elle n'est pas la fuite du monde. Mais ce qui participe activement à faire fuir le monde qui déjà fuit. Comment être accepté, comment être emporté dans le mouvement des grandes vagues de la création ininterrompue du monde ? Comment se rendre disponible aux souffles du chaos libre et venteux ? Comment le héler et lui renvoyer son Génie, comme dit Rimbaud ? Comment s'y lover, imperceptible, et s'éclater, et enfin rendre sa force à la « Force des forces », comme dit Daumal ? Voilà, je crois, quelques questions qui devraient intéresser la pratique poétique.
La poésie nous sauvera du monde (dialogue avec JP Siméon)
From The 1920 Gazette du Bon Ton, an illustration by Siméon
new-to-me #214 - Siméon
Dieu s’en mêle, encore une fois!
Prédication par Andrew Rossiter à Bergerac le 2 février 2025. «La Présentation de Jésus». Malachie 3.1-4, Luc 2.22-40
Je suis surpris de découvrir que les récits de la naissance et de l’enfance de Jésus dans l’Évangile de Luc sont pleins de mouvement. De Nazareth à Bethléem et retour (Luc n’a pas inclut l’histoire des Mages dans son Évangile) et puis 38 jours plus tard de Nazareth à Jérusalem et encore une fois retour à Nazareth.
Nous apprenons que Marie et Joseph prennent le temps aussi bien pour le gouvernement que pour la foi. Ils vont d’abord dans la ville de leur famille pour répondre aux obligations du recensement de l’occupant, et puis ils se sont rendus dans leur communauté de foi pour répondre aux exigences de la présentation d'un nouveau-né devant Dieu.
Combien de personnes étaient présentes ce jour-là dans le temple de Jérusalem? Combien sont venus pour présenter leur nouveau bébé? Tel un metteur en scène d’un film, Luc semble focaliser notre attention sur trois personnes: Marie, Jésus et Joseph. Nous apprenons que cette famille est juive et, profondément liée aux demandes de la loi: ils montent à Jérusalem, ils offrent les sacrifices exigés et observent les rîtes de purification. Tout cela est loin de notre expérience de la fidélité que Dieu demande de nous. Dans notre christianisme bien protestant, il est facile d'oublier qu’ils sont juifs et que ce Jésus est le Messie juif, né d'une famille juive sur une terre juive, pratiquant la religion juive. Voilà notre sauveur.
Luc veut que nous comprenions qui si nous voyons souvent Jésus comme un critique de la Loi c’est parce qu’il n’a jamais abandonné l’exemple qu’il reçu de ses parents. Les accusations que Jésus formule contre des traditions vides pratiquées par les chefs religieux et des rituels et obligations qu’ils exigeaient du peuple ne sont jamais ceux d'un étranger, mais de quelqu'un qui a fidèlement observé la Loi. La religiosité qui contredit le commandement d'amour de Dieu est inacceptable, et Jésus condamne à plusieurs reprises ceux qui tentent de faire étalage de leur sainteté devant Dieu et les autres sans pratiquer l’hospitalité envers leur prochain. Le temple est un espace ouvert à tous ceux qui recherchent la présence de Dieu, et qui fait la différence entre adorer et honorer Dieu et pratiquer l’oppression qui déshonore les autres.
Et puis cette famille rencontre un homme très âgé. Siméon sentait qu'il était temps de partir, de quitter ce monde pour - eh bien, pour ce que Dieu réserve à ceux et celles qui l'aiment et le servent. Il était fatigué, très fatigué. Avait-il encore le temps de voir se réaliser la promesse?
Et un jour, un jour comme les autres, cette famille entre dans le Temple: une mère, un homme, un bébé dans les bras.
D'une manière ou d'une autre, Siméon savait. Il savait qu'il s'agissait de l'Unique. Que ce bébé était le Messie qu'il avait attendu si longtemps. Il s'approche d'eux. Il demande à la femme sans un mot de prendre son bébé dans ses bras. Elle se laisse faire. Qu’est-ce qu’elle approuve à ce moment?
Siméon tourne les yeux vers le ciel et - il chante. «Mes yeux ont vu ton salut», a-t-il chanté. Jésus, un enfant de quelques semaines, est ce salut tant attendu. Pas seulement le salut personnel de Siméon, mais le don du salut de Dieu, qui vient pour le monde entier. Ce chant reprend le thème de tous les chants de Luc: le salut n'est pas quelque chose qui commencera 33 ans plus tard, lorsque Jésus aura grandi, enseigné, guéri et appelé ses disciples, et lorsqu'il sera enfin crucifié. Dans le fait même de la naissance de Jésus, le salut est arrivé.
Dans ce petit enfant, Dieu est avec nous. Le Dieu saint, l'image même du Père, a pris chair humaine, est devenu vraiment humain dans le sein de Marie. Maintenant, toute chair humaine, tous les hommes et toutes les femmes peuvent commencer le processus de restauration à l'image de Dieu, le renouvellement à la ressemblance même de Dieu.
