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Messieurs les sourds-muets ont présenté à l’Assemblée nationale une adresse par laquelle ils l’ont priée de prendre en considération l’établissement d’une école destinée à leur éducation. Dans tous les temps, il y a eu des sourds-muets, et dans tous les temps ils ont inspiré aux amis de l’humanité le désir d’adoucir leur position, en établissant entre eux et les autres hommes quelques relations propres à la communication mutuelle de leurs idées. L’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre ont eu, en différents temps, des philosophes qui ont fait ces tentatives ; mais aucune d’elles n’a eu assez de succès pour survivre à son auteur ; il ne reste aucune trace des méthodes qui furent employées à ces différentes époques. L’heureuse découverte dont vous vous occupez aujourd’hui était réservée à un de ces hommes que la nature accorde quelquefois en réparation de ses torts, et qui, joignant la vertu au génie, la patience au courage, conçut et exécuta le projet de rendre aux sourds-muets une existence morale, dont ils semblaient privés pour toujours. Il n’est personne qui, à ces traits, ne reconnaisse le célèbre abbé de L’Epée. Un ecclésiastique du département de la Haute-Garonne, ci-devant chanoine de Bordeaux, M. Sicard, a achevé la course commencée par l’abbé de L’Epée, dont il était l’élève, et, d’après un concours fait devant l’ancien garde des sceaux, en présence de plusieurs membres de différentes académies de Paris et de la municipalité, il a été jugé digne de succéder à l’inventeur. Tout ce qu’on peut espérer de cet art précieux, il l’a déjà obtenu. Un de ses élèves, après 4 ans de leçons, a été mis en état de comprendre toutes nos idées, et d’exprimer toutes celles qu’il conçoit lui-même. Toutes les difficultés de la grammaire, et même de la métaphysique, lui sont parfaitement connues. Les règles du calcul, de la sphère et de la géographie, lui sont familières. [...] Beaucoup d’autres élèves marchent sur ces traces et donnent les plus grandes espérances. Indépendamment de l’avantage de connaître par écrit les idées des autres hommes, et de leur transmettre les leurs, les sourds-muets ont encore celui d’une langue par signes, qui peut être considérée comme une des plus heureuses découvertes de l’esprit humain. Elle remplace parfaitement, et avec la plus grande rapidité pour les personnes auxquelles elle est connue, l’organe de la parole. Elle ne consiste pas uniquement dans des signes froids et de pure convention ; elle peint les affections les plus secrètes de l’âme, qui, par le jeu des organes, et particulièrement des yeux, entrent pour beaucoup dans ses éléments. Si le projet tant de fois désiré d’une langue universelle pouvait se réaliser, celle-ci serait peut-être celle qui mériterait la préférence ; au moins est-elle la plus ancienne de toutes. Enfin, l’éducation des sourds-muets ne se borne pas à ces avantages ; elle procure encore à ceux qui doivent vivre de leur travail les moyens de subsister. [...] [...] Que ne peut-on pas espérer d’une institution qui excite un intérêt si général, que des hommes célèbres veulent bien en régler les premiers pas, et demandent comme une faveur ce qu’on aurait été empressé de les prier d’accorder comme une grâce. M. l’abbé Rochon se charge de la conduite des arts mécaniques ; M. l’abbé Hauy présidera aux travaux relatifs aux marbres et autres pierres. MM. Thouin, de Jussieu et l’abbé Tessier inspecteront la culture des jardins ; M. Pajou, la sculpture ; M. Vincent, les dessins et la peinture, talents si nécessaires aux arts et métiers ; M. Berwick offre ses soins pour la gravure, et Mme Guyard a été la première à faire connaître son vœu pour diriger la classe des filles, auxquelles ce talent est très précieux, pour tous les ouvrages de broderie, tapisserie, et qui n’exigent que du goût et de l’adresse. (Applaudissements.) Ainsi, on peut assurer qu’après ce premier temps d’épreuve, les élèves eux-mêmes pourront, par leur travail, fournir aux places gratuites, et que, par conséquent, l’établissement pourra se soutenir seul. D’après cela, nous ne sommes pas réduits à de simples espérances ; les membres de votre comité qui ont assisté différentes fois aux exercices des