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La musique a touché la pureté absolue.
Et puis elle est passée.
Dans le paysage et le silence,
ne reste que la pauvreté des mots.
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(Dans la portée des ombres, extrait)
© Pierre Cressant
(samedi 8 octobre 2005)
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La musique a touché la pureté absolue.
Et puis elle est passée.
Dans le paysage et le silence,
ne reste que la pauvreté des mots.
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(Dans la portée des ombres, extrait)
© Pierre Cressant
(samedi 8 octobre 2005)
Épiphanie. Mon amie Lisa m'apprend aujourd'hui que пьяно (piano) en russe signifie « ivre ».
Je pense immédiatement au compositeur-pianiste russe Alexandre Scriabine, dont l'œuvre est imprégnée (imbibée ?) du thème de l'ivresse.
Pour Scriabine (pour qui tout est correspondance), à une extase terrestre, personnelle et sensuelle correspond une extase divine et universelle. Il s'agit pour le sujet d'emplir l'univers d'une extase cosmique répondant à l'extase dont déborde déjà le sujet surhumain (Scriabine est très influencé par Nietzsche).
Cette extase universelle est la quête du musicien, qui affirme que « le but ultime de l'esprit – l'être absolu – est la restauration de l'harmonie du monde, l'extase », ce qu'il tenta de faire à travers l'art total, et plus précisément avec son œuvre inachevée, le Mystère.
L'extase de Scriabine se traduit dans son œuvre par une omniprésence – dans les paratextes de ses partitions – de la sensualité, et d'une ivresse davantage érotique que liée à l'alcool.
Ces sensualité et ivresse apparaissent aussi bien dans les titres souvent originellement en français de ses morceaux (« Désir », « Caresse dansée », « Danse languide », « Poème languide ») que dans ses indications d'interprétation : « avec une volupté dormante », « avec une volupté radieuse, extatique » (Sonate n°7, op. 64) ; « volupté douloureuse », « avec une douce ivresse » (Sonate n°10, op. 70) ; « avec une douceur de plus en plus caressante et empoisonnée » (Sonate n°9, op. 68) ; ou encore « con una ebbrezza fantastica » (avec une fantastique ivresse. Sonate n°5, op. 53). Dans le programme du Poème divin, op. 43, on peut lire : « L'homme se laisse prendre par les délices du monde sensuel. Les voluptés le grisent ». Enfin, le texte du Poème de l'extase, qui s'appelait initialement « Poème orgiaque », contient aux vers 169-170 : « encore l'ivresse. / De la griserie »...
3.23 Day who knows what of quarantine
The last two days have been very hard trying to deal with the fact that I can’t go to school or give my junior recital. I am feeling defeated because I feel like things were starting to really fall into place and now we are all trying to rebuild our lives and schedules with this pandemic. Today though, I woke up and decided that I have to force myself to get it together. I have started working on new rep for next year (hello Mozart and Debussy) but I wanted to be able to say goodbye to this music that has been my life for the last semester.
Pictured are a few of the most impactful pieces that I was working on before we found out that classes would be exclusively online and that no recitals or concerts could happen. I also wanted to focus on the notes furiously scribbled over the pages that I threw in while practicing. So much of these pieces and composers have left me a very changed person and I am grateful for the time that I got to spend getting to know them.
1. “Composer Scriabin in a fit of creativity”, cartoon P. Kalabanovsky, 1910s.
2. "Scriabin in Ecstasy" , cartoon for the performance of Poems of Ecstasy, 1910s.
3. “Carte postale avec le texte de N. Shebuev « Chevalier de l'extase », illustrée de photographies et de notes par A.N. Scriabine et dessins de I. Brodsky, I.M. Grabovskago (orthographe enregistrée sur une carte postale), A.M. Lyubimova, D.I. Melnikov (chiffre d'affaires), 1915-1917. D'une collection privée fournie par le propriétaire.”
Merry Scriabinmas!
For Alexander Scriabin's birthday, a selection of pieces composed by other composers in homage to Scriabin (December 25, 1871, Julian calendar/January 6, 1872, Gregorian calendar), or written in his style:
*Sergei Rachmaninov - Étude-Tableau Op. 39 n°5 in E-flat minor (inspired by Scriabin's style)
*Rachmaninov - Étude-Tableau Op. 39 n°7 in C minor (inspired by Scriabin's funeral to which Rachmaninov attended. They were friends and rivals)
*Sergei Prokofiev - Rêves (Dreams) (an early piece dedicated to Scriabin by Prokofiev)
*Leonid Sabaneyev - Piano Sonata, Op. 15 "In memory of Scriabin" (he was also a friend of Scriabin)
L'Étoile de Nerval et de Scriabine
A. Scriabine — Programme de la Sonate pour piano n°4 op. 30 (1903). Poème de Scriabine.
Sous le voile léger d’un transparent nuage,
Scintille faiblement une étoile, distante et esseulée.
Quelle beauté ! Le secret azuré
De son rayonnement me lance son apaisant appel…
Véhémence d’un désir sensuel, insensé, si doux…
Maintenant ! Rempli de joie, je prends mon envol vers toi,
Enfin libre, je déploie mes ailes.
Danse folle, jeu divin…
Je m’approche, il me tarde tant…
Je m’abreuve de ton océan de lumière, lumière de moi-même.
G. de Nerval — Aurélia (1855). Extrait.
Je me mis à chercher dans le ciel une étoile, que je croyais connaître, comme si elle avait quelque influence sur ma destinée. L’ayant trouvée, je continuai ma marche en suivant les rues dans la direction desquelles elle était visible, marchant pour ainsi dire au-devant de mon destin, et voulant apercevoir l’étoile jusqu’au moment où la mort devait me frapper [...]. [S]ur une colline, entourée de vastes solitudes, cette scène devenait le combat de deux Esprits et comme une tentation biblique. — Non ! disais-je, je n’appartiens pas à ton ciel. Dans cette étoile sont ceux qui m’attendent. Ils sont antérieurs à la révélation que tu as annoncée. Laisse-moi les rejoindre, car celle que j’aime leur appartient, et c’est là que nous devons nous retrouver !
My first mood board, inspired by Russian composer Alexander Scriabin!
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Rare photograph of Scriabin from the book "Scriabine et la France" ; pianist's hand ; fire ; "The Kiss" by Canova ; Scriabin's Prométhée sheet music cover by Jean Deville ; excerpt from Piano Sonata No. 7 ; Himalayas ; excerpt from Énigme (autograph) ; dragonfly ; clavier à lumières/tastiera per luce ("keyboard with lights").
Alexander Scriabin's chess board.