L'Étoile de Nerval et de Scriabine
A. Scriabine — Programme de la Sonate pour piano n°4 op. 30 (1903). Poème de Scriabine.
Sous le voile léger d’un transparent nuage,
Scintille faiblement une étoile, distante et esseulée.
Quelle beauté ! Le secret azuré
De son rayonnement me lance son apaisant appel…
Véhémence d’un désir sensuel, insensé, si doux…
Maintenant ! Rempli de joie, je prends mon envol vers toi,
Enfin libre, je déploie mes ailes.
Danse folle, jeu divin…
Je m’approche, il me tarde tant…
Je m’abreuve de ton océan de lumière, lumière de moi-même.
G. de Nerval — Aurélia (1855). Extrait.
Je me mis à chercher dans le ciel une étoile, que je croyais connaître, comme si elle avait quelque influence sur ma destinée. L’ayant trouvée, je continuai ma marche en suivant les rues dans la direction desquelles elle était visible, marchant pour ainsi dire au-devant de mon destin, et voulant apercevoir l’étoile jusqu’au moment où la mort devait me frapper [...]. [S]ur une colline, entourée de vastes solitudes, cette scène devenait le combat de deux Esprits et comme une tentation biblique. — Non ! disais-je, je n’appartiens pas à ton ciel. Dans cette étoile sont ceux qui m’attendent. Ils sont antérieurs à la révélation que tu as annoncée. Laisse-moi les rejoindre, car celle que j’aime leur appartient, et c’est là que nous devons nous retrouver !