sourds-muets peuvent vous assurer qu’elles sont déjà réalisées. [...] Plusieurs membres présentent diverses observations. Le projet de décret est ensuite mis aux voix dans les termes suivants : L’Assemblée nationale, après avoir entendu le rapport fait au nom de ses comités de l’extinction de la mendicité, d’aliénation des biens nationaux, des finances et de Constitution, croyant devoir accorder une protection spéciale à l’établissement fait en faveur des sourds-muets, décrète : Art. 1er. Le nom de l’abbé de l’Epée premier fondateur de cet établissement, sera placé au rang de ceux des citoyens qui ont le mieux mérité de l’humanité et de la patrie. Art. 2. Le local et les bâtiments du couvent des ci-devant Célestins, situés à Paris, près l’Arsenal, seront, sans distraction, employés à l’établissement des écoles destinées à l’instruction des sourds-muets et des aveuglés-nés. [...] Art. 4. Il sera pris sur les fonds de la trésorerie nationale : 1° Annuellement et à compter du 1er janvier dernier, la somme de 12,700 livres pour les honoraires du premier instituteur, du second, des deux adjoints, d’un économe, d’un maître d'écriture, de 2 répétiteurs et de 2 maîtresses ; 2° Pour cette année seulement, pour 24 pensions gratuites, à raison de 350 livres chacune, qui seront accordées à 24 élèves sans fortune suivant actuellement les écoles, celle de 8,400 livres. [...] Art. 6. Le choix des 2 instituteurs actuellement occupés à l’instruction des sourds-muets est confirmé. Art. 7. Il leur sera adjoint 2 élèves-instituteurs, qui seront nommés par le département de Paris, sur la présentation du premier instituteur. Art. 8. Le surveillance de l’établissement est spécialement confiée au département de Paris. »
Prieur de la Marne, rapport à l’Assemblée constituante au nom de ses comités de l’extinction de la mendicité, d’aliénation, des finances et de Constitution, réunis, 21 juillet 1791 (AP, t. XXVIII, p. 489-491). (C’est à la Comité dit de mendicité que Prieur appartenait.)
NB : Le premier article est le résultat d’un amendement de Malouet adopté par Prieur.
En quoi cela consiste-t-il alors ? Pourquoi la plupart des couples ne parviennent-ils pas à sortir de ces “dialogues de sourds” ?
En quoi cela consiste-t-il alors ? Pourquoi la plupart des couples ne parviennent-ils pas à sortir de ces “dialogues de sourds” ?
Parler de son couple avec son partenaire reste un exercice difficile. Cela revient en effet à vouloir, si j’ose l’image, se soulever soi-même par les bretelles. C’est parler de soi, mais pas uniquement. C’est parler de soi et de celui que l’on est à l’intérieur de cette entité de deux personnes qui constitue le couple. Dans ce contexte précis, la communication peut être la meilleure ou la pire des choses, car elle peut rapidement virer à la partie de ping-pong. Les partenaires pensent dialoguer quand chacun monologue. Dans un couple, si on n’y fait pas attention, on est vite figé dans des rôles ; il y a le plaintif, l’agressive, le colérique, la malheureuse, etc. Si l’on reste coincé là-dedans, il n’y a aucune chance pour qu’une vraie communication s’établisse. Celle-ci devrait se dérouler dans le calme afin de permettre aux partenaires de pointer les difficultés qu’ils rencontrent et de tester leurs capacités d’adaptation et de créativité face à ces problèmes.
Quelles questions restent les plus difficiles à aborder pour un couple ?
Le plus délicat me semble toujours tourner autour de l’intimité. Comment dialoguer sur sa vie sexuelle et amoureuse, comment se dire ce que l’on attend, ce que l’on ressent, comment trouver les mots alors que nous sommes issus de générations où l’on ne parlait pas de ces choses-là. La sexualité doit instaurer une relation, un échange de paroles, et non pas être un acte initié uniquement par l’un des partenaires. Je pense donc qu’il est bénéfique de se poser certaines questions comme : « Comment sont décidées les pratiques sexuelles dans mon couple ? », « Arrivons-nous, sur un mode verbal ou par gestes, à faire saisir nos attentes à notre partenaire ? », etc.
On sait combien les femmes et les hommes ont du mal à se comprendre, les premières reprochant souvent aux seconds de préférer le silence quand elles-mêmes sont avides d’échanges verbaux. Comment faire ?
