A l'occasion de la publication de notre premier article, le catalogue, nous suggerions, contre les affres de l'icônisme, un retour aux neufs muses des arts (1). Dès lors, dans une abnégation des référents architecturaux de catalogues dans la pratique (2), quels sont nos moyens pour générer des lieux stimulants pour les protagonistes qui les appréhendent ?
romano-Danse d°Apollon avec les muses;Â
Nous pouvons, dans un recyclage culturel, envisager de pratiquer L'OULIPO. Une architecture OULIPO. En s'inventant des contraintes de projet, nous devenons "des rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont nous nous proposerions de sortir" (3) . Il s'agit alors de considérer le parti architectural, comme la conciliation des contraintes que nous imposent le client, le site, la culture local ainsi que la politique dans lequel prend place le projet qui naît alors d'une évidence de la construction. Dans Architectura Ludens, le laboratoire Magma et principes avance déjà cette hypothèse; il s'agit de considérer le projet et la création comme un jeu intellectuel dont il faut poser à l'avance les règles. En effet, celles-ci sont essentielles pour les entreprises collectives car elles créent l'identité, qui, dans une perspective constructiviste, se définit comme « le sentiment et la volonté partagés par plusieurs individus d’appartenir à un même groupe ». Ainsi, le groupe ne pourrait exister que si les individus le reconnaissent comme tel (4). L’identification collective se définit par l’élévation au rang de symboles identitaires d’attributs comme la langue par exemple, qui deviennent des composantes essentielles de l’identité d’un groupe. On comprend, dès lors, pourquoi les grands mouvements d'art du XXeme siècle énonçaient des Manifestes, qui sont un ensemble de règles visant à stimuler la création de l'individu pour l'ancrer dans une entreprise collective.Â
Le manifest sous!realiste, https://www.facebook.com/sousrealisme/
L'OULIPO propose, par les mathématiques et la littérature la création de ces labyrinthes. Ici, ce ne sont plus ni les paradigmes ni celui qui les énoncent, mais bien ce que l'on réussi à en faire et les distractions (5) que l'on en retire qui importent.
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ERBAN Ludvick,le catalogue; pornographie en architecture, l)atelier No.10; 10.12.2015
On prête cette définition à Raymond Queneau; cf. Oulipo, Abrégé de littérature potentielle, p. 6.
​POCHE Bernard, L’auto-définition culturelle des mondes locaux. Le cas des mondes alpins, In BERTRAND, Georges, Identités et cultures dans les mondes alpins et italien (xviiie-xxe siècle), Paris, L'Harmattan, 2000, p. 209-226, cité in PETITE, Mathieu, Identités en chantiers dans les Alpes, p.  15.​
Le paradigme au sens collectif est un système de représentations largement accepté dans un domaine particulier. Cela dit, les paradigmes tendent à différer selon les groupes sociaux et à changer dans le temps en fonction de l'évolution des connaissances (cas notamment des paradigmes scientifiques).​
Il serait judicieux de lire les textes que Blaise Pascale consacre aux Divertissements.