Quand les formations de management enseignent les erreurs des ainés
Dans son livre, "Un regard critique sur le management et son enseignement", #Henry_Mintzberg, titulaire de la chaire Cleghorn à la Faculté d'administration de l'Université McGill de Montréal dénonce la dégradation du processus éducatif dans les MBA (Management of Business Académie).
D'un coté, les universités poussées à la concurrence des notations. De l'autre, des étudiants gavés aux chimères du succès de carrière dans les grandes entreprises.
Serte, tout ceci se passe aux Etats Unis. Alors sommes nous concernés?
A l'heure de la mondialisation, tout le monde se regarde jouer dans la même court. Et les universités françaises débattent pour savoir s'il faut passer aux courts en anglais. Toutes les grandes écoles essayent de se comparer à un modèle célèbre, la Harvard Business School (HBS).
Dans l'extrait, chapitre 3, que vous trouvez sur ce lien, vous découvrez de nombreux témoignages d'illustres références qui sont passés par ces universités. Ils ont vécu les premières années difficiles avant de rentrer dans "l'olympe". Ces années qui vous donnent l'impression d'avoir mérité une haute récompense, avoir la place du chef.
Pour avoir eu l'occasion d'allé en Amérique, je peux dire que les films américains ne montrent pas seulement un spectacle. Ils ont une curieuse façon de ne pas tricher avec les clichés qui fondent cette jeune nation.
Les loups de Wall street, les voitures de police qui giclent sur les trottoirs au milieu des passants, les criminels tirant avec des fusils d’assauts dans les rues habitées, les forces spéciales qui assassinent pour leur gouvernement respect du droit international. C'est l'héritage du Far-west, quand les simples civils et soutenus par la cavalerie conquièrent des terres aux des indigènes.
On oublie souvent que nous sommes conditionnés par notre histoire et les modèles qu'elle transmet.
Selon Henry Mintzberg, leurs enseignements conduisent à constituer un réseau de relation d’intérêts et rechercher frénétiquement à accroître ses bénéfices aux détriments de toutes les autres voix enseignées.
Par exemple, cette enquête réalisée sur 2000 étudiants dans 13 des meilleurs MBA, sur leur attitudes face aux affaires et à la société.
La conclusion est que pendant les 2 ans d'étude, les priorités passent des besoins du consommateur et de la qualité du produit à la nécessité de créer de la valeur pour les actionnaires. Plus de 70% des étudiants interrogés finissaient par choisir "maximiser la valeur pour les actionnaires". Alors qu'un peu plus 30% choisissaient de créer de la valeur pour communauté locale.
Pratiquement aucun n'avait choisi l'amélioration de l'environnement.
Ces étudiants apprennent la théorie économique mais il semble qu'en se focalisant sur la finance, on passe à coté de l'éthique. Encore mieux, les étudiants sont moins soucieux que les dirigeants de leurs responsabilités sociales (4% VS 24%). Ce rapport de Thomas Dyckman, de l'université de Cornell, concluait que, "apparemment, l'expérience enseigne la compassion. Les business schools devraient peu-être en faire autant. Mais le peuvent-elles?"
Il est a noté que la culture entrepreneuriale de ce coté de l'Atlantique admet comme normal d'échouer au moins 3 entreprises avant d'être compétent. Alors si ces universités valent tout le bruit qu'elles dégagent comment expliquer autan d'échecs?
Est-il valable de les imiter?
En France, des connaissances similaires sont utilisées avec les mêmes politiques de gestion. Le résultat est aujourd'hui sous nos yeux. Quand on applique une pauvre stratégie basée uniquement sur le financier, on réussit ou on coule. Ou on demande aux chinois de corriger nos erreurs (Peugeot).
En stratégie, on parle de l'importance d'avoir de la liberté d'action. Se limiter à une seule façon de mener son entreprise à la prospérité conduit inévitablement à payer le prix maximum pour chaque erreur.
Dans un prochain article, je vous présenterai une étude qui montre que le management qui se désintéresse de son personnel réduit considérablement ses résultats. Le désengagement du personnel, aux Etats unis, correspondrait à une perte de 370 milliards de dollars chaque année. C'est plus du double que les échecs de fusion des sociétés dans le monde (150 milliards de dollars soit 50% des fusions).