Et ce n’est pas fini pour aucun d'entre nous. Mais il a commencé pour chacun d'entre nous. Et il ne peut pas être arrêté, ni annulé, pour aucun d'entre nous. Car les paroles de Siméon deviennent les nôtres, sa prière est la nôtre: nos yeux ont vu le salut que Dieu nous donnes pour le monde entier.
Mais la présentation ne s’arrête pas là. Siméon tourne vers Marie et lui dit qu’à cause son enfant beaucoup seront élevé et d’autres vont tomber. Il sera comme un gros rocher sur le chemin: certains vont grimper sur lui pour voir loin et se tenir debout, d’autres vont trébucher et tomber. Et Marie dans l'excitation de sa nouvelle maternité reçoit comme une épée dans son cœur qu’elle va souffrir à cause de son enfant. Elle s'est probablement demandé si elle n'avait pas eu tort de laisser ce vieil homme prendre Jésus dans ses bras. C’est ici que nous entendons les échos de notre première lecture et le commentaire de Dietrich Bonhoeffer (voir en bas de page, texte lut en introduction de la lecture de Malachi).
Et puis Luc introduit Anne. Une femme, une prophétesse car Luc aime inclure des femmes dans ses récits, en laissant une place importante pour leurs témoignages. C’est dommage que Luc ne nous relate pas les paroles de la prière d’Anne, mais elle est là pour confirmer que c’est ce garçon qui va libérer son peuple. C'est elle, et non Siméon, qui est le prophète. C’est Anne qui parle à tout le monde.
Et qu’est-ce qu’elle nous dit?
Tous deux ont attendu fidèlement l'intrusion d'un Dieu qui s’en mêle des affaires humaines. Tous deux témoignent aujourd'hui de l'arrivée de la paix sur la terre.
Tous deux, sous occupation étrangère, qui vivent des jours difficiles dans l’incertitude de ce que l’avenir promet: annoncent la présence de la joie de Dieu.
Tous deux qui voient ce qui se passe dans le monde: la maladie et l’infirmité qui détruit des vies, les dévastations climatiques, les gens qui s’opposent les uns aux autres pour des raisons de couleur, de race, de religion ou d’orientation sexuelle: proclament la présence joyeuse d’un Dieu qui guérit et sauve.
Tous deux qui vivent la difficulté de savoir leur place dans l’ensemble des choses, qui se sentent inutiles et insignifiants face aux menaces terroristes, trop âgés et marginalisées des affaires du monde pour faire une différence: chantent que rien ne peut atténuer la venue des signes envahissants de la paix de Dieu.
Pendant tout ce temps, au centre se trouve «l’enfant». L’occasion de la purification de Marie devient la présentation de Jésus. L'enfant ne gémit même pas, et pourtant, tout ce qui est décrit est centré sur lui. Il est mentionné par son nom qu'une seule fois, dans notre lecture. Ailleurs, il est toujours appelé «l’enfant». Des mots importants pour quelqu'un de si petit! Mais Luc a joué sur ce contraste tout au long de l'histoire de la naissance. Le sauveur du monde naît dans une étable, tandis qu'un autre «sauveur» du monde, César, est assis sur un trône dans la splendeur romaine. Ses parents viennent avec l’offrande des pauvres: deux tourterelles.
C'est cet enfant, né dans la pauvreté, est le véritable sauveur. Il est le signe de la consolation et de la rédemption de Dieu. Nous attendons avec impatience de voir l'enfant devenir fort, se remplir de sagesse et être béni par la faveur de Dieu. Car malgré tous les détails que Luc tisse dans ce récit, il veut orienter notre regard vers cet enfant en qui est l’accomplissement de la promesse de Dieu pour chacun de nous.
Extrait d'une prédication de 1928: "Il est étonnant que nous restions si calmes à l'idée de la venue de Dieu, alors qu'auparavant les peuples tremblaient devant le jour du Seigneur. Nous nous sommes tellement habitués à l'idée de l'amour divin et de la venue de Dieu à Noël que nous ne ressentons plus le frisson de peur que la venue de Dieu devrait susciter en nous. Nous sommes indifférents au message, nous n'en retenons que l'agréable et le confortable et nous en oublions l'aspect sérieux, à savoir que le Dieu du monde s'approche des habitants de notre petite terre et nous réclame. La venue de Dieu n'est pas seulement une bonne nouvelle, mais avant tout une nouvelle effrayante pour celles et ceux qui ont une conscience.Ce n'est que lorsque nous avons ressenti la terreur de la chose que nous pouvons reconnaître l'incomparable bonté. Dieu vient au milieu du mal et de la mort, et il juge le mal en nous et dans le monde. Et en nous jugeant, Dieu nous purifie et nous sanctifie, il vient à nous avec grâce et amour". (Dietrich Bonhoeffer «A Testament to Freedom», 1995 New York/Harper p.185)