Si les conversations hommes-femmes sont pavées de malentendus, je crois que c’est avant tout parce que les hommes utilisent les mots pour dire, quand les femmes accordent au moins autant d’attention au ton de la voix et aux attitudes corporelles qui accompagnent les mots. Pour elles, un silence ou un regard qui fuit en disent aussi long qu’une phrase ; c’est aussi pourquoi elles sont très sensibles aux attentions que leur partenaire a, ou n’a pas, pour elles. Quant aux hommes, s’ils parlent moins, c’est qu’ils accordent plus de poids aux mots. Il est important que chacun ait conscience de la façon dont l’autre conçoit et perçoit la communication. Observer son partenaire est un bon début pour le comprendre.
Le couple à son mythe fondateur
Le couple a ses rituels
Le couple a ses crises
Le couple a ses mémoires
Le couple est une vie, à lui seul.
Regardez le vôtre et accordez lui du temps.
Pour les aveugles, on dit non-voyant, pour les sourds, non-entendant, et pour les cons, non-comprenant.
Guy Bedos (Inconsolable et gai)
Plusieurs millions de personnes sourdes exclues du débat politique
La France compte quatre à six millions de personnes sourdes et malentendantes. Le manque d’accessibilité des débats politiques (interprètes LSF, sous-titrages de qualité) prive ces personnes de leur citoyenneté.
Jeudi 24 mars 2022, plusieurs candidats à la présidentielle étaient invités sur le plateau de France 2 pour débattre sur leurs programmes. Aucune interprétation en langue des signes n’était assurée, le sous-titrage de leurs propos était incomplet et en décalage. À la télévision, les sous-titres étaient illisibles car ils n’avaient pas de fond opaque, au contraire de ceux figurant dans le replay.
Une personne sourde peut-elle saisir les propos de Valérie Pécresse ? Extrait vidéo du replay de l’émission « Élysée 2022 » du jeudi 24 mars 2022, France Télévisions
Comment les personnes sourdes et malentendantes peuvent-elles suivre la campagne électorale et faire leur choix si elles ne bénéficient pas d’une accessibilité totale à l’information ?
Des efforts marginaux
La campagne électorale débute officiellement le 28 mars 2022 mais les douze candidat.e.s à la présidentielle ont déjà entamé leur prospection depuis plusieurs mois. Le CNCPH (Comité national consultatif des personnes handicapées) a lancé le 27 janvier 2022, l’Observatoire de l’accessibilité des campagnes électorales et des scrutins de 2022. Ce dernier publie chaque semaine un état des lieux de la mise en œuvre des dispositions d’accessibilité par les candidates et les candidats à l’élection présidentielle.
Globalement, les efforts sont marginaux : seuls deux candidat.es rendent en partie accessible leur campagne électorale, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France insoumise rend accessible les retransmissions simultanées de ses meetings et a diffusé sa profession de foi, ainsi que son programme en langue des signes française. La candidate socialiste signale les informations relatives à l’accessibilité de sa campagne sur son site internet et a également signé le manifeste de la Fédération nationale des Sourds de France.
Non-respect de la législation
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, retient l’interprétation en langue des signes française comme mode d’accessibilité.
Cette loi fait également obligation aux chaînes de télévision publiques et aux chaînes privées dont l'audience nationale dépasse 2,5 % de l'audience totale des services de télévision de rendre accessible aux personnes sourdes ou malentendantes la totalité de leurs émissions, en dehors des messages publicitaires et de quelques programmes dérogatoires.
En ce sens, l’Arcom a émis des recommandations pour l’accessibilité des chaînes télévisées et des clips de campagne. Encore faudrait-il qu’elles soient suivies par les candidats…
Commune de Toussiana : Dialogue de sourds autour d’un lotissement
Commune de Toussiana : Dialogue de sourds autour d’un lotissement
Un projet de lotissement de la commune de Toussiana, commencé en 2010 et qui est presqu’à terme, oppose les autorités communales à une partie de la population. Si certains habitants demandent l’annulation du lotissement, la commune, elle, n’y voit pas de raison et compte poursuivre le processus jusqu’à l’attribution. Sidwaya a rencontré, en début janvier 2022, les protagonistes de cette crise…
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13/10/2021